Dans le creux de la vague

Les titres du secteur pâtissent de la hausse des taux. Et l'e-commerce n'est pas encore un levier de la croissance boursière.

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Dans le creux de la vague

L'heure n'est pas favorable aux valeurs de la distribution spécialisée. Le premier trimestre est traditionnellement la période la plus creuse de l'année pour les achats en équipement des ménages. Aussi, le renchérissement du crédit à la consommation accable ces titres. JP Morgan rappelle que la valorisation du secteur est " hautement corrélée aux taux d'intérêt à court et long termes ". Un éventuel retour de l'inflation pourrait également porter préjudice aux dépenses des ménages. Les promesses de l'e-commerce Un nouveau paramètre occupe une place grandissante dans la définition des stratégies d'investissement : le positionnement des différents distributeurs à l'égard du commerce électronique. Pour Morgan Stanley Dean Witter, le retard accumulé a placé jusqu'ici la distribution spécialisée européenne " parmi les secteurs les plus endommagés " par l'essor des ventes en ligne. Il est donc logique que les analystes privilégient les quelques rares groupes qui ont déjà misé sur le réseau mondial. Parmi eux, en dépit de son niveau élevé de valorisation, Pinault-Printemps-Redoute (- 16,3 % ; P/E 2000 : 37) occupe une place de tout premier ordre. Lors de la publication des ventes 1999 du groupe de François Pinault, Pinatton a noté " le dynamisme de l'activité Internet, qui dégage un chiffre d'affaires quadruplé par rapport à 1998 ". ABN-Amro, qui s'attend à " de nouvelles annonces de partenariat en termes de contenus " dans le commerce électronique, va dans le même sens. Néanmoins, la banque néerlandaise déplore trois points : PPR accuse un ralentissement des ventes de la Fnac (14 % des ventes consolidées), le chiffre d'affaires de sa filiale Internet Redcats (24 % des ventes consolidées) stagne, et l'activité en 2000 présente une visibilité insuffisante. Même avis chez Credit lyonnais Securities Europe. La banque du boulevard des Italiens fait montre de prudence à l'égard du développement de PPR sur le réseau mondial. Elle prévoit une augmentation limitée de la marge opérationnelle de la Fnac et pronostique, pour la division nouvelles technologies, une perte supérieure à 15 millions d'euros en 2000. L'opinion généralement positive sur PPR touche aussi sa filiale de fournitures de bureau Guilbert (- 5,5 % ; P/E 2000 : 18). La société, cible d'une OPA réussie de la maison mère au dernier trimestre de 1999, table sur une progression à deux chiffres de ses ventes en 2000. Et ce grâce aussi aux acquisitions récemment annoncées. Moins positif est en revanche le jugement des bureaux d'études vis-à-vis de la filiale de PPR Rexel (- 7,9 % ; P/E 2000 : 21), leader mondial de la distribution de matériel électrique. Pour Aurel Leven, " les perspectives de croissance du distributeur électrique sont faibles, et l'essentiel de la croissance réside dans les opérations de croissance externe, ce qui ne donne que peu de visibilité sur les résultats ". Kingfisher : le retour ? Le britannique Kingfisher (- 33 % ; P/E 2000 : 20), détenteur du spécialiste du bricolage Castorama (- 23,8 % ; P/E 2000 : 28), crée un large consensus d'opinions à l'achat. Ayant encaissé une forte décote en 1999, après " l'échec Asda, les doutes stratégiques et la désaffection des investisseurs pour la distribution anglaise ", explique Tanguy Faure-Jarrosson, de CDC Bourse, l'action du groupe britannique est actuellement très bon marché. L'analyste de CDC Bourse chiffre à " plus de 25 % " son potentiel de hausse. Par ailleurs, la nouvelle stratégie du groupe (création d'une structure unifiée des achats en Europe ; mise en place de rapports directs avec les fournisseurs ; lancement de plusieurs marques maison dans l'électroménager) a été plutôt bien reçue. La réalisation de ce plan devrait permettre au groupe de réaliser des économies de l'ordre de 90 millions de livres par an à partir de 2003-2004. La valeur est également la cible d'achats spéculatifs après les rumeurs - démenties officiellement - d'une fusion avec le grossiste allemand Metro (- 25,8 % ; P/E 2000 : 45).

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