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L'Usine Maroc

"Déclaration de Marrakech" du patronat mondial : pas d'action climatique sans les entreprises privées

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Hier à la COP22, 43 organisations patronales dont la CGEM, le Medef, l'Utica, l'US Chamber of commerce ou la Confindustria ont signé la "Déclaration de Marrakech" dans laquelle elles demandent que les entreprises soient directement associées à la mise en œuvre des engagements environnementaux nationaux, en dépit des craintes exprimées à Bonn sur le risque de conflit d’intérêt.

Déclaration de Marrakech du patronat mondial : pas d'action climatique sans les entreprises privées
Business Summit le 16 novembre à la COP22
© Karim Tibari

"Les entreprises sont disposées à assister les gouvernements dans la mise en œuvre de leurs Contributions Déterminées au niveau National (CDN) prévues dans l’Accord de Paris", ont affirmé hier soir les 43 organisations patronales (voir la liste ci-dessous) invitées par le Maroc à signer la Déclaration de Marrakech, mercredi 16 novembre, lors du Hight Level Business Summit, en marge de la COP22.

"Elles  souhaitent, toutefois, être associées, de manière effective, dans la conception puis la mise en œuvre des projets d’atténuation et d’adaptation contenus dans ces CDNs. Une forte synergie entre secteurs public et privé est indispensable pour mobiliser les financements nécessaires à la concrétisation de ces projets. Cela requiert un processus de consultation et d’échange d’informations entre le gouvernement et le secteur privé afin de promouvoir une optique gagnant-gagnant", ont souligné les patronats. "Une consultation devrait être lancée par le secteur public aux niveaux national et international tout au long du cycle d'examen et de mise à jour des CNDs", insistent-ils.

L’implication du secteur privé va crescendo de COP en COP. Pour les entreprises, l’économie verte offre autant d’opportunités d’affaires que de risques de voir leurs business actuels limités et contraints par de nouvelles normes et législations.

"Lors de la première COP, il n’y avait que les négociateurs gouvernementaux tous seuls, puis progressivement sont apparus les ‘Sides Events’ ces évènements parallèles menées par la société civile. On a commencé par y coller le monde associatif, les collectivités territoriales, c’était plus facile, puis les entreprises", se souvient Brice Lalonde, écologiste, ancien ministre français de l’Environnement et Conseiller spécial des Nations Unies pour le développement.

A Bonn, lors de la conférence climat préparatoire à la COP22, certains se sont alarmés de ce changement et craint le lobbying des grandes entreprises. "Ils ont dit : ‘ non, on ne veut pas du privé, à cause des conflits d’intérêts", mais qui fait la R&D, ce sont les entreprises privées !", lance Saïd Mouline, responsable du pôle partenariat public/privé au sein du Comité de pilotage marocain de la COP22 et président de la nouvelle Agence marocaine de l’efficacité énergétique (ex-ADEREE).

"Depuis quelques années, il est admis que 90% des solutions vont venir des acteurs non étatiques et le centre de gravité de la COP a progressivement glissé vers les Side Events. Il y a même tant d’initiatives lancées par le privé que l’on a du mal à s’y retrouver. Il faudrait pouvoir en faire le suivi pour faire le bilan de cette COP", a-t-il recommandé.

Au-delà de ces déclarations qui font plutôt l’unanimité parmi les organisations patronales, la Confédération générale des Entreprises du Maroc (CGEM) est parvenue à faire une place à la question de l’adaptation en dépit du fait que les opportunités d’affaires y sont nettement moins évidentes que pour l’atténuation - souvent synonyme d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.

"Si les impacts des mesures d’atténuation sont facilement quantifiables, les approches d’évaluation des coûts et bénéfices de l’adaptation peuvent représenter un défi plus important. Bien que des opportunités existent en vue d’améliorer la résilience avec des bénéfices immédiats, dans d’autres cas, les bénéfices ne seront perçus qu’à plus long-terme. 

Au vu des limites technologiques et financières desdites régions, il importe d’y soutenir la mise en œuvre de politiques climatiques anticipatives et adaptatives dans les plus brefs délais", ont déclaré les organisations patronales.

"Le secteur privé, déjà engagé dans le développement de solutions durables (industrie, transport,  bâtiment, énergie) est prêt à se mobiliser encore plus pour les domaines peu accompagnés aussi bien dans l’atténuation comme l’efficacité énergétique, que dans l’adaptation comme l’eau et la sécurité alimentaire", ont-elles ajouté.

Julie Chaudier à Marrakech

Liste des patronats mondiaux signataires de la déclaration de Marrakech

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