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L'Usine Santé

De l’assurance maladie en Amérique et ailleurs

Christophe Bys ,

Publié le

La réforme de l’assurance maladie a été votée par le Congrès des Etats-Unis. Obama a donc réussi là où ses prédécesseurs avaient échoué, comme on le répète dans les journaux, sans aller vérifier si la réforme d’Obama est plus ou moins ambitieuse que celle qu’avait proposé Bill Clinton par exemple, mais c’est une autre histoire.

La santé n’est pas un bien comme les autres. Le débat récent le prouve. A commencer par cette donnée de base que l’on oublie souvent. Aux Etats-Unis, les dépenses de santé représentent 16 % du Pib, comparés aux 9 % observés en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Un tel écart devrait interpeller les partisans du marché. En effet, ce dernier est réputé garantir la meilleure allocation des ressources possibles. Toute la production économique « orthodoxe » accumulée depuis plus d’un siècle vise à prouver que l’économie de marchés libres est le meilleur des systèmes, le plus efficace d’entre tous. Alors comment expliquer cette différence, quand le système de santé américain est relativement plus marchand que d’autres (Medicaid et Medicare sont deux programmes publics) ?

L’écart pourrait s’expliquer par une certaine pénurie des soins dans les autres pays de l’OCDE. Là où les dépenses de santé sont plus ou moins encadrées, le consommateur moins libre se soignerait moins bien. Sauf que les indicateurs de santé publique n’indiquent pas que l’écart des dépenses garantisse une meilleure santé du peuple nord-américain, au contraire.

Les causes de l’écart sont donc ailleurs : le système en tant que tel est plus coûteux. Les assurances privées dépensent beaucoup en publicité pour attirer les clients, quand les systèmes publics sont exonérés de cette préoccupation. De même, il est plus difficile de contrôler les coûts quand de nombreuses compagnies d’assurance se font concurrence. Un payeur unique a plus de poids, même s’il doit composer, comme le montre l’exemple français. Ce n’est donc pas un hasard, si on trouve parmi les soutiens du plan Obama des industriels (hors industrie de la santé bien sûr). Pour eux, la nouvelle caisse créée pour peser sur les tarifs des assureurs privés ferait baisser les coûts de l’assurance maladie.

La taxe carbone est morte, mais la TVA sociale pourrait être de retour...

Ces préoccupations de coût pèsent aussi de ce côté-ci de l’Atlantique, preuve que le caractère privé ou public du système d’assurances-maladie ne résout pas tous les problèmes. Dans le discours de clôture des états généraux de l’industrie, le président de la République est revenue sur la nécessité de revoir les modes de financement de la protection sociale, qui comprend l’assurance-maladie.

Pour des raisons historiques, la sécurité sociale est financée par des cotisations calculées sur les revenus du travail. La hausse des dépenses de santé, un fait de civilisation à New York comme à Guéret, est donc répercutée sur les fameuses charges ou cotisations sociales. A l’heure de la compétition mondiale, les progrès médicaux se traduisent  par un prélèvement croissant sur les salaires, qui à terme réduit la capacité à exporter. D’où l’idée reprise par Monsieur Sarkozy de réformer le mode de financement de la protection sociale, un moyen de redonner de la compétitivité aux entreprises françaises. Pour qu’elle soit pleinement efficace, il faudrait préalablement vérifier que les produits made in France sont adaptés à la demande mondiale et qu’il existe un lien établi et vérifié entre le prix et les performances des industries exportatrices. Reste que l’Union des industries et des métiers de la métallurgie soutient cette proposition et milite pour un changement d’assiette.

Après avoir réformé les retraites, le président de la République proposera-t-il une nouvelle TVA sociale, c’est-à-dire un prélèvement sur les produits importés, prévus pour se substituer aux cotisations sur les salaires ? Le président de la République retrouverait donc un projet qu’il avait envisagé au début de son quinquennat et qu’il avait abandonné suite aux nombreuses critiques que ce projet soulevait. Si les présidents Obama et Sarkozy n’ont pas les mêmes méthodes, l’irrésistible croissance des dépenses de santé les amène à s’occuper des mêmes dossiers.

Christophe Bys


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