Quotidien des Usines

D'anciens salariés de GM&S vont assigner Renault et PSA en justice

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Publié le , mis à jour le 27/09/2018 À 08H19

Plus de 100 anciens salariés de l'ex-usine La Souterraine de l’équipementier automobile GM&S Industry ont annoncé leur intention d'assigner Renault et PSA devant le tribunal, pour abus de position dominante. Un très mauvais signal envoyé aux clients selon PSA. Bercy estime par ailleurs que les commandes actuelles des constructeurs à la nouvelle usine LSI ne sont pas à la hauteur.

D'anciens salariés de GM&S vont assigner Renault et PSA en justice
Plus de 100 salariés licenciés ou repris de l'ex-usine de l’équipementier automobile GM&S Industry ont annoncé leur intention d'assigner Renault et PSA devant le tribunal.
© capture d'écran Youtube - Fédération CGT Métallurgie

Plus de 100 salariés licenciés ou repris de l'ex-usine de l’équipementier automobile GM&S Industry ont annoncé leur intention d'assigner Renault et PSA devant le tribunal pour abus de position dominante et obtenir des indemnisations. Dans un premier temps, iIs ont envoyé par l'intermédiaire de leur avocat Me Jean-Louis Borie une lettre aux PDG des groupes automobiles français pour leur demander une conciliation.

"On demande réparation parce qu'on considère que les constructeurs avaient la main mise sur l'entreprise. Il y avait des accords secrets mais écrits entre les constructeurs et notre ancien actionnaire", a indiqué à Reuters l'ex-délégué CGT Vincent Labrousse contacté par téléphone après une réunion qui s'est tenue à la mairie de La Souterraine (Creuse), mercredi 26 septembre.

"L'usine était aux mains des deux constructeurs qui contrôlaient la comptabilité, la qualité, les aspects techniques, assure Vincent Labrousse. Tout était verrouillé et sous contrôle des donneurs d'ordre pour amener l'usine à une fermeture programmée, en leur laissant le temps de doubler leur propre outil de production. La fermeture de l'entreprise a été programmée puisque les volumes ont été diminués peu à peu".

Sans réponse sous deux semaines, ils assigneront les deux constructeurs, dans l'espoir d'obtenir des indemnités pour les salariés licenciés de 80 000 euros et de 20 000 euros pour les salariés qui ont été repris. Vincent Labrousse a précisé que 31 salariés sur 157 (sur un effectif de 277) avaient retrouvé un travail.

"Un très mauvais signal pour les clients", selon PSA

Un porte-parole de PSA a déclaré à Reuters que le constructeur respectait "tous les engagements qui ont été pris envers le repreneur". "Nous considérons que cette action est un très mauvais signal pour les clients actuels et futurs du site", a-t-il dit.

GM&S, sous-traitant automobile de PSA et de Renault, avait été placé en liquidation judiciaire à la fin du mois de juin 2017, le repreneur GMD limitant à 120 le nombre de personnels repris dans la nouvelle usine LSI, chiffre contre lequel les salariés et leurs représentants ont engagé un combat sans succès.

Le délégué interministériel aux restructurations d’entreprises, Jean-Pierre Floris, tenait en parallèle le 26 septembre une réunion d’étape concernant la reprise de La Souterraine, avec des représentants de PSA et Renault ainsi que du cabinet du ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire. "S’agissant de la montée en charge de l’usine, la cible de 22 millions d'euros de commandes annuelles correspondant aux engagements des constructeurs (10 M€ de Renault et 12 M€ de PSA) n’est pas atteinte, avec une prévision de 11,7 M€ de commandes facturées en 2018 (4,7 M€ de Renault et 7 M€ de PSA), indique Bercy dans un communiqué de presse. Le niveau de charge est néanmoins en progression régulière, avec des commandes livrées dans de bonnes conditions de délais et de qualité. (...) Les groupes GMD, PSA et Renault ont de plus accepté de prendre les mesures nécessaires pour que ce niveau encore trop faible de commandes n’ait pas d’impact pour les 120 salariés de l’entreprise LSI."

Seulement 17 millions d'euros de commandes envisagées

Selon un communiqué des syndicats, "à peine 40% des engagements sont à ce jour tenus par PSA et Renault". L'entreprise LSI (ex-GM&S) perdrait environ 350 000 euros par mois alors que GMD, le repreneur, a eu 6 millions d'euros d'aide de l'Etat et 10 millions d'euros d’aide des constructeurs pour consolider l’entreprise, précisent-ils.

"Le volume de commandes envisagé par les constructeurs et le groupe GMD pour 2019 est à ce stade de 17 M€ environ, et peut encore être amélioré, estime pour sa part Bercy. (...) La montée en charge de l’usine LSI a en effet lieu au rythme de l’affectation par PSA et Renault de nouvelles pièces à produire, en fonction des capacités industrielles du site et sans en retirer à d’autres sites de production français afin d’y éviter tout impact négatif sur l’emploi, ce qui ne permet pas une hausse aussi rapide qu’espérée initialement."

Sur les 156 salariés ayant perdu leur emploi, 62 ont retrouvé un travail (dont la moitié en CDD), 55 sont en formation professionnelle, 3 poursuivent un projet de création d’entreprise et 17 seniors ont fait le choix d’attendre leur départ en retraite, indique enfin le ministère de l'Economie.

 

Avec Reuters (Claude Canellas, avec Gilles Guillaume, édité par Yves Clarisse)

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