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L'Usine de l'Energie

[DECRYPTAGE] Pourquoi le rachat par Total est une opportunité pour Saft

Manuel Moragues , ,

Publié le , mis à jour le 19/07/2016 À 09H02

Comme annoncé en mai dernier, Total a pris le contrôle de Saft après le succès de l'offre publique d'achat. Le pétrolier s'est offert le spécialiste des batteries pour 950 millions d’euros. Saft, qui a marqué le pas en 2015, pourrait y trouver un nouvel élan pour prendre pleinement part à la révolution batteries.  

[DECRYPTAGE] Pourquoi le rachat par Total est une opportunité pour Saft © crédit photo

La batterie est toujours plus incontournable dans l’énergie. Le projet d’acquisition de Saft par Total, annoncé ce lundi 9 mai, a été conclu ce lundi 18 juillet. Le pétrolier et le fabricant de batteries se sont entendus sur un rachat pour 950 millions d’euros de l’ensemble des actions de Saft. "L’adossement de Saft Groupe à Total permettra à Saft de devenir le fer de lance du groupe dans le secteur du stockage de l’électricité", a déclaré Patrick Pouyanné, le PDG de Total, dans un communiqué.

Cette acquisition "s’inscrit pleinement dans l’ambition de Total de se développer dans les métiers des énergies renouvelables et de l’électricité initiée avec l’acquisition de SunPower en 2011", poursuit le dirigeant, avant de conclure : "Enfin, elle donnera à Saft les moyens nécessaires pour accélérer avec succès son développement."

"Accélérer", c’est le mot-clé. La baisse des prix et l’augmentation des performances de la technologie Lithium-ion précipitent la révolution des batteries : de la propulsion des Tesla à la régulation de fréquence des réseaux électriques en passant par l’auto-consommation de l’électricité solaire, les nouveaux usages de cet objet centenaire s’imposent au carrefour des grands enjeux énergétiques et environnementaux. Les marchés décollent, notamment pour le stockage dans le réseau avec 1 600 mégawatts de projets dans les tuyaux, selon le consultant IHS.

Des marchés qui décollent, Saft qui marque le pas

Les batteries bousculent le monde de l’énergie. Car à part la technologie, tout reste à inventer ! Les réglementations sont au mieux en cours d’élaboration et les business models sont loin d’être clairs. Mais la demande est là. Les industriels de la batterie, qui n’ont pas encore résorbé les surcapacités de production, nées de l’emballement autour de la voiture électrique à la fin des années 2000, se bousculent pour la satisfaire.

Saft, industriel reconnu des batteries de haute-technologie, s’était positionné très tôt dans les deux grands nouveaux segments d'application : la mobilité électrique et le stockage, dit stationnaire, pour le réseau électrique. Mais la première aventure, en co-entreprise avec Johnson Controls, a tourné court en 2011 avec une rupture initiée par l’américain. Seul face aux grands constructeurs, Saft a abandonné la voiture électrique et ses batteries menacées de "commoditisation".

Le second pari, sur le stockage stationnaire, semblait plus dans la ligne du français, spécialiste des niches à haute performance. Mais après des premiers succès dans les démonstrateurs qui ont fleuri un peu partout dans le monde, Saft marque le pas au moment où le marché passe aux déploiements commerciaux. "Le stockage d’énergie a été la déception de 2015. Nos prévisions de croissance étaient trop optimistes et nous avons fait face à une concurrence qui écrasait les prix alors que nombre de projets étaient à la fois très contraints financièrement et peu exigeants techniquement", reconnaissait il y a quelques semaines Ghislain Lescuyer, le président du directoire de Saft, auprès de L’Usine Nouvelle. La dépréciation de ses usines de batteries lithium-ion a fait plonger le résultat net 2015 du groupe, dont le chiffre d’affaires n’a progressé "que" de 1,9%, à 759,4 millions.

"Bankabilité" essentielle pour les coûteuses batteries

Face aux géants asiatiques Sony, Panasonic, Samsung et LG, Saft allait-il devoir se cantonner à quelques niches de ce marché prometteur, comme il le fait dans la mobilité en se limitant aux chariots élévateurs, bus et camions ? Pouvait-il même l’abandonner, comme il l’avait fait avec l’électronique portable ? Le prix – rester à l’écart de la révolution batteries – semble avoir été jugé trop élevé par la direction du français.

Avec un Total qui affiche sa diversification dans l’électricité en priorité stratégique, Saft peut espérer bénéficier de moyens d’ampleur inédite pour se développer. Déjà, à court terme, l’adossement à Total pourrait lui donner un nouvel élan commercial dans les grands projets pour le réseau en rassurant les investisseurs sur sa "bankabilité", essentielle pour ces actifs coûteux que sont les batteries. En s’imposant dans l’énergie, la batterie bascule dans le monde des géants.

Manuel Moragues

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1 commentaire

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10/05/2016 - 09h42 -

Total rachète SAFT, Engie investit dans KiwiPower, AMS et Sigfox, EDF c'est Hinkley, Hinkley point ? ...cherchez l'erreur. Des indices ? 1. Stratégie industrielle, timing, la cible, un acteur d'un poids significatif dans le paysage auquel donner un deuxième souffle 2. Groupe aux abois, acteurs à côté de la plaque pour le timing ou la technologie, les danseuses du président ou de la DG 3. Pilotage politique d'un flou stratégique savamment entretenu, atouts non exploités, manuel de référence du management de projet perdu
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