Débats budgétaires en attendant la reprise

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Ce n’est sûrement pas un hasard si les débats se multiplient autour du projet de budget pour 2010, à commencer par la taxe professionnelle et le bouclier fiscal. Sans oublier le grand emprunt, dont le montant maximal varie d’un jour à l’autre, selon que c’est Michel Rocard ou Alain Juppé qui est interrogé. Les deux anciens Premier ministres sont co-président de la commission chargée de réfléchir aux priorités qui seront financées grâce au grand emprunt.

Un enjeu d’importance


Si le débat fiscal est intense, c’est que l’enjeu est lui aussi essentiel : la vigueur de la reprise. Alors que la croissance en 2010 restera modeste, que le déficit budgétaire et l’endettement atteint des records, les mesures prises doivent avoir un effet d’entraînement, de sorte que leur rendement soit supérieur à leur coût à court terme pour le budget. C’est un véritable pari que vont prendre les députés et les sénateurs lors du vote du budget proposé par le gouvernement : que chaque euro dépensé produise de la croissance et rapporte au budget bien davantage. Avis aux amateurs de jeux risqués.

La situation de l’emploi se dégrade moins qu’attendu


En matière d’emploi, le coût du ralentissement économique sera élevé. Même si l’Unedic a revu à la baisse ses prévisions de chômage, le taux de chômage atteindra 10 % de la population active en 2010. Cette révision des prévisions de chômage est confirmée par les intentions d’embauches publiées par l’Acoss, la banque de l’assurance chômage. Pour la première fois depuis longtemps, ce sont les CDI qui connaissent le plus fort taux d’augmentation. Si le chômage continue d’augmenter malgré tout, c’est que les intentions d’embauche ne suffisent pas à compenser les destructions observées dans d’autres secteurs.

La parité euro dollar en débat

Mauvaise nouvelle pour les secteurs exportateurs : la dégringolade du dollar risque de peser sur la compétitivité des entreprises européennes, et, en particulier, françaises. La croissance s’alimente à deux moteurs : interne (la consommation et l’investissement) et externe (les exportations de l’économie française). Le regain de l’activité depuis quelques mois est dû pour une grande partie au dynamisme des économies émergentes. Les déterminants de la demande interne sont plutôt moroses : la hausse de l’emploi pèse sur la consommation et les entreprises hésitent à investir dans la période actuelle. Si l’économie française perd de sa force de frappe exportatrice pour des raisons monétaires, la croissance à venir risque d’être affectée. Et les mesures fiscales prises en octobre pour soutenir la compétitivité des entreprises sembleront bien dérisoires face au handicap d’une monnaie sur évaluée sans raison.

Christophe Bys

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