DCNS Energies lève 100 millions d’euros pour se muscler dans les énergies renouvelables

DCNS s’associe à Bpifrance, Technip et BNP Paribas développement pour créer une filiale spécialisée dans les énergies marines renouvelables. Les partenaires apportent 100 millions d’euros d’argent frais pour faire entrer en phase industrielle trois technologies développées par DCNS.

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DCNS Energies lève 100 millions d’euros pour se muscler dans les énergies renouvelables

DCNS veut diversifier ses activités. L’industriel spécialiste de la défense navale vient de créer une filiale DCNS Energies pour regrouper ses activités liées aux énergies marines renouvelables. Il s’associe pour cela avec Bpifrance via son fonds "Société de projet industriel", Technip et BNP Paribas développement. DCNS reste majoritaire avec 55 % du capital de la nouvelle entité, Bpifrance devient un actionnaire de référence avec 36 %, le reste du capital étant partagé entre les deux autres partenaires.

"Nous voulons donner les moyens à cette activité de passer de la phase de R&D et de prototypage, ce que l’on sait faire en interne, à la phase industrielle", explique Hervé Guillou, le PDG de DCNS. L’industriel travaille depuis 2008 sur les énergies marines. Il y a déjà investi 150 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 100 millions d’euros pour le rachat d’OpenHydro en 2013, la jeune société irlandaise spécialisée dans les hydroliennes.

75 millions d’euros apportés par Bpifrance

DCNS Energies va bénéficier de 100 millions d’euros d’argent frais pour son lancement, apportés en grande partie par la banque publique. Le fonds SPI vise à cofinancer la phase risquée du passage à la phase industrielle de nouvelles technologies susceptibles de créer de l’emploi en France. Il a misé 75 millions d’euros dans ce nouveau projet. Il s’agit de son deuxième plus gros investissement, juste après celui réalisé avec l’AFM Téléthon où le fonds SPI avait investi 84 millions d’euros sur les 120 millions d’euros du projet.
"Le marché des énergies marines renouvelables est en train de se consolider, il y a donc un momentum à saisir, estime Magali Joessel, la directrice du fonds SPI chez Bpifrance. Le projet présente par ailleurs un potentiel d’emploi important dans les bassins où se trouve DCNS."

Trois technologies marines

La nouvelle société va se concentrer sur trois marchés. D’abord celui des hydroliennes, ces gigantesques turbines sous-marines de 20 mètres de haut qui convertissent l’énergie des courants sous-marin en électricité. "Il s’agit de notre marché le plus mature, explique Thierry Kalanquin, le PDG de DCNS Energies. Nous prévoyons d’installer les premières fermes commerciales d’ici 2020-2021 et d’avoir 1 gigawatt installé d’ici 2025."
DCNS Energies développe également des éoliennes flottantes, avec des turbines conçues par la partie d’Alstom récemment rachetée par General Electric. "C’est une technologie encore émergente mais qui se développe vite car elle partage beaucoup de pièces avec l’éolien terrestre", explique Thierry Kalanquin. Il prévoit une première ferme pilote pour 2020 et des fermes commerciales deux ou trois ans plus tard.
Enfin, DCNS Energies se positionne sur le marché de l’énergie thermique des mers pour les zones tropicales. Un premier projet doit voir le jour rapidement en Martinique, et la Malaisie devrait suivre.

1 milliard d’euros d’activité dans les dix ans

"Nous voulons fournir des fermes clé-en-main à nos clients et en assurer la maintenance", explique Thierry Kalanquin. La nouvelle filiale dispose d’un effectif de 250 personnes en ingénierie pour mener les projets. Les sites industriels de DCNS vont par ailleurs être mis à contribution pour la production des fermes.
Notamment celui de Cherbourg (Manche), qui livrera à terme les implantations de fermes hydroliennes en France et dans les îles anglo-normandes et qui, dans un premier temps, va également fournir les sites pilotes dans le reste du monde. A terme, DCNS Energies compte produire localement, là où seront ses marchés, pour fournir les fermes commerciales.
L’industriel français espère rapidement s’imposer dans le paysage mondial des énergies marines renouvelables. "L’expérience de l’éolien terrestre montre que seul les plus gros survivent, assurent Thierry Kalanquin. Nous voulons constituer une entreprise de taille mondiale, donc d’au moins 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans les dix ans." Et, selon Bpifrance, cette ambition devrait s’accompagner d’une multiplication par trois ou quatre des effectifs de l’entreprise.

Arnaud Dumas

L’argument convaincant
DCNS Energies mise sur trois technologies à des stades de maturité différents. L’activité hydrolienne, portée par OpenHydro, a déjà installé 1 gigawatt en production. Une dizaine de turbines ont été commandées et des contrats au Canada et au Japon sont prévus.

DCNS Energies en chiffres
Chiffre d’affaires : NC
Effectif : 250 personnes
Montant de l’investissement : 100 millions d’euros
Investisseurs : DCNS, Bpifrance, Technip, BNP Paribas développement
Secteur : Energie renouvelable

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