Economie

Croissance : Séguin gronde et Lagarde sourit

Christophe Bys

Publié le

Christine Lagarde revoit à la hausse la prévision de croissance. Philippe Séguin de la Cour des comptes prédit une hausse fatale des prélèvements obligatoires. Le déficit de la sécurité sociale augmentant toujours et encore. Y’aura-t-il un plan de rigueur à Noel ?

Les statisticiens du ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi ont refait leurs calculs. L’embellie qui se dessine sur l’économie mondiale devrait profiter aussi à la conjoncture française, et ce dès cette année. En 2009, la baisse du PIB ne serait plus de 3 % comme prévu en juin dernier. Elle serait limitée à 2,25 %.

Pour 2010, les prévisions ont été aussi revues à la hausse, passant de + 0,5 % à +0,75 %. Pour Christine Lagarde, ministre de l’Economie, l’amélioration de la situation est due à l’influence « rapide et sensible des mesures de relance prises par les pouvoirs publics qui ont permis à la France de sortir de la récession dès le 2eme trimestre 2009 ». Elle précise aussi que la révision pour 2010 s’explique par la poursuite prévue du chômage ces prochains mois. Cette augmentation pourrait peser sur la consommation des ménages, un des moteurs de la croissance. Elle n’entend pas changer de cap.

Déficit de la Sécu : 15 milliards d’euros en 2009

On ne l’entend pas de cette oreille du côté de la rue Cambon, le siège de la Cour des comptes. Philippe Séguin, premier président de cette institution, appelle à un plan de rigueur en matière de dépenses sociales. Le déficit de la Sécurité sociale dépasserait 20 milliards d’euros dès cette année. Une partie du déficit est due à la crise, qui pèse sur les recettes tandis que les dépenses continuent d’augmenter. Mais le ralentissement économique mondial n’explique pas tout. Le déficit structurel – c’est-à-dire hors effet de la crise – atteint déjà 15 milliards d’euros.

A défaut de larmes et de sang, Philippe Séguin a promis que les mesures nécessaires « seront douloureuses pour beaucoup et seront certainement impopulaires, mais » a-t-il conclu, « c’est nécessaire ». Une hausse des prélèvements n’est pas à exclure, analyse-t-il. Entendez qu’elle est nécessaire. Sans oublier de vraisemblables déremboursements et autres hausses du forfait hospitalier.
La reprise qui s’annonce sera-t-elle suffisamment forte pour supporter une hausse des prélèvements ? Ou la hausse des taxes pèsera-t-elle davantage sur la consommation des ménages, et donc sur la croissance ? La question sera à l’esprit des responsables au moment des arbitrages.

Christophe Bys
 

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3 commentaires

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20/09/2009 - 05h54 -

Bravo poucette réflexion, je pense que l'état doit garder le contrôle des fonctions régaliennes pour que chaque fraçais soit égal devant l'accès et le coût aux besoins vitaux, mais il faut supprimer le statut de fonctionnaire, et reécrire un code du travail qui mette tous les salariés de France à pied d'égalité vis à vis des dépense. Dans la lignée il faut aussi revoir le statut des élus.
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18/09/2009 - 11h41 -

On n'a pas vu les fonctionnaires souffrir beaucoup de la crise !!! c'est là qu'il faut chercher les économies en supprimant ce statut féodal.
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18/09/2009 - 09h30 -

Et qu'en est-il de la question de réduire les dépenses de l'État au lieu d'augmenter les prélèvements (ou de moins rembourser certains médicaments)?
Dans les PME et une partie de l'industrie, quand il y a déficit c'est rarement le client qui voit les prix augmenter, c'est plutôt l'entreprise qui réduit ses coûts.
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