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Dassault, l’entreprise étendue en réseau

Olivier James

Publié le

Grâce à l’entreprise étendue, pas besoin d’être un mastodonte. Face à Boeing et Airbus, Dassault Aviation a opté pour une stratégie innovante : celle de l’entreprise étendue. Pour chacun de ses programmes, militaire et civil, le groupe s’entoure d’une constellation spécifique et temporaire de fournisseurs qui partagent la même base de données. Grâce à cette approche, il n’est pas utile de procéder à des fusions ou de créer des consortiums. "Cette répartition collaborative des tâches permet de réduire les besoins en nouvelle main-d’œuvre", précise Jérôme Camps, responsable technique au sein du bureau d’études de Dassault Aviation. Une approche ouverte de l’industrie que le groupe a su formaliser et généraliser ces dernières années.

Rouage central de cette organisation collaborative : la maquette numérique. Un outil précieux issu de la collaboration avec une autre filiale du groupe, Dassault Systèmes. Reposant en grande partie sur l’utilisation du logiciel phare Catia, elle a été employée pour la première fois en 1990 pour le Rafale, puis pour le Falcon 2000, le 7X, le Neuron, et aujourd’hui pour le Falcon 5X, le nouvel avion d’affaires de Dassault Aviation. Visualisation tridimensionnelle, gestion du cycle de vie… elle décrit chaque appareil dans les moindres détails.

La création d’un plateau virtuel en 2005, qui permet à tous les partenaires industriels d’accéder au partage de centaines de milliers de données de la maquette numérique depuis leurs propres bureaux, a ouvert la voie à la notion d’entreprise étendue. Chacun peut consulter, via le même environnement virtuel, les informations nécessaires à la production de tel ou tel élément de l’appareil en cours de réalisation. Une méthodologie industrielle qui doit vaincre les réticences nourries par certaines habitudes immuables… "Il faut parvenir à convaincre chaque fournisseur, un par un, de la nécessité d’adopter un outil numérique commun, affirme Jérôme Camps. Nous avons fait de cet outil un langage industriel universel." Un partage qui nécessite au passage une synchronisation permanente des bases de données.

Pour Dassault Aviation, l’effort d’évangélisation numérique s’avère payant. Certes, l’entreprise étendue exige une grande maîtrise des informations. Lesquelles sont nécessaires ? Des fournisseurs concurrents ont-ils accès aux mêmes données ? Comment encoder les informations ? Dassault Aviation a d’ailleurs fait appel à des hackers pour tester la fiabilité de son système de partage de données. Une sécurisation d’autant plus nécessaire que l’entreprise étendue ne cesse… de s’étendre. Peu à peu, les centres de maintenance agréés par Dassault Aviation l’intègrent dans leur système. Mais à l’heure où la nécessité de respecter les budgets et les délais n’a jamais été aussi pressante dans le secteur aéronautique, le groupe est formel : la mise en œuvre du concept d’entreprise étendue permet d’honorer les commandes sans dépasser les limites. D’une certaine manière, cela revient à s’organiser en coentreprise virtuelle au gré des programmes, tout en respectant l’identité de chacun des partenaires. Une sorte de pragmatisme industriel en somme.

O. J.

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