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L'Usine Maroc

Danone s’assure un contrôle quasi total de sa filiale marocaine, mais veut la laisser en bourse

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Le groupe Danone vient d'acquérir auprès de la SNI une participation additionnelle de 5% du capital de sa filiale marocaine Centrale Danone, leader du marché. Il franchit le seuil de 95% du capital qui l'oblige à lancer une Offre publique de retrait (OPR) sans pour autant souhaiter le retrait du titre de la cote de la bourse de Casablanca.

Danone s’assure un contrôle quasi total de sa filiale marocaine, mais veut la laisser en bourse
Centrale Danone, l'ex-Central laitière figure parmi les plus grosses capitalisation de la bourse de Casablanca en dépit d'un flottant très réduit.
© dr

Prêt d'un contrôle total. Le groupe Danone a acquis une part additionnelle de 5% du capital de sa filiale implantée au Maroc, Centrale Danone et capitalisée à la bourse de Casablanca, pour 706,5 millions de dirhams, soit environ 65 millions d'euros. Cela porte son contrôle à plus de 95%.

Cette opération n'est pas sans conséquences. "A la suite du franchissement à la hausse du seuil de 95% du capital de Centrale Danone, Danone est tenue de déposer dans les jours suivants et conformément à la réglementation boursière marocaine, une offre publique de retrait sur les actions de Centrale Danone," indique le groupe français dans un communiqué publié le vendredi 11 décembre.

Le reste du capital, un peu plus de 4%, est détenu par divers actionnaires essentiellement des institutionnels mais aussi quelques petits porteurs. Le flottant de cette société devient donc extrêmement réduit.

Danone précise toutefois ne pas avoir l’intention de demander la radiation de la cote des actions Centrale Danone à l’issue de l’offre publique de retrait (OPR), une décision à fort enjeu pour la place boursière marocain (lire encadré ci-dessous).

Le groupe indique le communiqué "demeure toutefois attaché à la cotation des actions Centrale Danone et n’a donc pas l’intention de demander la radiation de la cote des actions Centrale Danone à l’issue de l’offre publique de retrait".

La participation de 5% a été achetée à la SNI, holding privée de la famille royale du Maroc actionnaire historique de Centrale Danone, au prix de 1500 dirhams par actions, un niveau très supérieur au prix de marché, à savoir 961 dirhams avant la suspension de cotation du vendredi 11 décembre (un cours en baisse de 33% depuis le début d'année)?

Pour rappel, une première transaction de 543 millions d'euros réalisée par Danone le 22 février 2013 lui avait permis de monter 68,72% du capital de Centrale Danone, puis une autre voilà un an de monter jusqu'à 90,86%. En effet, le groupe laitier français avait annoncé en novembre 2014 avoir acquis auprès de la SNI une participation additionnelle de 21,75% du capital pour 278 millions d’euros au prix de 1500 dirhams par action.

Le groupe français est présent au Maroc depuis 1953, initialement via une franchise avec l'entreprise qui est depuis devenue sa filiale. Danone y emploie plus de 6 500 collaborateurs pour un chiffre d'affaires de 645 millions d'euros et exploite trois usines. Avec plus de 60% de parts de marché dans les produits laitiers, Centrale Danone travaille avec 120 000 éleveurs et déclare desservir 75 000 points de ventes.

Présent sur plus de 130 marchés à l'international, Danone qui emploie 100 000 salariés a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 21,1 milliards d’euros.

Le 24 octobre, Emmanuel Faber, directeur général de Danone avait annoncé à Marrakech (pour  la finale de la "Danone Cup", tournoi de football mondial des 10-12 ans.) que sa filiale avait abandonné son nom historique Centrale laitière pour devenir Centrale Danone, dotée d'un tout nouveau logo.

Nasser Djama et P-O.Rouaud

L'enjeu de la cotation de Centrale Danone à la bourse de Casablanca
La capitalisation boursière de Centrale Danone à la bourse de Casablanca (BVC) s’élève, sur la base d’un cours à 961 dirhams, de 9,052 milliards de dirhams, soit environ 838 millions d’euros. Le cours de l’action a reculé de 33% depuis le premier janvier, en raison notamment de résultats financiers médiocres. Mais, à elle seule, cette valeur pèse 2% de la capitalisation de la place marocaine. Et, en dépit de la faiblesse de son flottant, et des faibles échanges, si Centrale Danone était retirée de la cote, ce serait un nouveau coup dur pour la BVC. En dépit de ses efforts et de ses grandes ambitions, y compris au niveau régional, la bourse marocaine a en effet subit plusieurs retraits de cotation significatifs ces dernières années. C’est le cas du promoteur immobilier public CGI, de l’entreprise de levage et logistique Mediaco, de la Société chérifienne d'engrais (SCE) ou de Fertima. A cela s’ajoute les difficultés financières de la raffinerie Samir dont le titre est suspendu depuis le mois d’août. En sens inverse, peu de nouvelles sociétés sont entrées sur  le marché récemment, à savoir une seule en 2014 (l’immobilière Dar Saada) et deux cette année (Total Maroc et le courtier AFMA dans une opération en cours). Pour rappel, la bourse de Casablanca est à la veille d’une réforme majeure qui porte à la fois sur la recomposition de son capital et une nouvelle réglementation destinée à stimuler la place, notamment la création d’un compartiment adapté aux PME.

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