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L'Usine Aéro

DCNS livre la frégate Fremm à l'Egypte et met le cap sur l'international

Publié le

Après la livraison d'une frégate multimissions à l'Egypte, le fabricant de navires va renforcer son offre dès 2023 à l'export avec une frégate de taille intermédiaire moins complexe et plus abordable pour les marines étrangères. Hervé Guillou, le Pdg, veut que DCNS réalise plus de 50% de son chiffre d'affaires à l'international d'ici dix ans.

Accueil en grandes pompes des ministres de la Défense français et égyptien, accompagnés de leur Chef d'état major de la Marine, tapis rouge et hymnes, présentation d'un équipage complet d'une centaine de marins égyptiens...la cérémonie de transfert de la frégate multimisisons (Fremm) à l'Egypte le 23 juin dernier dans les chantiers de DCNS à Lorient s'est déroulée sous un beau soleil et sans fausse note. "Livrer une frégate quatre mois quasiment après la cérémonie de signature du contrat, c'est du jamais vu", s'est réjoui Hervé Guillou, le PDG de DNCS.

Il faut dire que le client était pressé : le président égyptien Fattah al-Sissi tenait à disposer d'un navire de guerre de prestige (et des Rafale) pour l'inauguration des travaux de doublement du canal de Suez, le 6 août prochain. Pour tenir ces délais, la marine française a bien voulu céder une frégate qui lui était destinée et qui était quasiment achevée. C'est ainsi que le navire qui devait s'appeler "La Normandie" a été rebaptisée "Vive l'Egypte". Le pays dirigé par des militaires est un bon client. Outre la frégate multimissions dont le prix est évalué à 1 milliard d'euros, elle avait déjà commandé quatre corvettes en 2014.

Des produits mieux adaptés à l'export

Hervé Guillou ne veut pas en rester là. Le patron arrivé il y a bientôt un an à la tête de DCNS mise sur l'international pour redresser les comptes de son groupe, qui a accusé 336 millions de pertes l'an dernier. "Notre ambition, ce serait d'essayer assez rapidement, au plus loin dans la décennie qui vient, de passer au dessus de 50% de chiffre d'affaires à l'international, contre 35% aujourd'hui", explique-t-il.

Pour cela, le groupe a nommé en décembre un directeur général adjoint et une direction du marketing pour doper le développement international. Ses missions: définir une politique de produits mieux adaptée à l'export, veiller à ce que toute la gamme de produits et de services soit valorisée et surout l'offre de MCO (maintenance en condition opérationnelle, NDLR) au moment de la vente de bateaux neufs, et développer une présence industrielle dans les pays en fort développement comme c'est déjà le cas au Brésil, en Inde ou en Malaisie.

Un potentiel limité pour les Fremm

Du côté des exportations, DCNS ne désespère de vendre d'autres Fremm. Après avoir convaincu le Maroc, et l'Egypte, les clients potentiels se comptent toutefois sur les doigts d'une main. Le Canada et de l'Arabie Saoudite figurent parmi les marines intéressées. Chaque compétition est un cas à part. "Est ce que la marine canadienne partira sur une design complètement indigène ou sur la base d'un design existant comme la Fremm, nous n'en savons rien pour l'instant", reconnaît le PDG. Dans le cas de l'Arabie Saoudite, "les discussions concernant le format de leur force navale ont repris" précise-t-il. La monarchie pétrolière chercherait à s'équiper d'une combinaison variée de bâtiments, des patrouilleurs jusqu'aux frégates fortement armées et polyvalentes. Mais le potentiel des Fremm reste limité. "Le potentiel n'est pas considérable car c'est un bateau extrêmement sophistiqué qui doit être opéré par des marines qui ont un long passé derrière elle et qui sont capables d'opérer un bateau extrêmement technique. Il faut savoir que dans le logiciel du système du combat, il y a 20 millions de lignes de code temps réel".

Vers une frégate de taille intermédiaire

Toutefois, Hervé Guillou a un joker dans sa manche: la future frégate de taille intermédiaire (FTI). Ce sera un bâtiment fortement armé de la classe des 4000 tonnes, qui fait la jonction dans la gamme des produits de DCNS entre les corvettes Gowind (2000 tonnes) et les Fremm (6000 tonnes). "La FTI sera un bateau qui nécessitera un équipage moins nombreux que les Fremm. Cela va vraiment nous mettre au centre du segment de marché le plus actif. Dans nos prévisions, les frégates assez modulaires de l'ordre de 4000 tonnes, représentent un marché de l'ordre de 40 à 50 navires sur les dix ans à venir", estime le PDG.

Là encore, le dirigeant peut remercier Jean-Yves Le Drian. Lors de son discours du 19 mai dernier sur la base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué (Morbihan), le ministre de la défense a décidé d'avancer de deux ans la commande pour la marine nationale de ses cinq exemplaires, soit avec une première livraison dès 2023. Avec la référence tricolore et un produit éprouvé à la mer, il sera alors plus simple de séduire les marines étrangères. Mais la concurrence sera rude. L'Espagne, l'Italie et l'Allemagne ont lancé des projets similaires.

le contrat du siècle

Dans le domaine des sous-marins, DCNS lorgne évidement le "contrat du siècle": la marine australienne veut s'équiper d'une douzaine de sous-mains conventionnels pour un montant estimé à plus de 30 milliards d'euros. "Tout le monde est sur le pont pour l'Australie", confie Hervé Guillou. Toutefois, le dirigeant a bien conscience que le meilleure offre industrielle ne suffira à remporter un tel contrat face aux Japonais ou aux Allemands. Comme pour le contrat égyptien, il s'agit avant tout de bâtir une relation de confiance et un vrai partenariat stratégie entre les deux pays.

Hassan Meddah

 

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