Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine de l'Energie

De la mer à l'espace, la nouvelle économie selon Jean-Luc Mélenchon

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le , mis à jour le 06/02/2017 À 10H03

En dupliquant, via un "hologramme", son meeting lyonnais, Jean-Luc Mélenchon poursuivait deux objectifs : détourner l’attention des médias du meeting concomitant de sa principale adversaire Marine Le Pen, et attirer l’attention des militants sur des sujets moins révolutionnaires, comme la culture et la technologie. Paris, en parties, réussis.

De la mer à l'espace, la nouvelle économie selon Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon en "hologramme" au Dock de Paris (Aubervilliers) en duplex de son meeting de Lyon le 5 février 2017
© abarbaux

L’illusion était parfaite. Quand à 14H30, dimanche 5 février 2017, l’image vidéo 3D temps réel, baptisée improprement hologramme, de Jean-Luc Mélenchon s’est matérialisée sur la scène du Dock Pullman, à Aubervilliers, au nord-est de Paris, une chose était déjà sûre pour les 3000 personnes présentes dans la salle. Un des deux paris du jour du candidat de la France insoumise, était gagné. Non seulement à Paris la salle était comble, mais la promesse d’un meeting holographique avait réussi à mobiliser 3000 personnes de plus, selon les organisateurs, qui ont du s’entasser dans un seconde salle… de 2000 personnes (selon le service de presse). A Lyon, ils étaient 12 000. Et selon Jean-Luc Mélenchon, 45 000 personnes de plus suivaient la retransmission vidéo de la conférence sur les réseaux sociaux, 30 700 sur Youtube et 14 500 sur Facebook.

Plus de 45 000 personnes suivent notre direct : 30 700 sur Youtube, 14 500 sur Facebook ! Merci ! #JLMHologramme pic.twitter.com/cEqZJFVgaQ

Le deuxième pari, qui consistait à communiquer sur le chapitre "nouvelles frontières de l'humanité" du programme du candidat à l'élection présidentielle de 2017, est peut-être moins réussi. Pour trois raisons. D’abord par ce que la prouesse "holographique" a monopolisé le temps de presse des TV au détriment du discours lui-même.

Ensuite, parce qu’en cherchant régulièrement le soutien de son public par des tacles, parfois un peu faciles, à ses ennemis - Macron sur ses propositions de travail le dimanche dans les bibliothèques, sur son chèque culture pour les jeunes et sa responsabilité dans la Loi El Khomri et dans la vente de GE ou Alcatel, Marine Le Pen sur l’éducation qu’elle veut interdire aux étrangers, Hollande pour la baisse du budget de la Culture, ou encore les GAFAM (le M étant pour Microsoft) en tant que sociétés immorales et antisociales – Jean-Luc Mélenchon a encore donné du grain à moudre à la presse politique, éclipsant les idées de fond de son programme.

Difficile de faire de la pédagogie sur les nouvelles frontières de l'humanité

Enfin, parce que comme l’a expliqué lui même Jean-Luc Mélenchon en début de discours, le 16e depuis le début de sa campagne en septembre, ce meeting se voulait pédagogique. Or, le sujet du jour, les nouvelles frontières de l'humanité, n'est pas forcément le thème le plus fédérateur pour les militants. Pour preuve la tiédeur des réactions aux nouvelles propositions. Et pourtant, c’est bien de nouveaux champs économiques que veut ouvrir Jean-Luc Mélenchon.

Le premier – et c’est presque devenu son obsession – c’est la mer et la richesse qu’elle représente pour la France, qui dispose de la  deuxième surface maritime mondiale. Le candidat promet que dans les 100 milliards d'euros qu’il prévoit d’investir dans l’industrie, la mer tiendra une grande place. Il entend notamment miser massivement sur les algues, mais aussi les énergies marines renouvelables pour compenser à terme la sortie du nucléaire. Il veut aussi faire signer un traité international sur les eaux profondes par l’ONU et rêve que la France porte une grande campagne internationale de dépollution des mers.

Réformer le droit d'auteur

La culture est une autre des grandes richesses pour la France à développer. Jean-Luc Mélenchon veut que 1% des richesses du pays lui soit consacrée. Il veut surtout sécuriser la vie des artistes, notamment en étendant le statut d’intermittent à d’autres domaines artistiques, et en aidant au financement de coopératives d’artistes. Pour financer cette politique, il avance une idée de Victor Hugo : réformer le droit d’auteur pour que les œuvres en fin de droits ne tombent plus dans le domaine public, mais que les droits viennent alimenter un fonds public. "Il s’agit de socialiser le domaine public de la création", selon Jean-Luc Mélénchon, qui explique que Victor Hugo proposait même de sortir les oeuvres des successions pour que les droits alimentent le fonds dès la mort des artistes. On n’irait pas aussi loin... tout de suite.

Sur le volet numérique, peu de propositions concrètes, si ce n’est un fervent plaidoyer en faveur des jeux vidéos, de leur utilité et du talent des français dans ce domaine : "Le jeu vidéo est un enjeu du XXIe siècle et doit devenir une industrie de pointe en France". Jean-Luc Mélenchon a aussi rappelé l’importance de l’éducation numérique des enfants, de la neutralité du net, du droit à la déconnexion. Il s’est élevé contre l’ubérisation, l’optimisation fiscale des GAFA et promet que lui, président, Microsoft pourra faire une croix sur l’utilisation de ses logiciels dans les services critiques de l’Etat. Mais aucune proposition constructive.

2 universités internationales et 2 programmes mondiaux de dépollution

Enfin, Jean-Luc Mélenchon croit en l’Espace comme opportunité forte pour la France. Le programme prévoit notamment la création  d’une grande université internationale des métiers de l’espace, en vantant au passage la qualité des ingénieurs formés en France. Il rêve aussi que la France soit à la tête d’une grande politique de dépollution de l’espace.

D’autres sujets ont aussi été abordés, comme la nécessité d’investir en recherche fondamentale, notamment dans le nucléaire pour réussir à en sortir! Des idées qui coûtent cher. Il le sait. Le chiffrage du programme est prévu le 19 février.  

 

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

06/02/2017 - 11h06 -

Merci à l'usine nouvelle et à madame Barbaux pour cet article. Enfin des faits et non des opinions ... cela devient rare dans les médias ces derniers temps !
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle