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Quotidien des Usines

"Dans l’attente de réponses pragmatiques pour relancer Alstom Belfort après 2018", explique André Fages de la CFE-CGC

Lucie Thiery , , ,

Publié le

Entretien Entretien avec André  Fages, délégué syndical CFE-CGC à Alstom Belfort

Dans l’attente de réponses pragmatiques pour relancer Alstom Belfort après 2018, explique André Fages de la CFE-CGC
André Fages, délégué syndical CFE-CGC à Alstom Belfort.
© DR

L'Usine Nouvelle.- Christophe Sirugue, le nouveau secrétaire d’État à l’Industrie, vous a reçu avec l’ensemble des syndicats. Qu’est-ce qui ressort concrètement de cet entretien à Bercy ?

André Fages.- Le secrétaire d’État nous a reçus avec son directeur de cabinet et sept de ses conseillers. Il nous a expliqué qu’il était au courant de la situation difficile du ferroviaire en France et pour Alstom. Il nous a assuré qu’il n’avait pas été informé de la volonté d’Alstom de fermer le site de Belfort.
Il nous a écouté et s’est engagé à nous donner des solutions concrètes pour la pérennité du site dans une échéance de dix jours. Il veut nous revoir d’ici fin septembre.

Est-ce que ses engagements vous rassurent ?

Nous le jugerons en temps et en heure sur ses actes. Pour nous, il est hors de question d’avoir une solution électoraliste, qui permettrait uniquement de faire vivoter le site pour ensuite le voir fermer. Nous sommes dans l’attente de réponses pragmatiques qui permettraient de relancer le plan de charge de Belfort après 2018. Si nous avons le sentiment que M. Sirugue va essayer d’agir, nous restons inquiets.

Un peu plus tôt dans la journée, Alain Vidalies, secrétaire d’État aux Transports, a assuré sur Europe 1 qu’il y avait cinq marchés pouvant sauver l’unité de production belfortaine. Il a évoqué notamment une discussion en cours avec la SCNF pour la liaison Paris-Turin-Milan (6 rames et 12 locomotives), ou encore un appel d’offres d’un montant de 3,5 milliards d’euros par le Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif). Est-ce que cela pourra sauver Belfort ?

Les établissements Alstom en France sont très spécialisés. Belfort n’a pas les compétences pour produire les rames et les tramways prévus dans l’appel d’offres du Stif. C’est tout le problème du manque de diversification de nos sites Alstom en France. Alain Vidalies s’est positionné sur un plan de relance du ferroviaire national. Dans les faits, il n’y a que deux marchés qui concerneraient potentiellement le site de Belfort, à savoir la liaison TGV Paris-Turin-Milan et les 12 locomotives travaux pour la RATP. Ces deux commandes apporteraient de la charge à notre unité, mais il faudrait une ou deux commandes similaires supplémentaires pour nous aider à passer sereinement le cap de 2018. Si on arrivait à diversifier notre établissement, on pourrait effectivement prendre en charge ces cinq projets.

François Hollande a déclaré que "tout sera fait pour que le site de Belfort puisse être pérennisé". Mais Henri Poupart-Lafarge a confirmé par écrit la fermeture du site de Belfort, avant d’indiquer qu’aucune décision ne sera prise avant la fin des pourparlers avec le gouvernement. Qui croire ?

C’est le lot de la négociation, cette stratégie mise en œuvre est connue. Chacun prêche pour  sa paroisse. Nous sommes spectateurs de ce combat de coqs, tout en restant mobilisés.
En recevant ce matin la lettre de Henri Poupart Lafarge, les salariés de Belfort ont eu un  haut-le-cœur. Immédiatement ils se sont réunis en assemblée générale. La Direction a  ensuite provoqué une réunion pour nous expliquer que la lettre a été envoyée par  inadvertance. Mais nous ne sommes pas dupes. Ces arguments ne sont pas recevables.

Le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, a appelé à une journée Belfort ville morte, samedi 24 septembre à 14 heures. Une pétition en ligne circule et a récolté plus de 7 000 signatures pour demander le maintien du site Alstom Transport à Belfort ? Quelles seront vos prochaines actions ?

Mercredi 14 septembre, nous nous rendrons avec l’ensemble des syndicats au conseil  municipal extraordinaire convoqué par le maire de Belfort Damien Meslot, afin de nous  faire entendre. Nous profiterons également de la manifestation prévue contre la loi travail  pour mettre en avant la fermeture du site Alstom de Belfort.

Propos recueillis par Lucie Thiery

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