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Dans l’affaire Renault, l’enquête patine

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Carlos Ghosn estimait dimanche avoir en sa possession des informations prouvant l’espionnage industriel chez Renault. Mais ces éléments n’auraient aucune valeur juridique. Ce qui pourrait ralentir l'enquête, voire remettre en cause toute l’affaire.

Dans l’affaire Renault, l’enquête patine © REUTERS

Sommaire du dossier

Après audition des deux responsables de la sécurité du constructeur chargés de l’enquête interne en août, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) assure que les informations collectées par Renault ne constituent pas des preuves pour l’enquête pénale. « Tout ce qui a été fait avant l’entrée en piste du contre-espionnage n’a aucune valeur juridique », confie un fonctionnaire de la direction centrale.

Selon le Figaro, l’enquête piétinerait aussi faute de transmission de documents essentiels. La DCRI n’aurait pas reçu la copie de l’enquête privée mettant en cause les trois cadres supérieurs. Seule une restitution verbale des conclusions serait parvenue aux policiers.

Aucune information non plus n’a été transmise concernant l’agent privé qui aurait aidé les deux responsables de la sécurité du constructeur. C’est lui qui est suspecté d’avoir fourni les numéros de compte en Suisse et au Liechtenstein utilisés par les cadres pour percevoir de l’argent en échange d’informations.

Pour autant, la DCRI entend mener « l’enquête jusqu’à son terme et prendre son temps pour le faire ».

Les salariés vent debout

Le piétinement  de l’enquête va dans le sens des trois salariés, qui crient leur innocence depuis le début de l’affaire. Tous trois ont attaqué le groupe devant le tribunal des Prud’hommes. Bertrand Rochette, par la voix de son avocat, Me Christian Charrière-Bournazel, assure qu’il ne veut « pas être le bouc émissaire de cette affaire ».

D’après les avocats de Michel Balthazard, ce dernier a été disculpé par les propos de Carlos Ghosn, assurant que seules des informations sur le modèle économique du véhicule électrique avaient été dévoilées. Or, en tant que « directeur de l’amont, des projets et des prestations », Michel Balthazard travaillait surtout sur des questions de secrets industriels.

Pour ses avocats, la piste d’une déstabilisation extérieure du groupe n’est pas exclue. Ils pourraient, selon le Figaro qui évoque des sources proches du dossier, demander à l’avocat de Renault de se joindre à la plainte déposée contre X pour dénonciation calomnieuse. Cette dernière visant l’auteur de la lettre anonyme à l’origine de toute l’affaire.

 

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