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Cybersécurité : La France concentre ses forces

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Publié le

Pour développer une offre technologique souveraine et répondre à la croissance du marché, les fournisseurs se mettent en ordre de bataille.

Cybersécurité : La France concentre ses forces © À Élancourt (Yvelines), le centre de supervision de Thales veille sur les données des industriels.

Les entreprises citées

En quelques jours, le paysage hexagonal des fournisseurs de cybersécurité s’est profondément transformé. Le groupe Atos s’est offert, fin mai, le constructeur informatique Bull via une OPA amicale de 620 millions d’euros. La SSII va regrouper dans une même filiale ses actifs dans la cybersécurité et le big data. "Ce nouveau véhicule pourra compter sur les services de 2 000 ingénieurs spécialistes de la sécurité informatique", se félicite Thierry Breton, le PDG d’Atos. Cette opération pour se positionner sur le marché prometteur de la cybersécurité n’est pas isolée. Quelques jours auparavant, Thales nouait un partenariat stratégique avec l’équipementier télécoms Alcatel-Lucent, renforçant ses équipes avec 80 experts spécialistes de la supervision des réseaux et s’imposant comme un interlocuteur naturel des opérateurs télécoms.

La première phase de consolidation du marché s’était traduite par une razzia sur les start-up. En janvier, l’opérateur Orange a jeté son dévolu sur une pépite des technologies offensives (Atheos), tandis qu’Airbus Defence & Space avait racheté en 2012 et 2013 deux start-up spécialisées dans les firewalls et la détection d’attaques (Netasq et Arkoon).

Ces opérations sont menées entre acteurs français, de manière amicale. Un moyen intelligent de répondre à la volonté gouvernementale de favoriser le développement d’une offre souveraine. Cet objectif s’explique en partie par la découverte des manipulations par l’agence de sécurité américaine (NSA) des routeurs du fabricant Cisco Systems et la crainte de portes dérobées dans les équipements de télécommunications du chinois Huawei. La consolidation figure en bonne place dans le plan Défense Cyber lancé en janvier par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et dans le plan Cybersécurité piloté par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations (Anssi) [lire ci-dessous].

Car le marché de la cybersécurité est en pleine croissance. Les déconvenues subies par l’opérateur Orange et, plus récemment, par le site de commerce en ligne eBay, qui se sont fait voler les données personnelles de millions de leurs clients, démontrent les besoins pour des solutions toujours plus robustes. En outre, le volet cybersécurité de la dernière loi de programmation militaire va contraindre les entreprises positionnées sur des secteurs d’activités sensibles (énergie, transports, télécommunications…), les fameux opérateurs d’intérêt vital au nombre de 200, à investir massivement afin de sécuriser leurs informatiques. La conquête du marché français n’est qu’une étape. "La nouvelle structure de Bull aurait une taille critique suffisante pour avoir une véritable force de frappe en Europe", prévient Philippe Vannier, le PDG de Bull. Les trois autres mousquetaires de la cybersécurité vont devoir l’imiter.

"La cybersécurité, une question de souveraineté"

Guillaume Poupard, directeur général de l’Anssi (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information)

Avec le plan Cybersécurité, le 33e de la Nouvelle France industrielle, nous avons deux objectifs. Le premier : développer la sécurité, notamment en portant la question de la cybersécurité au sein des autres plans, mais aussi en définissant le besoin de l’ensemble des acteurs. Le deuxième axe consiste à structurer une offre nationale. Nous n’avons pas peur du mot "nationale". La cybersécurité est une question de souveraineté, qui doit se traiter dans certains cas avec des acteurs nationaux. Le mot de "souveraineté" n’est plus un gros mot, c’est une très bonne chose. Il ne faut pas être naïf. Il faut savoir qui sont nos adversaires. Dansle numérique, certains d’entre eux peuvent parfois être des alliés par ailleurs.

Quatre poids lourds aux atouts différents

Atos : La force du Cloud

  • CA groupe 9,9 milliards d’euros
  • CA sécurité et big data 490 millions d’euros
  • Effectif cybersécurité 2 000 ingénieurs

Avec l’acquisition de Bull, la SSII a regroupé dans une même filiale ses activités dans la cybersécurité et le big data. Il revendique la position de n° 1 du cloud en Europe, un atout puissant pour revendre des services de cybersécurité à ses clients.

Airbus group : La dimension européenne

  • CA groupe 59,3 milliards d’euros
  • CA cybersécurité 100 millions d’euros
  • Effectif cybersécurité 600 experts

La filiale cybersécurité d’Airbus profite de la dimension européenne de sa maison mère. Elle dispose de centre de supervision de réseaux en France, en Allemagne, au Royaume-Uni. Elle peut ainsi offrir des services sans frontières aux multinationales et recruter les meilleurs talents.

Orange : Une approche service

  • CA groupe 40,9 milliards d’euros
  • CA cybersécurité NC
  • Effectif cybersécurité 1 000 experts

En acquérant Atheos en janvier, Orange Business Services a mis la main sur 130 consultants experts. De quoi étoffer sa large gamme de services allant du simple contrôle d’accès à la gestion des crises et intervention sur site, en passant par la détection des signaux faibles d‘attaque.

Thales : L’offre la plus complète

  • CA groupe 14,2 milliards d’euros
  • CA cybersécurité 500 millions d’euros
  • Effectif cybersécurité 5 000 experts

Avant l’accord avec Alcatel-Lucent, le groupe avait regroupé ses actifs dans la cybersécurité et la construction des systèmes d’information sécurisés. Ses produits et services vont des boîtiers de chiffrement niveau secret défense à la supervision des réseaux de ses clients.

 

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