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Dassault et l’Etat se neutralisent et nomment un patron par intérim chez Thales

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Philippe Logak, secrétaire général du groupe d’électronique de défense et civile Thales, accède au poste de PDG, faute d’accord entre les deux actionnaires principaux.

Dassault et l’Etat se neutralisent et nomment un patron par intérim chez Thales

Un non-choix. Ou un choix par défaut. Dans un communiqué laconique, le groupe Thales a annoncé ce jeudi 27 novembre la nomination, suite au départ de Jean-Bernard Lévy à la tête d’EDF, d’un PDG par intérim "jusqu’à la décision définitive"… L’heureux élu, comme l’évoquait la rumeur depuis quelques jours, est Philippe Logak, jusqu'alors secrétaire général du groupe d’électronique de défense et civile.

Ingénieur de l’armement, diplômé de Polytechnique et de l’Ecole des Mines de Paris, Philippe Logak (46 ans) a rejoint Thales en 2013. Il était auparavant secrétaire général de SFR. Il a démarré sa carrière comme ingénieur chez Peugeot en 1992, avant de rejoindre la banque Banexi. Il est également passé par la Direction générale de l’Armement comme adjoint du directeur du programme des sous-marins nucléaires (SNLE). Il a été Maître des requêtes au Conseil d'Etat et est passé par le cabinet d'avocats Bredin Prat de 2003 à 2005, avant d'être nommé sous-directeur du droit public et international à Bercy. En 2007, il devient conseiller au cabinet de Jean-Louis Borloo et Christine Lagarde à Bercy, en charge des questions juridiques et de la Défense. Puis il sera directeur-adjoint du cabinet de Rachida Dati alors Garde des sceaux, entre 2008 et 2010.

Mésentente

L’Etat (26,39 % du capital) et Dassault (25,30 %) n’ont donc pas réussi à départager leurs poulains respectifs : le premier actionnaire soutenait Patrice Caine, bras droit de Jean-Bernard Lévy depuis deux ans, en charge des opérations et de la performance ; le second misait plutôt sur Pierre-Eric Pommelet, en charge des systèmes de mission de défense. Initialement prévu ce lundi 24 novembre, le conseil d’administration censé nommer le successeur de Jean-Bernard Lévy a été repoussé deux fois. Un signe de la mésentente des principaux propriétaires du groupe.

L’indécision risque de paralyser le groupe alors que certains contrats majeurs, notamment celui du Rafale en Inde, dont Thales est le principal équipementier, sont en cours de négociation. Elle risque de raviver les tensions en interne, à l’image de celles qui avaient prévalu dans la foulée du départ de Luc Vigneron, le prédécesseur de Jean-Bernard Lévy. Pas sûr qu’il y ait une trêve des confiseurs chez Thales cette année…

Patrick Déniel

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