"Dans 30 ans, on choisira entre rouler et voler", selon le directeur de la technologie et de l’innovation Boeing

A l’occasion du salon aéronautique du Bourget, Greg Hyslop, directeur de la technologie et de l’innovation Boeing, revient sur les grands enjeux de l’aéronautique. Le numérique réduira en particulier le temps de développement des avions.

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Greg Hyslop, directeur de la technologie et de l’innovation Boeing

L’Usine Nouvelle - Quels moyens avez-vous mis en place pour développer des projets disruptifs chez Boeing ?

Greg Hyslop - Nous venons de lancer en avril HorizonX, un projet qui se penche sur les technologies ainsi que des modèles économiques disruptifs. Car d’après nous, les technologies et les modèles économiques sont deux faces de la même pièce. Il s’agit concrètement d’une organisation virtuelle à laquelle une cinquantaine de nos collaborateurs participent aux Etats-Unis, en lien avec l’ensemble de l’organisation. Ils font en réalité appel à nos 50 000 ingénieurs !

Peut-on comparer Horizon X à A3, le centre de recherches du groupe Airbus installé dans la Silicon Valley ?
Non, cela n’a rien à voir. L’un des objectifs d’HorizonX est de réaliser des investissements dans de petites entreprises ou de mettre en place des partenariats. Mais des idées disruptives peuvent aussi venir de nos équipes en interne. N’oubliez pas que nous avons six centres de recherche en dehors des Etats-Unis répartis dans le monde, en Europe (Espagne, UK, Allemagne), Australie, Brésil, Chine, Inde et en Russie. Certains ont leur spécialité, comme les alliages de titane en Russie ou bien encore les biocarburants au Brésil et les composites en Australie.

Dans quels projets investissez-vous avec Horizon X ?
Nous nous intéressons en particulier aux systèmes de propulsion hybride. Nous examinons également de près l’intelligence artificielle.

Les projets de voitures volantes se multiplient dans le monde. Quels sont vos projets en la matière ?
Je pense qu’avec la propulsion hybride, l’autonomie et l’augmentation de la durée de vie des batteries, il y a une convergence qui va entraîner un changement radical pour le transport aérien. Boeing est l’un des leaders du secteur et nous comptons le rester avec cette mutation industrielle.

Quand les véhicules autonomes feront-ils leur apparition ?
C’est impossible de dire quand précisément. L’un des obstacles majeur reste celui de la certification des véhicules autonomes. Il est impossible pour notre industrie de faire voler des appareils qui ne seraient pas sûrs. Nous devons maintenir le niveau de sécurité imposé aujourd’hui avec les véhicules autonomes. Cela représente une barrière significative mais elle sera franchie un jour, et nous aurons des avions autonomes sûrs.

Boeing produira-t-il un jour des véhicules électriques autonomes ?
Je ne peux dire que nous le ferons mais seulement que c’est une possibilité. C’est difficile à prédire. Pour les pays qui ne veulent plus d’automobiles, qui souhaitent réduire le trafic routier sans investir dans de nouvelles infrastructures et réduire la pollution, il y a des raisons d’investir dans de nouveaux modèles de mobilité urbaine. Il pourrait y avoir une forme de pression sociale pour aller dans cette direction. C’est déjà le cas de Singapour par exemple, qui propose un service de taxis autonomes.

Pourquoi n’annoncez-vous pas de projet, comme Airbus avec Vahana et CityAirbus ?
Beaucoup de technologies sont en jeu et il faut décider avec quels partenaires il faut collaborer. Nous nous sommes par exemple rapprochés avec JetBlue de la start-up Zunum Aero. Nous pensons qu’ils ont un bon concept d’avion électrique. Il y aura d’autres investissements de ce type à l’avenir. Nous annoncerons des projets en ce sens dans quelques temps.

Quel sera l’impact de l’intelligence artificielle dans l’aéronautique ?
Cette technologie va être présente partout. Elle va changement la manière dont on produit nos avions, elle va changer les avions eux-mêmes et la manière dont on définit notre modèle économique. On peut par exemple imaginer dans nos usines que les data soient analysés pour vérifier en permanence l’état de production. L’intelligence artificielle va aussi permettre d’augmenter le niveau d’autonomie des avions.

L’intelligence artificielle va-t-elle réduire le nombre d’emplois dans le secteur aéronautique ?
Je ne le pense pas. Je suis persuadé que cela va rendre le secteur plus efficace.

Dans quelle mesure la digitalisation va-t-elle permettre de réduire le temps de développement et de production des avions ?
Aujourd’hui, entre le moment où vous commencez le développement d’un avion et celui où vous le faites voler, il se passe entre 5 et 7 ans pour un nouvel appareil. Une partie de ce temps est consacré aux tests pour certifier l’avion. Si vous collectez des données durant le développement et que vous mettez en œuvre des outils de machine learning, vous pouvez réduire le temps de certification. Cela peut réduire les coûts de manière significative.

De quel ordre ?
Sur une campagne classique de test de deux ans, vous pouvez réduire d’une année la durée.

La digitalisation va-t-elle permettre de réduire le coût de développement et de production des avions ?
Oui, elle va faciliter la réduction des coûts, en particulier si les fournisseurs aussi investissent dans la digitalisation. Nous avons des projets de prototypes qui mettent en œuvre un certain nombre de technologies numériques et nous avons évalué les gains que nous pouvons en tirer par rapport à des méthodes traditionnelles. Nous avons démontré que nous serons en mesure de bénéficier de ces gains pour notre prochain appareil.

Dans quelle mesure ?
Je ne peux pas vous le dire, mais c’est significatif.

Comment sera le transport aérien dans les 30 prochaines années et au-delà ?
Je pense que le transport aérien sera accessible à un plus grand nombre de personnes. De petits avions pourront remplacer les voitures. Le transport aérien personnel sera possible. Chacun pourra choisir entre rouler et voler, via des applications mobiles. L’industrie va changer radicalement.

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