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L'Usine Agro

Dans le ventre de la plus grande sucrerie du monde

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Reportage La campagne sucrière bat son plein et l'usine Tereos de Connantre (Marne) engloutit 22 500 tonnes de betteraves chaque jour. Douze heures plus tard, elles sont transformées en sucre.

Les camions se succèdent à un rythme effréné à l'entrée du géant d'acier fumant. Toutes les 90 secondes, un 44 tonnes pénètre dans l'usine Tereos de Connantre (Marne), qui domine la campagne champenoise. Six jours par semaine, entre fin septembre et début janvier, la plus grande sucrerie de betteraves au monde avale 22 500 tonnes de racines arrachées dans un rayon de 45 kilomètres. Bon an mal an, Connantre produit quelque 275 000 tonnes de sucre blanc, qui seront vendues sous la marque Béghin Say. Le processus de transformation de la betterave en sucre dure douze heures.

Une fois pesés, les camions se dirigent vers l'un des huit quais de déchargement. D'un coup, les portes s'ouvrent, laissant s'échapper dans un vacarme assourdissant plusieurs tonnes de betteraves. Elles sont lavées quelques mètres plus loin dans des tambours de cinq mètres de diamètre, avec de l'eau récupérée des process de transformation. Circulant sur des convoyeurs fermés, elles migrent ensuite vers le bâtiment dit de « diffusion ». Dans une atmosphère sombre et humide, aux odeurs mêlées de sucre et de terre mouillée, d'énormes trémies alimentent des outils de coupe qui débitent les betteraves en frites fines, les cossettes. « Cette forme permet une meilleure diffusion du sucre dans l'eau, explique Hugues Maquin, le directeur de l'usine. Les jeux de couteaux sont réaffûtés deux fois par jour en moyenne, du fait de leur utilisation intensive. » Acheminées par trois diffuseurs horizontaux, les cosettes progressent pendant environ une heure dans un contre-courant d'eau chaude. Le jus obtenu, qui contient 17% de sucre, est passé au lait de chaux. Cette phase d'épuration piège les impuretés qui précipitent par injection de gaz carbonique.

Hausse de rendements

Un jus clair, de couleur jaune paille, subsiste avant de passer dans des évaporateurs pour être concentré à 70% d'extrait sec. Ce sirop est transféré vers l'atelier de cristallisation. Les odeurs ont disparu, remplacées par une chaleur dépassant les 30 °C à hauteur des cuves de 650 hectolitres. Le sirop cuit à 80 °C pendant plus de deux heures. Les rares opérateurs présents se tiennent au frais dans la salle de contrôle. Là, ils vérifient le bon déroulement des opérations. Pour permettre la cristallisation du sirop, l'un d'entre eux ajoute une « semence », de fins cristaux de sucre de 10 microns. Une fois la cuisson terminée, le sucre obtenu est séché dans de grandes centrifugeuses, puis acheminé par convoyeur au conditionnement, sous la forme de « big bags », qui approvisionneront les usines en produits finis. Le reste du sirop repart pour une seconde cristallisation.

« Le sucre de betteraves est naturellement blanc, souligne Hugues Maquin. Il n'a pas besoin d'être raffiné comme le sucre de canne, produit essentiellement dans l'hémisphère sud. » Il reste pourtant plus cher à produire, d'environ 30% à ce jour, mais l'écart se réduit chaque année. La filière mise sur les économies d'énergie et sur la génétique. Un travail sur le génome de la betterave a été engagé pour détecter les gènes de résistance aux maladies et au gel notamment. « Nous gagnons environ 2% de rendement chaque année », se félicite Hugues Maquin. Les exploitations françaises enregistrent le plus haut rendement en Europe, avec une moyenne de 89,1 tonnes de betteraves par hectare. En 2020, le coût de production du sucre de betteraves devrait rejoindre celui du sucre de canne. D'ici là, les sucriers français espèrent que l'Europe n'aura pas aboli son « régime sucre », qui régule à la fois la production et les importations. Sans quoi, la filière betteravière pourrait ne pas résister à l'ouverture des frontières...

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