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Défense: les fournisseurs seront à la diète

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Le budget de la Défense sera réduit de 3,5 milliards d'euros, répartis sur les trois prochaines années. Une pression supplémentaire sur les industriels fournisseurs de l'armée, qui subissent toujours les retards du système Chorus.

Défense: les fournisseurs seront à la diète © B.Ranvier / Sagem Défense Sécurité

La Défense doit faire des économies, et elle compte sur ses fournisseurs pour l'y aider. Cette réduction du budget ne devra pas impacter les effectifs, ni le calendrier de production et de livraison des grands contrats. Mais si le ministère de la Défense veut être livré dans les temps, il compte rééchelonner le paiements des acomptes prévus. Une distorsion irréaliste pour Jean-François Lafore, délégué général du Gicat (syndicat des industriels fournisseurs de l'armée de Terre).

Si cette exigence du ministère provoque un tel refus du Gicat, c'est que les factures de l'armée ne sont déjà pas honorées. Les retards dûs au système Chorus ne sont toujours pas réglés. Depuis début 2010, la mise en place d'un nouveau logiciel au ministère de la Défense a provoqué le chaos dans les systèmes comptables de l'armée. Le ministre s'est engagé à régler le problème rapidement, mais le processus est bloqué à Bercy. "Certaines entreprises s'attendent à la fin de l'année à des retards de paiements équivalents à leur chiffre d'affaire", s'indigne Jean-François Lafore.

Autres sources d'economies

Les coupes dans le budget de l'armée seront moins sévères que prévu. Si le gel des dépenses de l'Etat avait été appliqué à la lettre, l'armée aurait dû économiser 5 milliards. On ne lui demande qu'un effort de 3,5 milliards, et le ministère compte récupérer 2 milliards en vendant des actifs immobiliers (casernes) et de fréquences de télécommunication. Le solde négatif devrait donc être d'1,5 milliard d'euros.

Certains programmes, qui n'ont pas encore fait l'objet de contrats, vont être placés en stand-by. Cela pourrait être le cas d'une partie de la modernisation de l'armée de Terre, le programme Scorpion, et de la rénovation des Mirage 2000D. Les dépenses de fonctionnement du ministère seront réduites de 10% au moins sur trois ans grâce à un groupement des achats et des renégociations dans les domaines de l'informatique et des transports.

"On pourrait prendre l'argent ailleurs". Jean-François Lafore fait référence au "Pentagone à la française", qui devrait accueillir les différents services de l'armée à partir de 2014. Ce projet gigantesque n'est pas touché par les mesures d'économies.
 

 

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