Dassault présente sa voiture hybride à dominante électrique

A la veille du Mondial de l'Auto, Serge Dassault a présenté le 26 septembre une nouvelle génération de Cleanova, un véhicule qui se décline dans une version 100% électrique (batterie lithium-ion) et un modèle hybride (essence/électrique).

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Dassault présente sa voiture hybride à dominante électrique

A l'occasion du rendez-vous mondial de l'automobile, il présente la Cleanova Plus, un véhicule hybride (essence ou bioéthanol) à dominante électrique.

Un projet de véhicules propres que Serge Dassault couve depuis 2002, avec son complice Gérard Quéveau, le P-DG du groupe Henri Heuliez, au sein de la Société de véhicules électriques (SVE). Et qui regroupe également le fabricant de batteries lithium-ion Saft et le fabricant de moteurs électriques canadien TM4, dont le groupe Dassault détient 20 % du capital.

«Nous sommes à la pointe du progrès en matière de voiture propre. Dans le monde, personne ne fait mieux que nous», s'est réjouit l'avionneur, le 26 septembre. La version 100% électrique, conçue sur la base d'une Kangoo, parcourt plus de 200 kilomètres, dépasse les 100 kilomètres/heures en vitesse de pointe et bénéficie d'une batterie qui affiche une durée de vie de 8 ans (soit 150 000 kilomètres parcourus). Et arrivée à cet âge, la batterie possède encore 80 % de sa capacité.

Des performances qui séduisent. Depuis la fin septembre, 30 Kangoo électriques de démonstration mises au point par SVE sont testées par La Poste, EdF, ALD-Automotive (la filiale de gestion de flotte de la Société Générale), Véolia, Accor, des collectivités locales (Saint-Etienne)... Un programme d'expérimentation réalisé avec l'appui de l'Ademe (programme Predit) qui s'étalera jusqu'à la fin 2007.

Si les bons résultats que nous avons déjà enregistrés se confirment, on peut envisager que d'ici 5 à 6 ans nous aurons transformé notre parc de plus de 50 000 véhicules en tout électrique. » précisait au printemps Jean-Paul Bailly, le patron de La Poste, en réception deux Kangoo sur les huit testées par La Poste. Et Serge Dassault annonçait ce 26 septembre que La Poste pourrait passer commande avant la fin de l'année de quelques milliers de véhicules.

Mais si le marché des flottes captives, y compris celui des compagnies de taxis (20 000 à 30 000 véhicules) reste la priorité de l'industriel, il pourrait s'attaquer au marché du grand public vers 2010. Bien plus tôt que prévu.

Avec la Cleanova Plus présentée le 26 septembre, SVE espère en effet frapper les esprits. « A la différence des véhicules hybrides existants, comme la Toyota Prius, qui sont développés sur la base d'un moteur thermique, la Cleanova Plus est un véhicule hybride à prédominance électrique », précise Sébastien Rembauville, le directeur administratif et financier de SVE.

L'électricité du secteur est ainsi sa principale source d'énergie. En propulsion électrique, elle parcourt de 150 à 200 kilomètres sans aucune émission. Et lorsqu'elle dépasse les 110 kilomètres/heure, l'électronique bascule vers le moteur thermique (essence ou bio-éthanol) et propulse le véhicule jusqu'à 130 kilomètres/heures sur autoroute. Sans puiser dans la batterie. Il s'agit d'un petit moteur thermique, un bicylindre quatre temps de 750 cm3. L'ensemble (moteur électrique et thermique) développe une puissance de 100 kW et 130 chevaux.

« C'est l'avenir, s'enflamme Sébastien Rembauville. Par sa polyvalence, la Cleanova Plus s'adresse à un public très large. Elle peut servir pour les trajets quotidiens domicile/travail et avaler de longues distances à haute vitesse. »

Aujourd'hui, la Cleanova Plus est conçue sur la base d'une Scenic. « Notre système peut s'adapter sur des bases roulantes de 900 kilogrammes à plus de 2 000 kilogrammes », précise Michel Herchin, P-DG de SVE. Avec une hauteur de 50 cm et une largeur de 70cm, le système se glisse sous n'importe quel capot. Autre avantage : le système est d'une architecture simple. Il ne comprend pas, par exemple, de boîte de vitesses.

Une performance réalisée avec l'allemand Weber, un fournisseur du monde automobile, qui a adapté pour la circonstance un moteur thermique de scooter de mer de 40 kW ! Avec cet équipement éprouvé, SVE franchi un pas supplémentaire dans l'industrialisation de la Cleanova, qui sera assemblée sur le site de Heuliez à Cerizay (Deux-Sèvres). D'autant qu'un autre partenaire de SVE se met aussi en ordre de marche. JCS, la société commune entre Saft et Johnson Controls, vient d'annoncer la construction d'une usine de batteries lithium-ions à Nersac, en Dordogne. Un investissement de 20 millions de dollars. « Nous prendrons une décision dans les six mois pour être prêts à livrer des véhicules à la mi-2008 », explique Sebastien Rembauville.

D'ici là, si SVE a apporté la preuve que sa technologie tient la route, il lui faudra franchir le dernier obstacle : le surcoût des véhicules. Le prix des trente Kangoo expérimentales 100 % éllectriques avoisine les 150 000 euros l'unité. En passant à une production de 10 000 à 20 000 véhicules par an, le surcoût devrait se situer autour de 7 000 euros (le prix de la batterie) par rapport à un véhicule thermique.

Mais sur un marché français de la voiture électrique qui ne totalise que 10 000 véhicules depuis 1995, SVE sonde d'autres marchés : le système Cleanova s'adapte, par exemple, sur les minibus de 15 à 20 places, et d'autres destinations. SVE a noué ainsi des contacts avec des constructeurs américains et chinois et indiens.

Et les constructeurs français ? « Je ne comprends pas pourquoi les constructeurs d'automobiles n'ont pas encore lancé de voitures électriques, s'étonne Serge Dassault. C'est sûr, ils ont connu un mauvais départ dans les années 1990. Les constructeurs sont partis trop tôt. Il n'y avait pas de moteurs et de batteries performantes, ils ne pouvaient qu'aller au flop. Aujourd'hui, les technologies sont là. Mais cela demande un changement de culture. C'est comme dans l'aviation lorsque l'on est passé de l'avion à hélices à l'avion à réaction. Or les industriels sont très attachés à leur culture et ils s'accrochent à leurs outils de production. Moi, cela ne me gène pas. Je crois au véhicule électrique par respect de l'environnement et parce qu'elle répond à un besoin énorme. Dans 10 à 15 ans, il n'y aura plus que des voitures électriques dans les centres villes. »

Jean-Michel Meyer

A lire notre notre article « C'est enfin partie pour les voitures électriques » page 50 et 51, dans la prochaine édition de « L'Usine Nouvelle » à paraitre le jeudi 28 septembre


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