De SeaFrance à l'ASN, retour sur une semaine d'industrie

Quel avenir pour SeaFrance, la compagnie transmanche menacée de fermeture définitive ? Quel avenir aussi pour le raffineur Petroplus et son site normand ? Autant de questions qui ont agité acteurs industriels, financiers et politiques durant ces premiers jours de l'année. Sans oublier le sursis accordé aux centrales nucléaires françaises par l'ASN.

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De SeaFrance à l'ASN, retour sur une semaine d'industrie

Le Fait marquant
Le sort de SeaFrance était au centre de l'attention médiatique cette semaine. Une audience du tribunal de commerce de Paris, prévue mardi, devait évaluer la validité du projet de coopérative ouvrière (Scop) poussé par la CFDT. Cette offre est la dernière en lice, la seule qui puisse sauver la société. Mais la décision du tribunal est finalement repoussée au lundi 9 janvier.

Si l'avocat des salariés a demandé ce report, c'est pour prendre le temps de s'adapter à la dernière proposition du gouvernement. La veille de l'audience, les ministres concernés par le dossier annoncent en effet une piste pour sauver SeaFrance. Les salariés devraient se voir verser une prime supplémentaire par l'Etat et la SNCF, et pourront dans ce cas, s'il le souhaitent, tout réinvestir dans la Scop.

Alors que la campagne présidentielle monte en puissance, ce dossier a pris en quelques jours un tournant politique très clair. Le président de la République, lors de ses voeux, a placé le chômage en tête de ses priorités. Il se devait donc de réagir à la situation de SeaFrance. Mardi 3 janvier, il assure qu'il ne "renoncera jamais" à se battre pour l'emploi. "Quand il y a une chance de sauver une entreprise, c'est le devoir du président de la République de s'y impliquer, je ne crois pas à la fatalité" assure-t-il. Le candidat socialiste François Hollande considère qu'"une nouvelle fois, cet effet d'annonce n'aura été traduit par aucun acte".

Jeudi, nouveau rebondissement : la SNCF s'engage à reclasser les salariés de SeaFrance. Guillaume Pepy l'affirme: les employés de la société seront intégrés à la SNCF "sans une journée de chômage". Mais il sera certainement impossible de leur trouver un poste dans leur région... Alors que le gouvernement exige le même jour un business plan pour le projet de Scop, un nouveau coup dur frappe ses promoteurs : la confédération de la CFDT se désolidarise de ses syndicalistes de SeaFrance en raison de pratiques douteuses et de leur opposition aux précédents projets de reprise proposés.

Accusé d'avoir empêché Louis Dreyfus de présenter une offre concurrente, les responsables de la CFDT Maritime Nord sont lâchés par leur hiérarchie à un moment crucial. Les salariés de SeaFrance, qui voient approcher la disparition pure et simple de leur entreprise, cherchent alors une alternative. Un collectif de salariés non-syndiqués se forme vendredi après-midi, avec pour objectif de définir une proposition à présenter au tribunal de commerce lundi 9 janvier, au plus tard. Le week-end va être long.

Lundi 2 janvier
Le secteur automobile se montre globalement optimiste pour 2012. La plupart des constructeurs ont présenté dès le début de l'année des prévisions tablant sur une croissance des ventes. Toyota, Hyundai Mercedes-Benz ou encore BMW se disent sereins pour l'avenir proche.

Les plus pessimistes sont les contructeurs français. Carlos Tavares, n°2 de Renault, a ainsi prévenu dès décembre 2012 que son groupe devrait affronter une "tempête" en 2012. Et chez PSA, on prépare l'année qui vient avec un plan d'économie de 800 millions d'euros, et plusieurs milliers de suppressions d'emplois.

Mardi 3 janvier
Les réacteurs nucléaires français présentent un niveau de sécurité suffisant. Aucun d'entre eux ne sera fermé immédiatement. Voici la principale conclusion de l'avis de l'Autorité de Sûreté Nucléaire présentée mardi.

Les opérateurs de ces centrales vont toutefois devoir investir lourdement pour accroître encore la sûreté de ces sites. EDF estime ces investissements à "un maximum de 10 milliards d'euros".

Le lendemain de l'annonce, le ministre de l'Industrie Eric Besson se veut rassurant sur les conséquences de cet avis. Les dépenses supplémentaires représenteront "moins de 2% des factures d’électricité", assure-t-il.

Mercredi 4 janvier
La compétitivité française ne se porte pas si mal. L'institut COE-Rexecode trouve des raisons d'être optimiste.

La part de marché de la France dans les échanges mondiaux a pourtant baissé. De 3,9% en 2009, elle est passé à 3,3% en 2011. Mais la perception des produits français par les importateurs étrangers est en hausse. Ils occupent par exemple la quatrième place mondiale pour le rapport qualité/prix. Une raison d'espérer un redressement des exportations.

Jeudi 5 janvier

La salariés français de Petroplus, raffineur suisse en crise, ne savent toujours pas ce qu'ils vont devenir. La réunion de jeudi à Paris a confirmé la préférence des dirigeants pour un partenariat avec une autre entreprise. Mais aucune solution concrête n'est encore annoncée. Interrogé par L'Usine Nouvelle, le président de l'Union française des industries pétrolières Jean-Louis Schilansky est pessimiste. Il considère que les problèmes de Petroplus sont le résultat d'importantes surcapacités dans la filière.

L'information révélée ce jeudi est toujours impressionnante : des micro-fissures ont été découvertes sur les ailes de plusieurs A380. Mais apparemment, l'anomalie n'a rien d'inquiétant. Selon la direction d'Airbus : "les micro fissures s'observent régulièrement sur un avion. Il n'y a rien d'anormal et seul un tout petit nombre d’avions est concerné". L'avionneur complète son discours en précisant avoir mis en place une procédure de contrôle supplémentaire pour le processus de maintenance de son très gros porteur.

Vendredi 6 janvier
Suite de la mission commando de militants de Greenpeace, en novembre dernier : le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, et le PDG d'EDF, Henri Proglio, présentent de nouvelles mesures destinées à renforcer la sécurité des centrales nucléaires françaises. Plus de personnels et de matériels de surveillance pour un coût global d'une centaine de millions d'euros.

Alors que la polémique autour des prothèses mammaires PIP est loin d'être close, L'Usine Nouvelle revient sur les méthodes du laboratoire incriminé. Comment PIP a-t-il conquis le marché avec ces implants soupçonnés d'être dangereux pour la santé ? Retour sur le parcours de l'entreprise PIP au cours des vingt dernières années dans l'enquête de Gaëlle Fleitour.

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