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Quotidien des Usines

D'autres dossiers chauds qui font la une... ou non

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Heuliez n'est hélas pas le seul cas "scandaleux" en France. Avec nos correspondants régionaux, nous avons enquêté sur l'avenir de plusieurs autres usines malmenées ces derniers mois (ou années !)... Plongée au cœur d'une dure réalité industrielle.

D'autres dossiers chauds qui font la une... ou non
Après dix jours de grève, les salariés d'Isotherma ont obtenu la promesse que l’entreprise injectera 550.000euros d’ici au 5 mars, mais les problèmes durent depuis neuf mois.
© J.M. Thuillier/"Paris Normandie"

1 / ISOTHERMA KRIEF ENVIRONNEMENT : ENCORE PETIET !

Les 400 salariés d'Isotherma Krief Environnement, la filiale havraise de BKC, spécialisée dans la maintenance industrielle, ont repris le travail le 26 février, après dix jours de grève. Ils ont obtenu de leur direction, à la préfecture et en présence de la direction régionale du Travail, la promesse que l'entreprise allait injecter 550 000 euros d'ici au 5 mars. Objectif : payer les arriérés de salaires (400 000 euros) et diverses cotisations, notamment la mutuelle Pro BTP (150 000 euros), et les heures de grève. « Cela fait neuf mois que cela dure ! Nous avons affaire à des voyous... Des entrepreneurs honnêtes ne se permettraient pas de payer les salariés à coups d'acomptes quand bon leur semble, de ne pas payer les fournisseurs... Mais l'entreprise devra tenir ses engagements pour début mars, faute de quoi, elle devra se mettre sous protection judiciaire », s'exaspère un syndicaliste. Quant au PSE de quelque 80 emplois évoqué il y a peu par la direction, il n'est plus à l'ordre du jour. Lors de la reprise en août 2008 au tribunal de commerce d'Isotherma, BKC s'était engagé à ne pas licencier durant trois ans.

En Normandie, Patrick Bottois

2 / RIOGLASS : UNE NOUVELLE USINE POUR RIEN

A quoi auront servi les millions dépensés par Thomson Vidéoglass pour la reconversion de son site de Bagneaux-sur-Loing (Seine-et-Marne), cédé fin 2005 à l'espagnol Rioglass, spécialiste des vitres latérales et arrière pour l'automobile ? L'usine de tubes cathodiques avait alors été rasée et reconstruite pour accueillir cette activité. « Thomson a quasiment financé l'investissement de 80 millions d'euros pour convaincre Rioglass de s'implanter en France », témoigne Dominique Lhommée, le secrétaire de la section CGT. Pour permettre aux 445 salariés de se reconvertir, un plan de formation de 11,1 millions d'euros a également été financé par Thomson, aidé par l'Etat, la région et l'Europe. En janvier 2009, Rioglass a revendu sa filiale au slovène Prevent, fournisseur de Volkswagen. « Rioglass, qui avait un contrat avec le groupe Thomson, ne pouvait pas licencier pendant trois ans... Mais passé ce délai, il s'est immédiatement retiré », dénonce le syndicaliste. Depuis, l'usine, dont l'effectif s'élevait à 289 personnes en juin 2009, a procédé à un PSE portant sur 62 postes. Il s'est terminé en février 2010.

En Ile-de-France, Patrick Désavie

 

3 / ALTIS SEMICONDUCTOR, BALLOTTÉ DEPUIS QUATRE ANS

Depuis juin 2006 et l'annonce par IBM et Infineon de leur volonté de se retirer d'Altis Semiconductor, les 1 400 salariés de l'usine de Corbeil-Essonnes (Essonne), vivent au rythme des projets de reprise. Dernier en date ? Celui porté par Yazid Sabeg, le PDG de CS. « Ce monsieur [un proche du Président, NDLR] doit rassembler un groupe d'investisseurs. Son objectif est de mobiliser 150 millions d'euros, dont 40 à 60 millions proviendraient d'un prêt Oséo », détaille Frédéric Brunier, le secrétaire CFDT du CE. Jean-Pierre Bechter, un proche de Serge Dassault, auquel il a succédé à la mairie UMP de Corbeil, est à Moscou cette semaine pour plaider le dossier. « Il doit rencontrer Systema, un spécialiste russe de la téléphonie, qui pourrait être à la fois investisseur et ouvrir le marché russe », poursuit-il. Depuis 2007, les salariés ont vu deux scénarios de reprise se terminer en impasse. C'est d'abord la piste d'un groupe d'industriels russes qui s'est refroidie début 2009. Elle a été relayée, en novembre dernier, par un plan impliquant le management et Germain Djouhri, un financier d'une trentaine d'années qui vit entre Londres et la Russie. Le pacte d'actionnaires prend fin le 31 mai.

En Ile-de-France, P.D.

 

4 / CHAFFOTEAUX et MAURY « NE DEVAIT PAS FERMER »

La production de chaudières murales à gaz de marque Chaffoteaux s'est terminée à Ploufragan (Côtes-d'Armor) avec le licenciement des 204 derniers salariés du site. Début 2009, l'actionnaire italien, Ariston, avait pourtant clairement annoncé que cette usine où travaillaient plus de 800 salariés il y a une décennie, ne fermerait pas ses portes. Elle devait juste s'adapter pour « plus de souplesse et une meilleure productivité ». Ariston a fait volte-face mi-2009, en annonçant une restructuration. Un long conflit a alors opposé le personnel à l'actionnaire avec une mobilisation médiatique quasi-quotidienne... Les collectivités souhaitant même réclamer le remboursement des aides accordées ces dernières années au groupe. Le 6 octobre 2009, Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie, a tenté de rassurer sur place les salariés, qui savaient le site condamné. En novembre, Ariston a finalement stoppé la production sur Ploufragan, où il ne reste plus qu'une cinquantaine de collaborateurs dans le centre de R & D. Et les 50 000 mètres carrés de la surface de l'usine sont à vendre ! Fin 2009, la guerre des tranchées s'est terminée quand Ariston a accordé une prime au départ allant de 50 000 à 90 000 euros, selon les cas. Le groupe participe également à une étude de faisabilité pour la création d'un centre de R et D sur la climatisation et le chauffage.

En Bretagne, Stanislas du Guerny

 

5 / LE FMEA AUTORISE LA FERMETURE DE PTPM

Depuis la mi-avril 2009, les 130 salariés de PTPM à Ay (Marne) s'opposent par tous les moyens à la fermeture programmée de leur usine, spécialisée dans les textiles techniques pour l'automobile. Arguant du fait que les coûts de production en France sont trop élevés, obérant la compétitivité du site, le groupe familial Trèves a engagé il y a dix mois une procédure de licenciement pour raisons économiques. Procédure déjà annulée à plusieurs reprises par la justice et lors d'une récente audience, le juge des référés a ordonné à la direction du groupe de transmettre à l'expert-comptable mandaté par le comité d'entreprise les documents indispensables à son analyse économique et qu'il ne parvient pas à obtenir. « Il ressortirait que la situation n'est pas aussi dramatique que celle décrite par le groupe », déclare un membre du CE. Et d'ajouter que dans le cadre du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), mis en place début 2009 par l'Etat pour aider la filière à résister à la crise économique, Trèves a perçu 55 millions d'euros... Pour sa part, Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie, a reçu le 23 février la direction du groupe pour obtenir des éclaircissements sur la situation économique et l'utilisation des fonds perçus « dès février 2009 ». Pour l'instant, il n'y a pas lieu de communiquer, a-t-on déclaré au cabinet du ministre la semaine dernière.

En Champagne-Ardenne, Pascal Ambrosi

6 / Ixmeca oublié de tous

Ixmeca pourrait bien être rayé de la carte des fournisseurs aéronautiques ces jours-ci. En jeu ? 350 salariés. Pourtant, cette PME, basée à Bois-d'Arcy, dans les Yvelines, en liquidation depuis trois mois, possède des compétences technologiques au moins aussi élevées sinon supérieures à celle d'Heuliez. Avec un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros, Ixmeca fournit des pièces exclusives pour les trains d'atterrissage du Rafale, les moteurs d'Ariane, ainsi que des composants des radars de Thales. Mais les repreneurs ne se bousculent pas. Deux offres de candidats français devraient être déposées devant le tribunal de commerce de Versailles, ce jeudi 4 mars, concernant seulement qu'un tiers de ses salariés.

Le sous-traitant paie cher ses erreurs du passé. Il a cumulé près de 12 millions d'euros de pertes ces deux dernières années. Issu du rachat en 2007 du groupe Dion par IxAero Industries (dont le propriétaire est Hervé Arditty), cette opération, qui avait conduit à l'éviction de la famille Dion du management, ne s'est sans doute pas passé sans heurts.

« La plupart de nos grands clients ne s'engagent pas. Cela donne l'impression aux repreneurs d'acheter une coquille vide », regrette Séverine Fletcher-Colombel, la présidente d'Ixmeca. Les donneurs d'ordres ont déjà identifié ou sélectionné des fournisseurs alternatifs pour éviter la rupture de stock. Ce que confirme Thales : « Compte tenu des difficultés récurrentes avec ce fournisseur, nous avons sécurisé nos approvisionnements ». Cette histoire illustre l'absence chez les donneurs d'ordres d'outils d'alerte pour suivre la santé de leurs petits sous-traitants. « C'est arrivé de manière brutale sans signe avant coureur », plaide-t-on chez Safran, principal client d'Ixmeca. Pourtant les difficultés remonteraient à 2006 selon d'autres clients. La vigilance des grands groupes tend à s'arrêter à leurs fournisseurs de rang 1. Et puis ils ont du mal à parler d'une seule voix. Ixmeca en a fait les frais l'an dernier. « Au siège de Safran, leurs équipes m'assuraient de leur soutien quand j'ai appris que sa filiale Hispano-Suiza venait de nous retirer un gros contrat », regrette la présidente.

Hassan Meddah

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