Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

Dans un marché atone, Airbus Helicopters mise sur le numérique

Olivier James , , , ,

Publié le

En 2017, Airbus Helicopters affiche des livraisons et des commandes en baisse par rapport à 2016. Alors que le marché devrait rester stable, le groupe mise sur le numérique pour assurer sa croissance.

Dans un marché atone, Airbus Helicopters mise sur le numérique
Ligne d'assemblage d'Airbus Helicopters à Marignane.

La crise s'installe. Lundi 22 janvier, Airbus Helicopters a affiché pour 2017 des résultats commerciaux qui témoignent de la persistance de l’atonie du marché des hélicoptères, plombé en particulier par le secteur pétrolier et gazier. L’an dernier, le groupe a livré 409 appareils, contre 418 en 2016. C’est plus qu’en 2015 (395 appareils), mais bien moins qu’en 2014, avec 471 hélicoptères livrés. En termes de commandes, Airbus Helicopters a engrangé 335 commandes nettes en 2017, à comparer aux 353 commandes de 2016. Des résultats qui expliquent la diminution de son carnet de commandes, passé de 766 appareils en 2016 à 692 en 2017.

Reste qu’Airbus Helicopters maintient sa position de leader pendant la tempête dans le domaine civil et parapublic : l’entreprise revendique 50% de parts de marché, loin devant ses deux principaux concurrents Bell (18%) et Leonardo (17%). En 2016, Airbus Helicopters prétendait représenter 46% parts de marché. Alors que ses concurrents ont supprimé des milliers d’emploi face à aux difficultés du marché, Airbus Helicopters a minimisé l’impact social avec un plan de départs volontaires sur la période 2017/2018 de 582 personnes en France (à Marignane et Dugny), sur un effectif hexagonal de 9200 salariés (et 21000 niveau monde). Il faudra attendre mi-février, avec l’annonce des résultats financiers du groupe Airbus et de ses trois branches, pour savoir si Airbus Helicopters a réussi à maintenir sa compétitivité malgré la faiblesse des  commandes.

La production de pales modernisée

Dans ce contexte peu porteur, comme en témoigne l'abandon du projet X6 qui devait succéder au Super Puma, Guillaume Faury, le pdg d’Airbus Helicopters qui prendra la tête de la branche aviation commerciale d’Airbus au mois de février, martèle le rôle stratégique que doit jouer selon lui le digital. Alors qu’il ne s’attend pas à un redressement significatif du marché avant de nombreuses années, les outils numériques dans toutes les strates de l’entreprise doivent permettre de gagner en compétitivité. Guillaume Faury a notamment appuyé depuis son arrivée en 2013 la digitalisation de la chaîne d’assemblage à Marignane (Bouches-du-Rhône) des H125 et des H130. Les outils numériques de pilotage industriel ont vocation à être généralisée pour les autres lignes, en particulier celle du dernier-né, le H160.

Dernière illustration en date avec le site de Dugny (Seine-Saint-Denis) : inauguré en décembre 2017, il témoigne de la modernisation de la production des pales d’hélicoptères, jusque-là assurée de manière presque artisanale par l’usine de la Courneuve située à quelques encablures. La robotisation des procédés va être réalisée progressivement au sein de cette implantation capable de produire environ 5000 pales par an. Objectif : une baisse de coûts de 15%. Cette digitalisation de la production risque-t-elle de diminuer le nombre d’emploi ? "Je ne sais pas, concède Guillaume Faury. Mais ceux qui seront capables de capitaliser sur leurs compétences et de travailler avec les outils numériques continueront de trouver leur place dans cette industrie".

L'avènement des taxis volants

Airbus Helicopters compte également renforcer encore son activité de services, lesquels représentent déjà environ la moitié de son chiffre d’affaires à l’image des principaux motoristes de l’aviation commerciale tenus pour être des pionniers en la matière. L’électrification et l’autonomisation progressive des hélicoptères devraient multiplier les opportunités sur le terrain des services. Appareils connectés, documentation numérique, interface pour la maintenance, exploitation des données de vol… Ce qui va de pair avec l’amélioration de l’avionique des hélicoptères. Le groupe va annoncer le mois prochain une modernisation des H125 à ce sujet. Quant au démonstrateur d'hélicoptère ultra rapide dénommé Racer, présenté lors du dernier salon du Bourget, il repose en partie sur une propulsion plus électrifiée. Le premier vol est attendu pour 2020.

Mais Guillaume Faury mise aussi sur l’essor de nouveaux mode de transport, souvent appelés taxis volants. Si Airbus Helicopters continue le développement de CityAirbus qui devrait effectuer son premier vol cette année, le groupe croit beaucoup également dans son application Voom : testée à Sao Paulo (Brésil), elle permet de commander des vols d’hélicoptères. Et Guillaume Faury en est convaincu : l’équilibre économique pour les nouvelles solutions de mobilité urbaine peut être trouvé dans la décennie à venir. Reste à savoir si ces nouveaux engins représenteront à terme une part significative du chiffre d'affaires.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle