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L'Usine Maroc

Dans le désert marocain, GDF-Suez et Nareva lancent l'exploitation du parc éolien de Tarfaya au taux de charge record

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D'une capacité de 301 MW, le parc éolien de Tarfaya dans le sud du Maroc est le plus grand d'Afrique. Développé par Gdf-Suez et Nareva Holding, il bénéficie d'un des taux de charge les plus élevés au monde grâce aux alizés.

Dans le désert marocain, GDF-Suez et Nareva lancent l'exploitation du parc éolien de Tarfaya au taux de charge record
Le taux de charge des éoliennes de Tarfaya au Maroc devrait s'élever à 45%, un des plus élevés au monde
© dr

Entre Atlantique et désert, dans le sud marocain le parc éolien géant de Tarfaya est désormais opérationnel. C’est ce qu’ont annoncé le 12 décembre les partenaires du projet, le français Gdf-Suez et le marocain Nareva Holding réunis dans la société à 50-50 TAREC (Tarfaya Energy Company)

Ce parc, actuellement le plus gros d’Afrique est entré en service commercial le 8 décembre. Comme l’avait indiqué alors L’Usine Nouvelle, les premiers raccordements de l’installation qui s’étend sur une zone de 8 900 hectares avaient eu lieu fin mars.

"La construction du parc a débuté en janvier 2013 et la mise en service a commencé en juin 2014, par tranches de 50 MW. Il sera opéré par TAREC", indique GDF-Suez dans un communiqué.

L’installation d’une puissance totale de 301 MW se compose de 131 turbines Siemens SWT-2.3-101 de 2,3 MW chacune. Le diamètre de chaque éolienne est de 131 mètres. Cette capacité de 301 MW équivaut à 15% de l’objectif de 2 GW que s’est fixé le royaume chérifien en matière de développement éolien. Et pour une partie à l’objectif du Maroc d’atteindre 42% des capacités électriques installées d’origine renouvelable d’ici à 2020 grâce aussi à des projets dans le solaire à concentration (centrale Noor).

Le partenaire de Gdf-Suez sur Tarfaya est le groupe Nareva créé par la holding de la famille royale du Maroc SNI pour se développer sur le marché de l’énergie. Initialement Nareva, présidé par Ahmed Nakkouch,  s'était associé avec International Power en 2009. Depuis, ce groupe britannique a été racheté par Gdf-Suez. Nareva a aussi réalisé pour son compte propre plusieurs parcs éoliens dans le royaume dont celui d'Akhfenir à 100 km de Tarfaya et qui va être prochainement étendu.

Le charbon aussi
La capacité électrique installée au Maroc reste assez modeste de l’ordre de 7GW pour 33 millions d’habitants (en France 130 GW pour 65 millions  d’habitants). Mais la demande progresse de 4 à 6% par an. Pour suivre celle-ci, d’importants investissements de capacité sont en cours ou viennent d’être réalisés. Les plus gros sont réalisés dans le charbon (qui doit être importé) à savoir d’une part l’extension de 2x350MW de la centrale Taqa Maroc (ex-JLEC) à Jorf Lasfar et la construction prochaine de la centrale à charbon de Safi (1 300MW) par une JV GDf-Suez et Nareva. Le Royaume s’est aussi fixé un objectif de 42% de sa capacité en renouvelable (éolien, solaire, hydro) mais à horizon prévisible du fait de leur caractère intermittent ou aléatoire (pluies) ces énergies vertes devraient peiner à contribuer à plus de 10% de la demande électrique finale. POR

Outre le parc de Tarfaya Gdf-Suez et Nareva sont partenaires, toujours à 50-50, sur un projet électrique majeur, la future centrale à charbon de Safi au sud de Casablanca. Un projet à 2,3 milliards de dollars pour 1 386 MW de capacité, réalisé par Daewo et qui a été lancé en septembre.

pas de tarif de rachat

Tarfaya, petit port de pêche atlantique, est aussi connu pour avoir été une escale régulière de l’aviateur Saint-Exupéry dans les liaisons aéropostales vers Dakar notamment. Mais la particularité principale du site est un taux de charge éolien qui devrait rivaliser avec les meilleurs niveaux mondiaux, de l’ordre de 45% comparable aux champs offshore danois ou des Shetlands.

Cette performance est à mettre au compte du régime régulier des alizés qui soufflent venant du nord-ouest sur cette région désertique, rafraichissant aussi les températures. C’est là un facteur clé de l’équation économique du projet car il n’existe pas de tarif de rachat de l’électricité d’origine renouvelable au Maroc.

L’électricité produite à Tarfaya sera intégralement revendue à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) dans le cadre d’un contrat "Build, Own, Operate and Transfer" (BOOT) sur 20 ans. Le prix de rachat n'a pas été communiqué par GDF-Suez.

L’investissement total représente environ 450 millions d’euros à 20% en fonds propres (à parité des deux partenaires) et 80% par des dettes.Le financement par emprunt qui avait été finalisé en décembre 2012 est assuré en dirhams par un consortium de trois banques marocaines (Attijariwafa, BCP et BMCE).

Quant au Maroc, où une dizaine de parcs existent déjà (ONEE, Edf, Lafarge, Ciments du Maroc...) , il n'en a pas fini avec les projets éoliens. L'ONEE est en phase d'examen d'un appel d'offres qu'il a lancé pour un "Projet éolien intégré" de 850 MW comprenant cinq sites repartis dans le royaume.

L'un des enjeux pour le pays à cette occasion sera d'essayer de constituer une filière industrielle, car au grand dam des entreprises marocaines, l'essentiel des composants à Tarfaya ou dans les autres projets de ce type reste importé.
Pierre-Olivier Rouaud

 

Localisation de Tarfaya


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