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D'après Gérard Kottmann, "le Bourget du nucléaire attirera en France les clients étrangers"

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Entretien Du 14 au 16 octobre 2014 se tiendra au Bourget la première édition du World Nuclear Exhibition, un salon biennal pour promouvoir l'industrie nucléaire française à l'export. En charge de son organisation, Gérard Kottmann, président de l’Association des industriels français exportateurs du nucléaire et directeur général de Valinox Nucléaire, répond aux questions de L’Usine Nouvelle.

D'après Gérard Kottmann, le Bourget du nucléaire attirera en France les clients étrangers © D.R.

L'Usine Nouvelle - Avec les contrats récents en Grande-Bretagne, en Turquie et au Brésil, le nucléaire français se porte plutôt bien. A quoi va lui servir ce nouveau salon, le World Nuclear Exhibition ?

Gérard Kottmann - Il aura la même utilité que celui du Bourget pour l’aéronautique. Tout d’abord, il donne une image globale de l’industrie nucléaire tricolore qui couvre toute la chaîne de valeur. Nous sommes le seul pays au monde à posséder un leader à chaque grande étape de l’atome. Ensuite, sur les 2 500 entreprises en France liées au nucléaire, les très grandes comme EDF, Alstom ou Assystem peuvent aisément aller s’exposer aux quatre coins de la planète, mais les plus petites n’en ont pas forcément les moyens humains et financiers. Ce salon permet donc d’attirer en France les clients étrangers. C’est d’ailleurs le sens de l’accord passé avec le CEA, qui va mettre à notre disposition son réseau international, comme le feront les grands donneurs d’ordre, afin de donner le plus de visibilité possible au World Nuclear Exhibition.

Concrètement, que verra-t-on dans les allées du Bourget ?

L’idée est d’exposer aussi bien des produits que des services : composants lourds, formation, contrôles non destructifs, procédés de maintenance, réglementation, etc. Les exposants français seront à l’honneur, à commencer par les grands donneurs d’ordres, les sous-traitants, les associations comme le Pôle Nucléaire de Bourgogne. Mais le salon se veut international, donc ouvert aux sociétés américaines, japonaises, chinoises, coréennes, indiennes, britanniques… Les inscriptions sont ouvertes depuis le mardi 12 novembre et nous avons déjà des dizaines de demandes émanant de France et de l’étranger. D’un point de vue pratique, on attend environ 400 exposants sur les 12 000 mètres carrés d’exposition. Outre les stands d’exposants, il y aura trois niveaux de présentation : des tables rondes avec des têtes d’affiche, des conférences d’exposants d’une demi-heure et des présentations rapides de 5 ou 10 minutes sur les plus grands stands.

A l’image du salon aéronautique du Bourget, y verra-t-on la signature de grands contrats ?

Je l’espère, mais les centrales nucléaires ne se vendent pas en aussi grand nombre que les avions de ligne. Cependant, chaque matin, les contrats signés, de tous types et de tous montants, feront l’objet d’un journal du salon. Cela fait partie de l’information importante à diffuser et de la promotion que nous offrons à nos exposants.

Y a-t-il des salons équivalents ailleurs dans le monde?

Non, pas vraiment. La plupart du temps, il s’agit de conférences techniques avec une partie exposition réduite. Le salon WNE est focalisé sur les rencontres d’affaires, ce qui est assez unique. Beaucoup de gens nous disent d’ailleurs que cela fait longtemps qu’ils attendaient un tel rendez-vous. La France en est l’hôte naturel. Nous possédons un très grand parc de réacteurs standardisés et un opérateur mondialement réputé, EDF, qui a un immense retour d’expérience.

Au-delà du salon, est-ce que le nucléaire français est capable de lutter contre ses concurrents américains, japonais, russes et chinois ?

Les Chinois sont accaparés par leur marché domestique. Les principaux concurrents des Français sont l’axe nippo-américain et les Russes. Du point de vue de la technologie et de la sûreté, la France est en bonne position. Mais notre handicap sur un certain nombre de marchés est la question du financement des projets. Avec des taux d’intérêt qui sont jusqu’à deux points supérieurs à ceux de nos concurrents et pour des montants de plusieurs milliards d’euros, c’est intenable sur de longues périodes de remboursement.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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