"Dans l'éolien la dynamique est très forte", se félicite Luc Themelin, président du directoire de Mersen

Réalisant plus de 90% de ses ventes hors de France et quadrillant le monde industriel avec ses équipements de production et ses composants pour l’énergie, Mersen affiche un bilan contrasté pour 2015. Si la faiblesse de la chimie mondiale tire encore le chiffre d’affaires vers le bas (hors effets de change), le champion des niches à haute valeur ajoutée peut se targuer de progressions à deux chiffres dans l’électronique, les énergies renouvelables et l’aéronautique. Luc Themelin, président du directoire, décrypte pour L’Usine Nouvelle les résultats de son entreprise.

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Luc Themelin - Crédits S. Toubon

L'Usine Nouvelle - Quel bilan dressez-vous de l’activité de Mersen en 2015 ?

Luc Themelin - Notre chiffre d’affaires a baissé de 2,2 % en organique dans un environnement économique peu favorable, même si avec les effets de change, nos ventes affichent + 6,4 %, à 772 millions d’euros. C’est notre activité dans la chimie qui nous tire vers le bas. Hors chimie, nous réalisons une progression organique d’environ 1%. Avec, pour l’ensemble, une marge opérationnelle de 7,5%.

Quel est le problème dans la chimie ? Perdez-vous des parts de marché ?

Nous ne perdons pas de parts de marché, nos concurrents sont face au même problème : la chimie de spécialités est en situation de surcapacité mondiale et investit moins dans les équipements de production que nous lui fournissons. Cela dure depuis deux ans, notre chiffre d’affaires pour la chimie a perdu 21% cette année.

D’autres secteurs d’activité compensent…

La grosse moitié de notre activité, dans les procédés industriels avec les équipements de traitement thermique notamment, reste stable depuis trois ans. Nous avons en revanche des croissances à deux chiffres dans trois grands blocs d’activité : les semi-conducteurs avec notamment des substrats et supports pour la fabrication des microprocesseurs, mémoires, LED… L’aéronautique, avec des pièces critiques pour les parties chaudes des moteurs, notamment du Rafale et des fours pour fabriquer les aubes. Nous enchaînons aussi contrat sur contrat dans le spatial avec les éléments en carbure de silicium de Mersen Boostec. Troisièmement : les énergies renouvelables.

Vous avez réalisé jusqu’à 110 millions de ventes dans le solaire en 2011 avec vos pièces de graphite pour fours à silicium, où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous avions atteint notre plus-bas en 2013 avec 24 millions d’euros, nous en sommes aujourd’hui à 35 millions de ventes. Nous croissons à la vitesse du marché, soit environ 10% par an. C’est aujourd’hui dans l’éolien que la dynamique est très forte avec 17% de hausse. C’est incroyable, c’est presqu’un nouveau marché pour Mersen avec une renaissance des balais, qui deviennent très perfectionnés pour les génératrices. Outre la fourniture des fabricants de turbines, nous avons signé de gros contrats pour des balais de rechange.

Les mauvais résultats de la chimie ne vous freinent-ils pas pour vous développer dans ces marchés porteurs ?

Non, on investit 30 à 35 millions d’euros par an, dont la moitié pour des investissements de croissance. C’est suffisant. Nous nous adaptons aux difficultés sans nous brider. Le plan que nous lançons est ainsi un plan de productivité et non d’économies. Nous ne coupons pas les dépenses mais menons un travail de fond pour améliorer notre productivité. Nous dégagerons 30 millions d’ici deux ou trois ans,... probablement avant.

Il y a quelques années, vous visiez un cap de près de 1 milliard de chiffres d’affaires… Est-ce toujours d’actualité ?

Après deux années pas très bonnes et alors que nous visons un chiffre d’affaires stable en 2016, ce n’est pas pour l’immédiat. Mais ce milliard reste dans notre ligne de mire. Nous comptons réaliser des acquisitions. Et nous avons un pipeline d’innovations qui devrait nous permettre de générer 50 à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires à moyen terme.

Propos recueillis par Manuel Moragues

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