Cuve de l’EPR : l’ASN dédouane Areva de toute dissimulation mais l’accuse de négligence

L’Autorité de sûreté nucléaire rejette le soupçon de fraude d’Areva sur les défauts de la cuve de l’EPR mais accuse l’industriel d’un manque de vigilance et d’un défaut dans sa culture de qualité.

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La cuve du réacteur EPR de Flamanville

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Le 8 juillet, le Canard enchaîné a révélé un document laissant penser qu’Areva connaissait le défaut de solidité de la cuve destinée à l’EPR de Flamanville (Manche) depuis 2006. L’hebdomadaire soupçonne la société nucléaire d’avoir dissimulé sciemment cette information. Ce défaut n'a été rendu public qu’en avril 2015, quand l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a révélé les résultats de mesures réalisées entre 2012 et 2014. Ils indiquaient des taux de carbone trop élevés dans le couvercle et le fond de la cuve, indicateurs d’un risque de fragilité.

L’ASN a réagi aux informations du Canard Enchaîné dans un communiqué, mercredi 8 juillet au soir. Elle assure qu’il n’y a pas eu de volonté de dissimulation de la part d’Areva. "Le premier dossier concernant le couvercle et le fond de la cuve a été transmis par Areva à l’ASN en 2008. Un nouveau dossier a été transmis en 2010 à la suite de discussions avec l’ASN. Ces dossiers mentionnaient quelques résultats de tests très partiels, visant à identifier l’orientation des pièces à l’état d’ébauche, ces tests n’étant en aucune manière susceptibles d’apporter une démonstration de la qualité des parties courantes de la cuve. L’ASN a donc confirmé en mars 2011 son exigence de réalisation d’essais complémentaires", écrit l’autorité. Ce jeudi 9 juillet, un porte-parole de l’ASN résume, plus simplement : "Areva n’a pas essayé de cacher des informations mais il y a eu un problème sur le plan technique, Areva a fait preuve d’un manque de vigilance."

Défaut de la culture qualité

L’ASN appuie, plus ou moins, la version défendue par Areva. Un porte-parole d’Areva assurait hier à l’Usine Nouvelle que "(les premières) mesures apparaissaient dans les documents transmis à l’ASN en 2008, mais à l’époque la question n’était pas encore la résilience de la pièce. L’écart (Ndlr : dans les teneurs de carbone mesurées) était plus important qu’attendu. Peut-être y a-t-il eu un défaut d’interrogation de part et d’autre (Ndlr : chez Areva et chez l’ASN/IRSN) ?".

Dans un communiqué, Areva réaffirme que "seuls les résultats de tests réalisés en 2014 ont permis de conclure à une teneur en carbone nécessitant des études complémentaires". En conséquence, le groupe rappelle avoir "confié à un expert indépendant une revue qualité supplémentaire de ses pratiques industrielles du site du Creusot. Cette revue apportera les réponses aux questions posées par les autorités. Elle permettra notamment de déterminer si la culture qualité a été prise en défaut". Ce qui est exactement ce que reprochent les autorités de contrôle à la société française.

Il faudra attendre le premier semestre 2016 et la fin des études complémentaires sur la cuve pour savoir si cette dernière sera utilisable ou non.

Ludovic Dupin

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