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L'Usine Aéro

Dans l’atelier d’assemblage du nouveau Solar Impulse

Olivier James ,

Publié le

La nouvelle version de l’avion Solar Impulse est en cours de montage dans la base militaire de Dübendorf, en Suisse. Une prouesse technologique… et humaine, comme en témoigne son charismatique pilote, Bertrand Piccard.

Dans l’atelier d’assemblage du nouveau Solar Impulse © Solar Impulse

Comment imaginer que dans ce hangar quelconque, au beau milieu de la paisible base militaire de Dübendorf, en Suisse, se cachent les prémices d’une véritable épopée industrielle moderne ? Seule une très discrète étiquette apposée sur la porte de l’édifice révèle ce qu’il renferme : "Solar Impulse". C’est le nom donné à cet avion solaire qui a assuré un vol de plus de 26 heures sans interruption en juillet 2010 et qui en a depuis réalisé bien d’autres. Une performance médiatisée qui a prouvé que l’industrie pouvait encore faire rêver.

Parmi les différents partenaires on trouve notamment les chimistes Solvay et Air Liquide, la société d’horlogerie Omega, l’ascensoriste Schindler, l’ingénieriste Altran ou bien encore Bayer MaterialScience. Depuis le début du projet, les entreprises ont injecté pas moins d’une centaine de millions d’euros.

Deuxième version

Après trois ans de bons et loyaux services, le premier appareil a été démonté. Aujourd’hui, sur cette base suisse cernée par les montagnes enneigées où s’activent une quinzaine de personnes dans l’atelier dédié à l’avion solaire, l’excitation commence à monter. Une deuxième version de l’appareil est en cours de montage, qui promet de relever un défi encore plus grand en mars 2015 : voler sans la moindre goutte de carburant cinq jours durant. Un objectif bien plus difficile à relever que pour le premier appareil et qui a nécessité de revoir à la hausse les dimensions de cette nouvelle mouture : 2,4 tonnes (+ 800 kg), 72 m d’envergure (+ 8 m), quatre batteries d’une puissance individuelle de 13 kW (+ 3,7 kW) et 17 248 cellules solaires (+ 6 000). Dans l’atelier, les deux ailes assemblées en une seule pièce imposante impressionne le visiteur, elle ne fait que 8 mètres de moins que celle de l’A380, le super jumbo d’Airbus.

Cette nouvelle version du Solar Impulse, dont l’ensemble de la structure est composée en matériaux composites renforcés de fibres de carbone, les technologies numériques prennent une place plus importante. Alors que la première version ne possédait pas de pilote automatique, rendant délicate sa conduite, Altran a, cette fois-ci, intégré un système d’assistance au pilotage. De quoi permettre au pilote de pouvoir se reposer. Le suivi des paramètres du vol sera également bien plus performant, une nécessité au vu de la durée du vol : calculs des meilleurs trajets possibles en fonction des distances, du vent, de l’emplacement des aéroports... "Pour le vol effectué cet été aux Etats-Unis, nous avons analysé environ cinq millions de trajectoires de vols possibles", explique Christophe Béesau, expert chez Altran pour la modélisation et la simulation complexe.

Une prouesse humaine

Aux commandes de cet avion : Bertrand Piccard, qui avait piloté la première version du Solar Impulse et qui s’était illustré en 1999 pour avoir effectué le premier tour du monde en ballon. "Il s’agit d’un avion solaire mais aussi d’un symbole, explique-t-il avec un grand sourire. C’est le symbole de l’innovation, des progrès que l’on peut faire en matière d’efficacité énergétique, d’isolation, de stockage d’énergie. Cet avion est à la fois dans le futur et dans le présent". Le pilote a le regard perçant du passionné qui poursuit un but, la démarche alerte de celui qui ne veut pas perdre de temps. Il poursuit depuis toujours le rêve de voler sans carburant.

Du 17 au 20 décembre prochain, il effectuera dans le hangar de la base militaire un vol en simulateur pour tester les conditions de vol. Soixante-douze heures durant, Bertrand Piccard restera sur le siège d’une réplique du cockpit, face à cinq écrans géants qui simuleront un vol New-York/Séville. Des toilettes ont été disposées au fond du siège. "J’utiliserai des techniques d’autohypnose pour réussir à dormir, explique ce psychiatre de formation. C’est une répétition du futur tour du monde de 2015. C’est difficile d’un point de vue technique, en particulier en ce qui concerne la gestion de l’énergie". L’utilisation du Solar Impulse repose en effet sur l’utilisation de cellules photovoltaïque et de batteries Lithium-polymères. "Mais c’est aussi le défi humain qui m’intéresse", confie Bertrand Piccard. Le pilote, qui milite pour le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, voit dans ce projet le symbole d’une industrie évoluant avec les préoccupations du monde moderne.

A Dübendorf, Olivier James

Les étapes à suivre avant le tour du monde :

- Du 17 au 20 décembre 2013 : vol virtuel de 72 heures, à suivre en direct dans une émission quotidienne en anglais et à 18 heures sur www.altran.tv

- 9 avril 2014 : avion dévoilé au public

- Entre avril et juillet 2014 : série de vols d’essais

- Mars 2015 : début du tour du monde

 

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