Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

De la guerre des mines à la cyberdéfense

, , , ,

Publié le

Brest et Lorient concentrent le quart des effectifs nationaux de la construction navale militaire. Une activité historique désormais complétée par la cyberdéfense, principalement à Rennes.

De la guerre des mines à la cyberdéfense
Le chantier Piriou, à Concarneau. Le groupe familial s’est doté d’une filiale spécialisée dans les navires militaires.

Brest (Finistère) et Lorient (Morbihan) vivent au rythme des sirènes qui retentissent tous les jours à midi pile pour annoncer la pause du personnel des chantiers DCNS. Ces deux ports de très forte tradition militaire se partagent les 4 200 salariés des deux implantations bretonnes du groupe. Brest entretient les sous-marins des forces militaires françaises, Lorient construit les coques de frégates et autres bâtiments de surface pour la Marine nationale et l’export. Ces chantiers ont vécu des hauts et des bas au cours des années passées. Mais la commande prévue de douze sous-marins par le gouvernement australien va mobiliser une partie des 500 salariés de la direction de l’ingénierie de DCNS à Lorient et sans doute des effectifs brestois pour la définition des conditions de leur maintenance.

En comptant les militaires embarqués, la préfecture maritime, les services de santé, « plus de 59 000 personnes travaillent de Brest à Lorient dans les secteurs de la défense », affirme l’agence d’urbanisme brestoise Adeupa, qui vient de réaliser une enquête sur le poids des activités militaires. Elle chiffre à 2,3 milliards d’euros la manne financière annuelle générée. « En Bretagne, 400 entreprises disposent d’une activité totale ou partielle dans les secteurs de l’industrie de défense », précise Frédéric Rode, le directeur de l’agence Bretagne Développement Innovation, qui pilote les actions économiques de la région. Cela va des travaux classiques liés à la construction navale à l’ingénierie et aux études.

Sofresid Engineering, forte de ses 400 salariés dont plus d’une centaine à Lorient, intervient par exemple dans la gestion des réseaux à bord des navires et espère bien décrocher des contrats supplémentaires pour la commande australienne. « Nous avons suivi le dossier de faisabilité en partenariat avec DCNS et devrions intervenir au cours des prochains mois dans les études », indique Loïc Bruneau, le directeur de Sofresid Engineering à Lorient. « Ce contrat va générer des activités supplémentaires pour les sous-traitants. Nous allons très rapidement définir les formations idoines pour les aider à étoffer leurs équipes », renchérit Anne-Marie Cuesta, la déléguée générale de l’association Bretagne Pôle Naval, qui rassemble quelque 170 entreprises de la région.

La cybersécurité, nouvelle spécialité régionale

Les différents marchés de la défense intéressent aussi de très près le groupe familial Piriou, qui possède son propre chantier à Concarneau (Finistère) pour des activités civiles et qui a créé avec DCNS une filiale commune nommée Kership. Celle-ci vient de s’installer à Lanester (Morbihan), près de Lorient, où elle a repris les espaces du chantier naval de STX France. À la clé, la création annoncée d’une centaine d’emplois pour compléter l’effectif actuel formé de 43 salariés. Kership se spécialise dans la construction de bateaux militaires jusqu’à 95 mètres de longueur [lire ci-­dessous]. La guerre des mines, les sonars, les radars…

À Brest et à Étrelles (Ille-et-Vilaine), Thales complète le potentiel breton en matière d’industrie de la défense. Celle-ci aborde désormais un nouveau secteur clé. Poussées par Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense et président du conseil régional de Bretagne, les entreprises d’électronique et d’informatique se sont progressivement engagées dans la cybersécurité. Une nouvelle activité qui rassemble 120 entreprises de la région, dont plusieurs pépites en plein développement. C’est le cas de la société Syrlinks, qui vient de s’installer dans un tout nouveau bâtiment de 1 300 m2 en périphérie rennaise pour faire face à son importante croissance, « dans la radiocommunication, mais également la géolocalisation à des fins spatiales et liées à la défense », indique Guy Richard, son PDG. Syrlinks compte 53 ingénieurs et cadres et a réalisé un chiffre d’affaires de 6,2 millions d’euros en 2015. Ce créneau de la cyberdéfense est conforté en Bretagne par l’imposant site de la Direction générale de l’armement à Bruz (Ille-et-Vilaine), près de Rennes. Ultraprotégé compte tenu de ses activités sensibles, ce temple de la guerre électronique emploie à ce jour plus de 1 350 cadres, ingénieurs et chercheurs. « Nous étions 950 collaborateurs en 2009 et serons 1 500 en 2019 », précise-t-on à la direction de ce site.

Face aux larges potentialités de la cyberdéfense, Lorient Agglomération et ses partenaires, dont DCNS, viennent de créer le Cyber west challenge, un concours doté de plusieurs prix dont un de 300 000 euros pour accompagner quatre start-up. Elles seront sélectionnées en décembre. Lorient Agglomération annonce également l’ouverture avant la fin de l’année d’une pépinière d’entreprises réservée aux entreprises innovantes de la cyberdéfense. 

Les radars du Rafale à Brest

L’établissement brestois de la division Systèmes Aéroportés du groupe d’électronique Thales travaille actuellement à plein régime. Il bénéficie des récentes commandes de l’avion Rafale de Dassault par le Qatar et l’Égypte. L’usine brestoise, qui compte un total de 800 salariés, se charge de la fabrication du Spectra, le système de protection et de conduite de tir du Rafale. Il s’agit d’une pièce maîtresse de la guerre électronique. L’ensemble, très complexe, permet de détecter les menaces venues de radars et autres lasers et met ensuite en œuvre un scénario d’autoprotection de l’avion. En 2016, Thales a prévu la création de quelque 150 emplois en CDI en Bretagne, répartis entre son établissement de Brest et celui d’Étrelles (Ille-et-Vilaine). Ce dernier site, spécialisé dans les composants électroniques, compte d’ores et déjà 470 salariés. 

Première commande de trois navires armés pour Kership

La société Kership, créée à Concarneau (Finistère) en 2013 par DCNS et le groupe Piriou qui en est l’actionnaire majoritaire, vient de livrer un premier bâtiment de 65 mètres de type B2M à la Direction générale de l’armement (DGA). Il est affecté à la surveillance des côtes et à la lutte contre la piraterie au large de la Nouvelle-Calédonie. Deux autres navires identiques sont en cours de construction à Concarneau sur le chantier Piriou et seront livrés au cours des prochains mois à la DGA pour les îles de la Polynésie française et la Réunion. « Les bateaux B2M sont construits pour des missions de 30 jours et peuvent naviguer jusqu’à 200 jours par an », explique Patrick de Leffe, le directeur général de Kership, qui vient de reprendre l’ex-chantier naval de STX France situé à Lanester (Morbihan). Celui-ci emploie 42 personnes à ce jour, mais son effectif va rapidement grimper. Disposant désormais de ses propres installations, Kership compte accroître le volume de ses contrats en France et à l’étranger. 

Réagir à cet article

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services.
En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

En savoir plus