Dacia, première victime de la fin de la prime à la casse

Sept mois après la fin de la mesure de soutien de l'Etat, le marché automobile français prend un nouveau visage. Avec des conséquences industrielles majeures pour certaines marques.

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Dacia, première victime de la fin de la prime à la casse

Les ventes automobiles ont marqué le pas en juillet, avec un recul de 5,9%, selon les chiffres publiés par le Comité des constructeurs automobiles français (CCFA) le 1er août. Et force est de constater que les marques françaises sont les premières affectées par cette baisse.
Dacia en tête. La marque low cost du groupe Renault enregistre un effondrement de ses ventes de 48,8%. Une tendance qui perdure depuis plusieurs mois, selon Philippe Gattet, expert automobile chez Xerfi. "La marque fait les frais de la fin de la prime à la casse, explique-t-il. Les consommateurs qui ont mis à la casse leurs anciens modèles se sont surtout retournés vers des modèles d’entrée de gamme. Et les voitures Dacia en font largement partie". Or, d’après lui, cette clientèle a disparu pour laisser place à des acheteurs habitués à changer de véhicules et cherchant des modèles plus résistants et donc plus haut de gamme.

Pour Bertrand Rakoto, expert pour R.L.Polk, "avec la prime à la casse, de nombreux consommateurs habituellement tournés vers le marché de l’occasion ont aussi acheté un véhicule neuf. A cette époque, acheter une Dacia neuve coûtait le même prix que l’acquisition d’une voiture d’occasion". A cela s’ajoute selon le groupe Renault le fait qu’une grande partie des modèles Dacia, et notamment des Sandero, fonctionnaient au GPL. Or, les pouvoirs publics ont mis un terme aux subventions de 2000 euros pour ce type d’alimentation.

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Montée de gamme

Cette chute des ventes de véhicules d’entrée de gamme et la quasi disparition de consommateurs intéressés par l’entrée de gamme ont donc profité aux constructeurs spécialisés dans le moyen et haut de gamme. C’est ce que souligne François Roudier, porte-parole du CCFA : "ces chiffres correspondent bien au profil du marché d'après la prime à la casse avec moins de volume mais plus de montée de gamme".

Avec au premier rang des gagnants, Volkswagen. Le groupe allemand a vu ses ventes grimper de 7% sur le mois de juillet et de 13,2% depuis le début de l’année. "Notamment à travers sa dernière campagne de publicité, il donne l’image du vrai constructeur allemand, un groupe composé de plusieurs marques et qui propose une offre diversifiée de modèles", constate Philippe Gattet.

Maintenir les volumes

Une stratégie sur laquelle les deux constructeurs nationaux ont encore du mal à percer. En juillet, la marque Renault a enregistré une chute de ses ventes de 2,7%. Chez Peugeot la baisse a été de 7,5% et chez Citroën de 6,4%.

Sur les derniers mois, ils ont favorisé davantage une "politique de promotions et d’offres alléchantes pour maintenir leurs volumes, quitte à réduire leurs marges", d’après Bertrand Rakoto. "Ils craignent le retour d’un rythme plus naturel du marché, qui n’est pas bon actuellement au regard des facteurs conjoncturels (chômage élevé par exemple)", assure-t-il.

Dans ce contexte, les analystes restent prudents sur l’avenir du marché automobile français, tourmenté par d’autres facteurs structurels (désaffection de l’automobile, hausse des prix de l’essence, etc). Philippe Gattet estime que la baisse du marché devrait être entre 5 et 10% en 2011. Pour autant, il estime qu’il devrait encore cette année dépasser la barre des deux millions d’unités vendues. Bertrand Rakoto se veut pour sa part plus optimiste, tablant sur 2,1 millions de véhicules vendus. Soit une légère hausse des prévisions de début d’année.

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