De l’importance d’une transition énergétique intelligente

A l’approche du débat sur la transition énergétique, l’Association des économistes de l’énergie alerte sur l’importance de ne pas surestimer les scénarios : ce ne sont que des aides à la décision.

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De l’importance d’une transition énergétique intelligente

A quelques jours de l’ouverture du débat sur la transition énergétique, le 20 novembre prochain, l’Association des économistes de l’énergie (AEE) a apporté une contribution unique et inattendue. Pierre-Franck Chevet, ancien patron de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) et nouveau patron de l’ASN, explique : "On attend beaucoup des scénarios. Ils font partie du débat mais ils ne seront pas tout le débat".

Pantelis Capros, économiste de l’Université technique d’Athènes, confirme. Bien placé, il est à l’origine du modèle Primes. Ce dernier dessine pour l’Union européenne des scénarios permettant de ramener d’ici à 2030 les émissions de CO2 à 80 à 85 % du niveau de 1990. Les hypothèses sont multiples utilisant des parts variables de nucléaire et de gaz dans le mix. Un scénario mise même sur un mix à 100 % renouvelables, chiffrage du coût à l’appui.

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Aussi complets que soient ces modèles, Pantelis Capros reconnaît qu’ils ne sont pas en mesure de tout modéliser. Le professeur grec identifie même de possibles sources d’échec. Premièrement, il cite un risque de manque de volonté politique pour développer les infrastructures énergétiques (interconnexions, réseau hydrogène, pilotage des énergies renouvelables…).

Deuxièmement, tous les scénarios s’appuient sur 33% à 40% d’efficacité énergétique, un objectif atteignable à condition que les consommateurs d’énergie investissent, ce qui reste à prouver. Troisièmement, les producteurs d’électricité ne limiteront leurs émissions de carbone que s’ils y sont effectivement incités. Or, on le voit aujourd’hui : le mécanisme des quotas carbone ne remplit pas son rôle incitatif étant donné les prix trop faibles de la tonne de CO2.

Imbroglio de recommandations

Nadia Maïzi, directrice du Centre de mathématiques appliquées à l’école des Mines ParisTech, va même plus loin. Ces scénarios, explique-t-elle, forment un imbroglio de recommandations techniques et politiques. "Les recommandations d’un groupe se font toujours sans prendre en compte les besoins d’un autre", affirme la mathématicienne. Elle explique même que la question de la plausibilité technique des scénarios et celle de la qualité de service des consommateurs sont souvent passées sous silence. Il faut "travailler à une transition énergétique intelligente, faute de quoi toutes les transitions sont envisageables", ironise-t-elle.

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