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Cybersécurité : Faire face aux nouvelles menaces

Hassan Meddah

Publié le

Cybersécurité : Faire face aux nouvelles menaces

La présidentielle outre-Atlantique n’a pu que sensibiliser les candidats à la cybersécurité. « Nous l’avons vu lors des élections américaines, internet est un nouveau terrain d’opération des conflits et des tensions. Il en va de notre souveraineté », souligne Emmanuel Macron, dont le site de campagne a subi des tentatives de piratage. Toutefois, les candidats ne semblent pas avoir pris la mesure de la menace cyber, protéiforme : espionnage de masse avec l’exploitation des portes dérobées des équipements électroniques grand public, détournement des objets connectés pour attaquer les serveurs internet, cyberterrorisme ciblant les usines… Bernard Benhamou, ex-délégué interministériel aux usages de l’internet et expert de la gouvernance de l’internet des objets, estime qu’il est urgent de renforcer le rôle de la France et de l’Europe dans le domaine des instances internationales de normalisation et de contrôle des technologies d’internet. Cela exige « un effort politique dont l’intensité est totalement sous-estimée par les candidats », car il s’agit de « remettre en cause la mainmise des États-Unis sur ces technologies ».

Créer des champions européens

Est-ce la technicité du sujet ? Les programmes se limitent souvent à de grands principes. Benoît Hamon, par exemple, propose de « donner à la France les moyens de lutter contre la cybercriminalité, en renforçant les compétences et les moyens de l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (Anssi) ». En matière de cyberdéfense, il y a un relatif consensus autour de la poursuite des efforts entrepris par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Emmanuel Macron est le candidat qui veut aller plus loin dans l’intégration des différentes politiques européennes de cybersécurité, militant pour « la mise en place d’une agence européenne pour la confiance numérique ». Pour la protection de la vie privée, Jean-Luc Mélenchon est le seul à prendre une position forte, préconisant une « aide au chiffrement des données et des correspondances ».

La dimension industrielle de la cybersécurité reste une question cruciale, peu présente dans les débats. La France compte des grands groupes dans le domaine (Airbus Group, Orange, Thales…), ainsi qu’un tissu de laboratoires, de PME et start-up très dynamiques, soit près de 800 entreprises positionnées sur un marché en forte croissance. « Aujourd’hui, on a besoin de champions de la cybersécurité à l’échelle européenne pour affronter la concurrence américaine et israélienne. Pour cela, il faut des règles communes en matière de labellisation et de qualification des solutions de confiance numérique », souligne Alexis Caurette, le vice-président de l’Alliance pour la confiance numérique chargé de la cybersécurité. Même constat de Corinne Erhel, députée PS ralliée à En Marche ! : « Le numérique, ce n’est pas que des start-up. Il faut investir dans de grandes stratégies industrielles, notamment dans la cyberdéfense, pour laquelle on a une pénurie d’acteurs de taille importante. » Emmanuel Macron ne semble pourtant pas s’en préoccuper, à la différence de François Fillon, qui veut « renforcer notre base industrielle et technologique de défense » et « charger la direction générale de l’armement (DGA) de suivre et de soutenir en particulier les PME et ETI innovantes » de la cyberdéfense et du renseignement numérique.

Le candidat LR est aussi le seul à vouloir introduire la cybersécurité à l’école, en inscrivant « dans le programme et les cours de la plupart des disciplines un module dédié aux techniques de cybersécurité et d’exploration de données ». La sensibilisation de tous est déterminante. « En cybersécurité, les pirates auront toujours une longueur d’avance. Si c’est utile d’ériger une muraille numérique, ce n’est pas suffisant. Il faut dépasser la notion de sécurité pour celle de résilience, prône Elias Baltassis, le directeur de l’activité big data et analytics au BCG. Sony et TV5 Monde ont failli ne pas se relever des cyberattaques qu’ils ont subies [en 2014 et 2015, ndlr]. Les directions générales doivent s’investir dans la politique de cybersécurité de leur société et ne pas se contenter de belles paroles. » 

La bonne idée

François Fillon veut « renforcer notre base industrielle et technologique de défense » et « charger la direction générale de l’armement (DGA) de suivre et de soutenir en particulier les PME et ETI innovantes » de la cyberdéfense et du renseignement numérique.

 

L’idée bidon

Benoît Hamon propose de « donner à la France les moyens de lutter contre la cybercriminalité, en renforçant les compétences et les moyens de l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (Anssi). » La seule mesure numérique sur la défense et la cybersécurité du candidat PS reste bien vague.

 

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