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L'Usine Aéro

Dans le spatial, la concurrence fuse de tous les côtés

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Les constellations de satellites créent un appel d’air pour les lanceurs. Les projets se multiplient. Pour rester en orbite, une seule solution : se différencier.

Dans le spatial, la concurrence fuse de tous les côtés
Avec ses lanceurs GSLV (photo) et PSLV, l'Inde voudra sa part de marché du spatial
© Isro

La situation est inédite. Jamais autant de projets de nouveaux lanceurs n’avaient été annoncés en si peu de temps. Si les Européens veulent conserver leur leadership mondial en misant sur le premier vol d’Ariane 6 dès 2020, les autres puissances spatiales ne sont pas en reste. Les États-Unis demeureront un concurrent redoutable. Avec son lanceur réutilisable Falcon 9, SpaceX est l’arbre qui cache la forêt. Blue Origin, fondé en 2000 par Jeff Bezos, le patron d’Amazon, prévoit bien plus que de simplement transporter des touristes dans l’espace. La société travaille sur un lanceur capable d’emporter 20 tonnes en orbite géostationnaire à l’horizon 2020. La coentreprise United Launch Alliance, associant Boeing et Lockheed Martin, veut se relancer sur le marché civil grâce à sa fusée Vulcan, 100 % américaine, qui ambitionne d’être moins chère que celle de SpaceX. De son côté, après des échecs à répétition ces dernières années, l’industrie spatiale russe se prépare à un double come-back. Elle a décidé d’adapter le lanceur Proton, concurrent d’Ariane 5, à des lancements sur mesure en fonction de la masse des satellites. Elle compte aussi sur la nouvelle famille de lanceurs Angara. Quant aux Chinois et Japonais, ils prévoient également de renouveler leurs offres.

Autre acteur émergent dans ce domaine, l’Isro, l’agence spatiale indienne, poursuit sa montée en puissance. « Les Indiens maîtrisent l’ensemble des technologies pour concevoir un lanceur. Ils ont réalisé d’énormes progrès dans les domaines de la propulsion, aussi bien à poudre que cryogénique. Ils sont déjà dans une phase d’industrialisation », estime Jean-Marc Astorg, le directeur des lanceurs pour le Centre national d’études spatiales (Cnes). Dans leurs cartons : le lanceur GSLV-Mark III, capable d’emporter 4 tonnes de satellites en orbite géostationnaire.

Comment expliquer un tel engouement pour les lanceurs ? La demande pour mettre en orbite des satellites pourrait exploser. Les constellations de satellites promettant de connecter entreprises et particuliers sur toute la surface du globe créent un appel d’air sans précédent. Sans parler des nouveaux usages, comme la connectivité à bord des avions, les nouveaux services d’observation de la Terre… OneWeb, fondé par le milliardaire américain Greg Wyler, prévoit de mettre 950 satellites en orbite basse pour offrir des services d’accès à internet au plus grand nombre. SpaceX envisage de lancer une offre concurrente avec… 4 425 satellites.

Une guerre des prix inévitable

L’industrie spatiale bascule dans une autre dimension. « Nous anticipons un marché traditionnel de 1 450 satellites pour les dix années à venir. Si l’on y ajoute les satellites de moins de 50 kilos et les deux constellations OneWeb et SpaceX, le marché croît fortement, à 9 000 satellites », explique Rachel Villain, experte sur les questions spatiales chez Euroconsult. De quoi appâter les industriels. Arianespace a remporté, en juin?2014, le plus gros contrat de son histoire, avec le lancement des 650 satellites OneWeb. Soit un montant de plus d’un milliard de dollars pour 21?lancements avec la fusée Soyouz ! « Tous ces projets de constellations verront-ils le jour ? », s’interroge un expert, rappelant que le secteur avait connu pareil engouement dans les années 1990. Globalstar, Teledesic, Iridium promettaient de révolutionner la téléphonie mobile grâce aux satellites. Mais la plupart de ces projets ont viré au fiasco financier ou ont été redimensionnés.

La donne semble avoir changé. OneWeb a levé, en décembre dernier, 1?milliard de dollars auprès du groupe de télécommunications Softbank. De quoi crédibiliser le projet. À tel point que son fournisseur de satellites, Airbus Defence & Space, va démarrer cette année à Toulouse la production des mini-satellites prototypes. Comment se différencier alors ? La guerre des prix entre lanceurs paraît inévitable. Tous s’y préparent. Avec des coûts divisés par deux, Ariane 6 donne les moyens à l’Europe de défendre son leadership commercial. En pariant sur la réutilisabilité de ses fusées, SpaceX espère réaliser des économies de l’ordre de 30 %. « On refuse la course à l’échalote. Ce qui fonctionne a un coût. Et ce qui a un coût a un prix », rappelle Stéphane Israël, le PDG d’Arianespace. En 2016, Arianespace a été le seul acteur à respecter ses engagements avec 11 tirs réalisés, alors que ses concurrents ont enregistré de sérieuses défaillances. Une fiabilité qui s’est avérée payante. 

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