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"Dans dix ans, nous aurons changé complètement l’entreprise", prévient Philippe Delpech, PDG d'Otis

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Philippe Delpech, PDG du fabricant d’ascenseurs Otis, annonce le tournant numérique de son entreprise. Les innovations, jusque-là cantonnées aux domaines traditionnels de la mécanique et de l’électromécanique, seront de plus en plus des innovations s’appuyant sur le numérique. Le monde de l’ascenseur commence sa révolution.

Dans dix ans, nous aurons changé complètement l’entreprise, prévient Philippe Delpech, PDG d'Otis
Philippe Delpech PDG d'OTIS
© Guittet Pascal

Le PDG français de l’américain Otis, numéro un mondial des fabricants d’ascenseurs, dresse un constat sans appel. "Dans les années 1990, l’ascenseur a raté une marche, au moment où l’automobile faisait sa révolution numérique en adoptant l’ABS, l’ordinateur de bord puis en devenant de plus en plus connectée." Et Philippe Delpech d'enfoncer le clou : "Jusqu’à présent, 99% des innovations dans l’ascenseur ont porté sur la mécanique, l’électromécanique, la sécurité, alors que l’on aurait dû trouver le même type d’innovation dans les ascenseurs que dans l’automobile."

Il est temps de rattraper ce retard ! "Nous entrons dans une période critique. Dans dix ans, on trouvera partout du numérique, de la connectivité, de l’intelligence", estime le PDG. Une évolution qui ira, selon Philippe Delpech, de pair avec une modification radicale de la manière de concevoir les ascenseurs.

Fini la vision hausmannienne de l'ascenseur

Il faut oublier la vision haussmannienne de l’ascenseur, pour des immeubles de quelques étages. En Asie, aux Etats-Unis, dans les très grandes tours, on peut attendre jusqu’à dix minutes son ascenseur, et l’on reste ensuite plusieurs minutes dedans. Mieux gérer les allées et venues sera essentiel pour réduire les temps d’attente. Quant à l’intérieur de la cabine, il aura radicalement changé, avec la mise en place de grands écrans pour apporter information et divertissement.

Autre apport du numérique, invisible pour les usagers : la manière d’assurer la maintenance. Otis vient de passer un accord avec Microsoft pour placer ses données dans Azur, le cloud de l’éditeur, et utiliser ses outils Cortana pour les analyser. L’objectif est la surveillance à distance des deux millions d’ascenseurs dont Otis a la maintenance, pour réduire les interventions physiques. "Et lorsqu’un technicien se déplacera, il saura exactement ce qu’il doit faire", prévient le PDG. Des techniciens eux aussi connectés par l’intermédiaire de smartphones Apple.

30 à 40% de techniciens du numérique dans dix ans

"Otis va devenir une entreprise numérique, annonce Philippe Delpech. Il y a encore trois ans, nous avions peu d’informaticiens et 90% de mécaniciens, d’électroniciens, de chimistes... Le poste de patron du digital n’existait pas. Dans dix ans, les informaticiens et les techniciens du numériques représenteront 30 à 40% des effectifs. Nous aurons changé complètement l’entreprise."

Au-delà d’Otis, Philippe Delpech estime que cette irruption du numérique aura des conséquences sur les rapports entre les hommes au sein des entreprises. Pour la première fois, ceux qui travaillent dans le numérique entrent dans un domaine inconnu pour eux. "Avant, ces jeunes innovants, brillants et anticonformistes travaillaient entre eux. Aujourd’hui ce monde du digital va s’interconnecter avec le vieux monde des ingénieurs en costume."

Patrice Desmedt

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