Dans les usines Toyota au Japon, les robots commencent à être remplacés... par des humains
Toyota fait entendre un son de cloche différent de ses concurrents sur l'automatisation des lignes de production. Le constructeur nippon veut réintroduire de l'humain et du "manuel" dans ses processus de fabrication, rapporte Bloomberg.
Le Japon, l'un des pays les plus robotisés du monde, s'apprête-t-il à faire marche arrière sur l'automatisation ? On n'en est pas encore là. Mais Toyota, dont les méthodes de production font référence, s'interroge sur la place de l'humain dans ses usines. Selon Bloomberg, qui consacre un article au phénomène, le constructeur japonais veut valoriser l'apprentissage, l'expérience, la transmission, autant que l'intelligence des ordinateurs et le big data. Pour Mitsuru Kawai, chargé de promouvoir les savoir-faire au sein de l'entreprise, "nous devons revenir aux bases, nous appuyer sur nos capacités manuelles et les développer". "Quand j'étais novice, des travailleurs expérimentés étaient appelés 'Dieux', et pouvaient tout faire", ajoute ce vétéran de la société, devenu un "Dieu" ("Kami-sama" en japonais) à son tour.
les ouvriers, ces artisans
Pour Jeff Liker, qui a consacré huit livres aux méthodes de production chez Toyota, "la marque voit ses salariés comme des artisans qui ont besoin d'affirmer leur art et de développer leur niveau de compétences. Dans n'importe quelle autre société, le job d'un ouvrier est d'assembler une partie d'une machine et d'appeler quelqu'un d'autre quand il y a de la casse".
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"Apprendre à construire un véhicule de zéro donne aux jeunes travailleurs de la perspicacité qu'ils ne pourraient acquérir en appuyant simplement sur un bouton", analyse Bloomberg. Toyota a développé 100 espaces de travail "manuel" dans ses usines ces trois dernières années où les leçons apprises ont permis de reprogrammer les machines, éliminer les gaspillages et améliorer les processus, juge Mitsuru Kawai.
dominer la machine
Il ne s'agit pas de remplacer les robots. "Mais on ne peut pas non plus dépendre de machines qui ne font que répéter les mêmes tâches encore et encore", résume Kawai. "Pour être maître de la machine, il faut avoir les connaissances et compétences nécéssaires pour la dominer, la programmer". Ce retour aux sources aussi une réponse à la vaste vague de rappels subie par Toyota en 2008, lorsque le moteur du constructeur, en croissance exponentielle, s'est emballé.
Lire "Gods make comeback at Toyota as humans steal jobs from robots" sur le site de Bloomberg
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