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L'Usine de l'Energie

De quoi la prime Total de 1 500 euros est-elle le signe?

Aurélie Barbaux , ,

Publié le

Analyse Patrick Pouyanné, le PDG de Total, a annoncé le 11 décembre une prime exceptionnelle de 1 500 euros pour tous les salariés du groupe en France. Réponse à l’appel du Président de la République, ou juste reconnaissance des efforts accomplis par les salariés depuis la crise pétrolière de 2013 ?

De quoi la prime Total de 1 500 euros est-elle le signe?
A l'occasion des négociations annuelles salariales, Total propose 3,1% d'augmentation de la masse salariale et une prime de 1500 euros en sus de l'intéressement aux bons résultats de l'entreprise.
© Myrtille Delamarche - L'Usine Nouvelle

Sommaire du dossier

Rarement les négociations annuelles salariales de Total auront été aussi médiatiques. Il est vrai qu’elles se sont télescopées avec la crise des gilets jaunes en France et l’appel du président de la République aux entreprises qui le peuvent de verser des primes de fin d’années défiscalisées. Alors Patrick Pouyanné, le PDG du groupe, a saisi la balle au bond.

Et le 11 novembre, il a posté ce tweet : "Après une journée d’écoute & de débats et compte tenu des bons résultats de @Total en 2018, nous proposons à nos organisations syndicales une enveloppe globale d’#augmentation de +3,1 % et une #prime exceptionnelle de 1500 € pour tous nos salariés en France."

  Une marque de soutien à Emmanuel Macron  

Que les organisations syndicales acceptent ou non cette proposition, cette annonce fait grand bruit. Elle est d’abord le signe du

soutien des patrons de l’industrie en général, et de Patrick Pouyanné en particulier, au Président de la République et à sa politique favorable aux entreprises. On se souvient que dès le début de la crise des gilets jaunes, Total s’était engagé à répercuter à la pompe les baisses des prix des carburants sur les marchés internationaux, alors que le reste de la profession s’affichait déjà ouvertement pour une annulation de la taxe carbone.

Cette proposition est surtout le reflet de la santé économique éclatante de Total. Elle permet à Patrick Pouyanné de remercier sur la place publique les salariés du groupe qui ont déroulé son plan d’austérité post-crise de 2013, lorsque les cours ont chuté de plus de 100 dollars le baril à près de 30 dollars. Un plan qui a permis d’abaisser le point mort du groupe après dividende sous les 50 dollars le baril, c’est-à-dire le prix au-dessus duquel Total fait des bénéfices. C’est un niveau inférieur de plus de 50 % à celui de 2014. Les cours du pétrole surfant depuis des mois autour de 70 dollars le baril, 2018 a été une très bonne année pour le pétrolier français. Sur les neuf premiers mois, le résultat net a augmenté de 35 % à 10,4 milliards de dollars.

Le reflet des très bons résultats de Total

Alors certes, le Brésil vient d’interdire à Total de forer au large de l’embouchure de l’Amazone. Certes, la bioraffinerie de La Mède (Bouches du Rhône) n’a pas ouvert comme prévu en juillet dernier, et ne démarrera qu’en 2019. Et les écologistes sont vent debout face à l’importation massive d’huile de palme qu’elle requiert pour être rentable. Mais pour le reste, Total voit tous les signaux au vert.

Grâce à une bonne anticipation, le groupe a pu se désengager d’Iran au profit d’un partenaire chinois et éviter les sanctions américaines. En Russie, le champ gazier Yamal, lancé il y a juste un an, produit plus et plus vite que prévu. Total vient d’inaugurer le Train 3 du projet de Yamal LNG avec douze mois d’avance ! Le groupe vient aussi de décrocher deux nouveaux contrats d’exploration en Mauritanie. La liste des bonnes nouvelles est longue.

Le signe d'une bonne volonté

Alors Total cherche à composer même avec ses plus farouches adversaires écologistes. En Guyane, où la loi hydrocarbure de Nicolas Hulot lui laisse le droit d’exploration grâce à l’antériorité de son permis, le pétrolier s’est décidé à jouer la transparence et l’ouverture. Il assure qu’il respectera les récifs coralliens de la zone. Le groupe invite aussi "les ONG qui le souhaitent à visiter ses installations en se rendant sur son navire pour comprendre les mesures de précaution prises et avoir l’occasion d’un dialogue serein", explique un communiqué. Cela ne suffira pas à calmer les oppositions. Total le sait. Mais le groupe aura fait son possible.

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