D'anciens collaborateurs témoignent à charge contre Servier

Les révélations se multiplient contre le laboratoire dans l’affaire du Mediator.

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D'anciens collaborateurs témoignent à charge contre Servier

Les deux quotidiens Libération et Le Figaro publient tous deux des informations à charge contre le laboratoire Servier le 6 septembre. Libération publie deux témoignages accablants pour le fabricant du Mediator dans une enquête intitulée 40 ans de mensonges de Servier. Ils démontrent que les études de mises sur le marché du médicament ont été trafiquées depuis 1973. Les deux témoins ont été entendus dans le cadre de l’enquête par les juges d’instruction parisiens Pascal Gand, Anne-Marie Bellot et Franck Zientara.

Le premier d’entre eux est Jean Charpentier, ancien médecin et Professeur et rédacteur pour Servier des études destinées à obtenir l’autorisation de mise sur le marché. Il assume le fait que son travail a été "falsifié pour rendre le Mediator définissable comme antidiabétique". Le professeur explique par exemple que dans un rapport de septembre 1969 le mot anorexie a été remplacé par l’expression "une diminution très importante de la prise de nourriture". L’objectif avoué étant "d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché".

De son côté, Jacques Duhault, ancien chercheur de Servier, estime que le "médicament était bien un anorexigène". Argument rejeté par le fabricant depuis le début. "A aucun moment le terme anorexigène n'est évoqué dans le dossier pour la demande d'autorisation de mise sur le marché de 1973", souligne le Figaro. Il n’y est mentionné que les trois indications suivantes : troubles métaboliques glucido-lipidiques, troubles du métabolisme des lipides et troubles du métabolisme des glucides.

Toutes ces révélations vont donc à l’encontre de la défense du laboratoire. Depuis le début de l’affaire du Mediator, le groupe Servier explique que le médicament n’est pas un coupe-faim mais un antidiabétique. Interrogé sur Europe 1 sur les révélations de la presse, l'avocat du laboratoire Me Hervé Temime estime que son client n'a jamais trompé les autorités. "Les laboratoires Servier n'ont pas trompé les autorités en masquant le fait que le Mediator était un coupe-faim, ce qu'il n'était pas", assure-t-il.

Le groupe a pour sa part réagi à travers la publication d'un communiqué. Il conteste le fait qu'une fois de plus le secret de l'instruction a été violé dans le cadre de l'affaire. Il estime que "le Mediator ne montrait pas d’activité anorexigène chez l'homme aux doses thérapeutiques, ceci étant confirmé dans toutes les études cliniques sur le produit, à l’inverse de ce qui avait été trouvé en études précliniques chez le rat". Il assure aussi qu'il n'y a jamais eu volonté d'obtenir frauduleusement une autorisation de mise sur le marché à travers les différentes données scientifiques ou administratives.

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