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Décès de Patrick Maugein, la patron de Soco International

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Accusé dans l'affaire « Pétrole contre nourriture », l'homme d'affaires échappe à la justice.

Agé de 59 ans, Patrick Maugein, patron de la société pétrolière Soco International, est décédé le 5 décembre dernier des suites d'un cancer.

Au début des années 1970, Maugein, qui est polytechnicien, commence à travailler avec le « sulfureux » trader américain Mark Rich à Madrid. Le français, était devenu, selon ses propres dires, « maître d'œuvre des sociétés écrans » de l'américain. Il parachève auprès de lui son apprentissage de négociant en matières premières.

En 1978, Pierre Dauzier, patron d'Havas fait connaître à Maugein un ami intime de la famille, Jacques Chirac, corrézien comme lui, dont il deviendra un proche.

Il s'émancipe ensuite de Rich et multiplie ses propres structures - Compagnie française et internationale de distribution (CFID), Alternative finance, Sound Advance - avant de devenir en 1999 président non exécutif d'une société cotée au London Stock Exchange, Soco International spécialisée dans l'exploration et la production pétrolière.

Via cette dernière, Maugein aurait joué un rôle dans le détournement de 25 millions de barils de brut irakien lors du programme « Pétrole contre nourriture » de l'ONU, en association avec la société Trafigura, qui a défrayé la chronique avec le scandale des déchets toxiques d'Abidjan. Fondée également par des deux personnes issues de l'« université Mark Rich », Claude Dauphin et Eric de Turkheim, Trafigura a également été accusée d'avoir détourné 500 000 barils de pétrole irakien, en 2001. Là encore, en association avec un Français, l'homme d'affaires Jean-Paul Cayre, de la société Ibex Energy.

Pour ces deux affaires, le 25 mai dernier, devant le tribunal de Houston, au Texas, Trafigura a plaidé coupable et reconnu avoir violé la loi fédérale américaine et l'embargo des Nations unies. La société a accepté de payer deux fois 9,9 millions de dollars d'amende. La première tranche de cette somme correspond aux profits tirés de ces ventes frauduleuses et la seconde à des pénalités.
Jean-Paul Cayre, pour sa part, avait été mis en examen le 21 novembre dernier par le juge du pôle financier de Paris Philippe Courroye, puis placé sous contrôle judiciaire.

Pascal Coesnon
 

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