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De la lumière, rien que de la lumière, un peu plus que de la lumière 

Christophe Bys

Publié le

Une installation minimaliste explore comment la lumière sculpte l’espace et le temps. Imperceptiblement, la lumière change, plongeant le visiteur dans un monde flottant, un univers bicolore qui évoque les tableaux de Rothko.

De la lumière, rien que de la lumière, un peu plus que de la lumière © cpature d'écran Youtube - Fondation EDF

Amateurs des débordements baroques, passez votre chemin. L’exposition "Traverser la lumière" en est tout le contraire : un concentré de minimalisme. L’historien de l’art Matthieu Poirier, dans le texte qui accompagne la présentation de l’œuvre, résume la difficulté : "l’œuvre s’avère aussi complexe à décrire qu’elle s’avèrera simple et intense une fois appréhendée in vivo " (voir la vidéo ci-dessous qui représente très bien l’expérience vécue par le visiteur).

Tentons la complexité donc. Dans l’espace vide de la fondation EDF, l’artiste Nathalie Junod Ponsard a installé des éclairages de couleurs variant seconde après seconde, changeant imperceptiblement l’ambiance du lieu. De bleu au rouge, en passant par l’indigo, l’orange ou le vert…, les couleurs des murs varient, réaménageant l’espace et sa perception par le visiteur. Pour cela, le dispositif semble tout simple au premier coup d’œil, une série de lampes (des Leds) placées autour de la mezzanine du premier étage qui recomposent l’ambiance des deux espaces (le rez de chaussée et le premier étage). En montant, le visiteur appréciera l’utilisation du garde-corps en verre qui donne une profondeur de champ au travail exposé.

Ce dernier évoque irrésistiblement l’exposition Dynamo qui a fait les beaux jours du Grand Palais la saison dernière. On pense aux travaux de Claude Lévêque ou de Dan Flavin sur le néon. L’intérêt ici est l’oscillation lumineuse, les changements d’ambiance, qui donne l’impression d’être dans une sorte de "monde flottant".  En 2007, l’artiste a crée une installation à Rome intitulé Hommage à Mark Rothko. Ce n’est donc pas un hasard si l’immersion dans "Traverser la lumière" donne aussi l’impression d’être au centre de la création du peintre américain, un de ces tableaux bicolores.

L’installation proposée est certes déroutante par son dénuement - de la lumière et rien d’autre. Mais après tout, cela fait plus d’un siècle que Monet, un des peintres les plus populaires, a fait des séries de cathédrales de Rouen pour représenter justement ces variations.

Sans autre motif  que les volumes de l’ancienne centrale électrique devenue lieu d’exposition, l’installation demande au visiteur de s’abandonner à l’instant présent, de se laisser prendre par ces infinies et imperceptibles variations de la lumière. En sortant du lieu, la lumière naturelle semble plus artificielle plus que jamais. Si l’Art change notre perception du réel, "Traverser la lumière" réussit parfaitement.

Christophe Bys

Jusqu’au 10 novembre à l’espace fondation EDF 6 rue récamier 75007 Paris

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