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L'Usine Matières premières

Déchets de chantier : le grand pari de Paprec

Franck Stassi , , , ,

Publié le

Diaporama À Gennevilliers (Hauts-de-Seine),  Paprec a développé un savoir-faire sur le traitement des déchets de chantier. Porté par la loi sur la transition énergétique et le Grand Paris, le recycleur compte valoriser cette expertise sur ses deux nouveaux sites.

Déchets de chantier : le grand pari de Paprec

Les entreprises citées

Les automobilistes qui franchissent le viaduc de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) ne se doutent pas de l’intense activité qui règne quelques dizaines de mètres plus bas. Là, entre les piles du pont, le bruit des voitures se mêle à celui des machines de Paprec. Le leader du recyclage a choisi ce lieu en 2010 pour y implanter sa première chaîne de tri de déchets de chantier. Situé au cœur du premier port fluvial d’Europe, le lieu est exigu (30 mètres de largueur sur 300 de longueur). «Nous fonctionnons à flux tendu, confirme Vincent Happe le directeur du site. Nous traitons 600 à 700 tonnes de déchets par jour.» Ils arrivent majoritairement par la route et, une fois par semaine, par péniche.

Sur la chaîne automatisée, les éléments sont séparés afin de permettre leur tri par la main de l’homme, dernière étape des opérations. Les déchets sont prétriés au moyen d’un grappin, puis concassés avant d’atterrir dans le trommel. Ce tunnel cylindrique, qui s’apparente à un tamis, est doté de trous de différents diamètres. Les premiers, plus petits, laissent passer les déchets fins tels que la terre ou le sable. Les suivants permettent de différencier les déchets moyens et gros, qui font par la suite l’objet d’une phase de séparation par flottaison. Les plus lourds, tels que les gravats, coulent vers un tapis roulant ; les plus légers, comme le bois ou le polystyrène, remontent à la surface pour être évacués par des brosses rotatives. Les ferrailles sont, elles, extraites par un aimant spécifique, l’«overband».

Un taux de valorisation de 80%

À la fin des opérations mécaniques, huit personnes s’activent le long de deux chaînes de tri. Celles-ci vont d’ailleurs être légèrement modifiées suite à un incendie survenu à la mi-avril, provoquant l’arrêt du site pour trois à quatre semaines. Dédié aux déchets lourds, le tapis principal est situé au-dessus des consignes de stockage, dans lesquelles les opérateurs jettent chaque élément. Le tapis secondaire emporte les gravats de taille moyenne et les matériaux légers. Paprec cultive sa différence sur le tri de ces calibres réduits, qui lui permet d’atteindre un taux de valorisation de 80%.

Les gestes sont précis et les conditions de travail difficiles. «C’est un métier qui ne s’apprend pas à l’école, mais qui requiert du courage», précise Vincent Happe. Le salaire de base, sur treize mois, est fixé au smic augmenté de 150 euros, hors primes et heures supplémentaires. «Nous travaillons beaucoup avec la mission locale [de Gennevilliers pour l’insertion sociale et professionnelle des jeunes] et nous avons un faible taux de turnover», affirme le directeur du site, lui-même entré dans la société il y a vingt-six ans comme chauffeur livreur. Paprec considère cette usine comme son «site modèle pour le Grand Paris». Le recycleur envisage en effet un doublement du volume de déchets de chantier produits. Les travaux du nouveau réseau de transport, avec la création ou la reconfiguration de 72 gares et la transformation de quartiers, devraient générer 40 millions de tonnes de déchets, selon la société du Grand Paris.

Cette installation pionnière doit prouver les capacités de Paprec à gérer des volumes toujours plus importants, conséquence de l’objectif fixé par la loi sur la transition énergétique : la valorisation de 70% des déchets de chantier à l’horizon 2020, contre 40% aujourd’hui. Un autre site, à Wissous (Essonne), offre des capacités supplémentaires, notamment pour le traitement du plastique, et des améliorations fonctionnelles avec trois granulométries traitées, contre deux à Gennevilliers. L’accessibilité et la sécurité y ont aussi été repensées. Une troisième usine est en projet à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Afin de répondre à l’évolution de la demande, l’objectif est, in fine, de tendre vers un tri toujours plus fin.

Franck Stassi

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