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DCNS défend le potentiel des énergies marines

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Le groupe tricolore de construction navale estime que 5 à 6 % de l'électricité consommée en France dans quelques années pourrait être issue de la toute jeune filière marine. La mise en œuvre de plusieurs projets exige des investissements initiaux d’au moins 400 millions d’euros.

DCNS défend le potentiel des énergies marines © Solberg Production / StatoilHydro

Le compte à rebours a commencé. A l’horizon 2020, les énergies renouvelables devraient s’octroyer une part de 23 % dans la matrice énergétique de la France, en vertu du programme pluriannuel d’investissements dont il avait été question lors du Grenelle de l’Environnement. Les barrages hydroélectriques sont censés représenter 10 % de ladite matrice.

Il restera donc peu d’espace pour les autres énergies renouvelables. La surprise pourrait venir de la mer, aussi bien la force des vents que celle des marées. Selon les dirigeants de DCNS, le leader mondial des systèmes navals de défense, d’ici dix ans 5 à 6 % de l’électricité consommée dans l’Hexagone pourrait résulter de l’exploitation des énergies marines renouvelables. Cela pourrait engendrer la création de 30.000 à 50.000 emplois. Des perspectives à prendre d’autant plus au sérieux que la France est la seconde puissance maritime mondiale, ainsi que le souligne Bernard Planchais, directeur délégué de DCNS. L’Hexagone présente une façade côtière importante et il possède plusieurs îles en plein océan.
 

Les pays du Nord ont pris une longueur d'avance

Le temps presse et DCNS (groupe détenu à 75 % par l’Etat et 25 % par Thales) veut communiquer plus largement sur les projets qu’il a entrepris dans le dessein de constituer une filière nationale des énergies marines.
En matière d’énergie produite à partir de «l’or bleu», tout reste à faire, à commencer par des démarches visant à sensibiliser les pouvoirs publics au potentiel d’une telle filière. Les pays scandinaves, tout comme l’Angleterre et l’Allemagne, ont pris une bonne longueur d’avance par rapport à la France. Et les grands concurrents étrangers de DCNS dans la construction navale militaire s’avèrent eux aussi très actifs, à l’instar de l’américain Lockeed Martins, de l’allemand TKMS et du britannique BVT Surface Fleet. «Nous voulons tous prévenir le tassement attendu, à moyen terme, des ventes dans notre cœur de métier, la défense, étoffant nos compétences dans les énergies liées à la puissance du vent et des marées», signale Bernard Planchais, directeur délégué de DCNS. Le groupe naval s’enorgueillit d’être le seul au monde à investir dans les quatre systèmes de production d’énergies marines: les éoliennes flottantes, les hydroliennes, l’énergie thermique des mers et l’énergie de la houle. Pour l’instant, DCNS n’a pas créé de filiale spécialisée dans ces énergies du futur, les recherches en la matière étant assurées par une sorte de division appelée l’Incubateur.
Le budget des prototypes (démonstrateurs), tous systèmes confondus, est estimé à 400 millions d’euros.
 

Pôle de compétitivité en Bretagne

Rien que le prototype de centrale en grandeur réelle, pour le projet d’éoliennes offshore flottantes WINFLO au large de la Bretagne, exige 30 millions d’euros. Les dirigeants de DCNS ont confirmé qu’ils attendaient le déblocage de financements de la part de l’ADEME, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, dans le courant 2010, à hauteur de 30 % de la somme mentionnée. Labellisé par le Pôle de compétitivité Mer Bretagne, ce projet couve sous l’aile d’un consortium formé par DCNS, Nass&Wind Industrie, Saipem, In Vivo, l’Ifremer et l’Ensieta. De même, DCNS a lancé une étude sur une éventuelle centrale de 20 mégawatts (MW) au Raz Blanchard, dans la Manche, faisant appel à la force des courants. Un démonstrateur est prévu au plus tôt en 2013.

La Réunion a été retenue pour deux projets, l’un concernant l’énergie thermique des mers, avec la mise en œuvre d’une centrale pilote de 10 MW, l’autre concernant l’énergie de la houle.

"Nous réfléchissons avec EDF Energies"

«Nous sommes dans la phase initiale du bouillonnement des idées, avance Bernard Planchais. Notre objectif est de passer de l’expérimentation à la production dans quelques années.»
En coulisses, Frédéric Le Lidec, Directeur de l'Incubateur, murmure que si DCNS fera ses premières armes dans cette nouvelle filière en France, il aspire à prendre pied à l’étranger, par la suite.
Reste à savoir - autre grand point d’interrogation dans ce futur business -  comment se fera la commercialisation de l’énergie produite en pleine mer. «Nous sommes en train d’y réfléchir avec EDF», laisse entendre Bernard Planchais, qui déplore «la trop grande complexité des processus administratifs en France par rapport à d’autres pays.» «Nous avons besoin de savoir quels seront les tarifs appliqués et il faudra des aides financières complémentaires pour les raccordements, renchéris par le fait que ces centrales se trouvent en haute mer», conclut-il

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