Quotidien des Usines

Dans un trou d’air jusqu’en 2011, Latécoère fait fondre ses effectifs

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Confronté à la chute des cadences chez Embraer et Dassault, aux retards du Dreamliner de Boeing, l’équipementier aéronautique anticipe désormais une chute de 25 % de ses ventes 2009. Prévoyant seulement une stabilisation pour 2010, Latécoère compte réduire ses effectifs de 1 000 personnes sur l’année en cours.

Dans un trou d’air jusqu’en 2011, Latécoère fait fondre ses effectifs © DR

Les entreprises citées

Dans le sillage du nouveau retard du 787 Dreamliner de Boeing et des réductions de cadences accentuées par Embraer, Latécoère ajuste ses objectifs à la baisse. L’équipementier toulousain table désormais sur une chute d’environ 25 % de son chiffre d’affaires 2009 (hors éléments exceptionnels), contre -20 % anticipés précédemment. Et ne prévoit pas de reprise avant 2011, seulement une stabilisation pour l’année prochaine.

Du coup, le groupe présidé par François Bertrand va poursuivre ses réductions d’effectif, « sans plan social, ni licenciements. Les salariés français en CDI ne sont pas concernés. » Au premier semestre, la baisse globale des effectifs a touché 600 personnes, soit des intérimaires, des emplois chez les prestataires de services, mais aussi 50 CDD non renouvelés dans l’Hexagone et 150 CDI supprimés à l’étranger. L’équipementier estime que son effectif comptera 1 000 personnes en moins à fin 2009, sur les 5 300 qui travaillaient pour le groupe début 2008. « Cela devrait générer une économie d’une vingtaine de millions d’euros en 2010 », estime son directeur général Bertrand Parmentier.

Réorganisation industrielle

Le plan de réduction des dépenses comporte également un volet industriel. Le groupe va passer de quatre à trois sites sur Toulouse et sa région. En bordure de l’aéroport de Blagnac, l’usine de Cornebarrieu a vu sa production transférée sur les autres sites, ne conservant plus que son activité de maintenance. En vue de réduire les cycles de production, les autres usines sont désormais spécialisées : Périole a en charge l’assemblage des portes et Givrant celui des fuselages. Les investissements dans l’appareil de production sont gelés, excepté ceux concernant le système informatique de production. Malgré la sévérité de la crise, Latécoère indique avoir tenu à protéger ses sous-traitants. « Nous n’avons pas voulu récupérer une partie de la charge industrielle confiée à nos partenaires pour ne pas les fragiliser en vue de la reprise », souligne François Bertrand.

Pour le compte du premier semestre, Latécoère a publié fin juillet un chiffre d’affaires en recul de 19,7 % sur un an, à 238,6 millions d’euros, en raison principalement de la diminution des cadences chez le Brésilien Embraer et le Français Dassault Aviation. La comparaison avec le premier semestre 2008 était aussi particulièrement défavorable, puisque la croissance avait atteint 17 %. « Notre activité avec Airbus, qui compte pour plus de la moitié de notre chiffre d’affaire, résiste bien. L’autre moitié en relation avec les avions d’affaires et régionaux a été divisée par deux », précise le président du directoire.

Malgré un bénéfice opérationnel (Ebit) en chute de 37,8 %, à 6,9 M€, le résultat net affiche une hausse de 14,1 %, à 9,7 M€. Cette situation s’explique par un résultat financier de 6,4 M€, contre 1,4 M€ un an plus tôt. Le résultat opérationnel plie sous le double impact de couvertures de changes moins favorables (- 11 M€) et du décalage entre la baisse brutale d’activités au deuxième trimestre et les effets des mesures d’adaptation adoptées (effectifs et rationalisation industrielle). Comme annoncé, la hausse des en-cours fait bondir l’endettement net consolidé de 36 à 373 M€, en raison de l’intervalle entre la chute d’activité et ses répercutions sur la supply chain, des nouveaux délais de paiement fournisseurs (loi LME) et du énième retard du Dreamliner. Sur ce dernier point, François Bertrand a indiqué qu’il négociait avec Boeing d’éventuelles pénalités de retard (voir encadré).

Point de vue commandes, Latécoère, à qui Aérolia vient de confier un sous-ensemble de la pointe avant de l’A350, affiche un carnet à 2,275 milliards d’euros, ce qui représente plus de quatre années de chiffre d’affaires. De quoi voir venir, malgré tout.

Hassan Meddah & Matthieu Maury

Latécoère veut des dédommagements de Boeing

Latécoère pâtit du report par Boeing de son Dreamliner 787 pour lequel il fournit les huit portes passagers. Suite au nouveau retard du programme, le président du directoire a entamé des négociations avec l’avionneur américain qui incluent une possibilité de dédommagements. « Au lieu de livrer la vingtaine de jeux de portes initialement prévus, nous en livrerons que quatre ou six en 2009, et une vingtaine seulement l’année prochaine. Nous avons en stock une trentaine de jeux de portes », précise François Bertrand.

H.M.

 

 

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