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[Croissance] L'économie mondiale sur un nuage

Publié le , mis à jour le 15/01/2018 À 10H30

Tous les indicateurs sont au vert pour une réelle amélioration en 2018. Mais la surchauffe n’est pas loin.

[Croissance] L'économie mondiale sur un nuage
La demande s'emballe : prévisions des importations supplémentaires par pays en 2018 par rapport à 2017 (en milliards de dollars)

Enfin ! Le tableau a rarement paru aussi prometteur ces dix dernières années pour l’économie mondiale. Depuis l’automne, toutes les grandes institutions font assaut de prévisions optimistes pour les perspectives de croissance de cette année. Le Fonds monétaire international (FMI) comme l’OCDE tablent désormais sur une croissance de 3,7 %, après 3,6 % en 2017. Tous les indicateurs sont repassés dans le vert. Le commerce mondial a redémarré, la production industrielle se raffermit, les conditions de financement restent favorables et, dans les pays de l’OCDE, le taux de chômage vient de retrouver son niveau d’avant-crise. « Durant la dernière décennie, nous avions pris l’habitude de réévaluer sans cesse à la baisse nos pronostics. Cela nous change », s’amuse Julien Marcilly, le chef économiste de l’assureur-crédit Coface, qui a pour une fois réalisé davantage de réévaluations que de dégradations de notes risques pays au cours des derniers mois.

Une opportunité pour les exportateurs français

Même si les entreprises françaises ne brillent pas par leurs prouesses à l’exportation, cette embellie de la croissance mondiale est une bonne affaire pour elles. Selon le décompte d’Euler Hermes, les exportateurs français devraient capter 37 milliards d’euros de demande supplémentaire pour leurs biens et services en 2018, dont 21 milliards d’euros pour les seuls produits manufacturés. Et les exportateurs ont l’embarras du choix au niveau des destinations. Car l’accélération est généralisée, à l’exception du Royaume-Uni, encalminé par le Brexit. « La reprise est plus équilibrée depuis quelques mois car elle est synchronisée entre les grandes zones économiques. L’Asie, l’Amérique du Nord et la zone euro se portent bien en même temps », confirme Alain Durré, économiste chez Goldman Sachs. Sortie de l’ornière depuis douze mois, la zone euro devrait croître encore de près de 2,4 % en 2018, un rythme similaire à 2017, selon les prévisions de Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne (BCE).

En Chine, l’atterrissage de l’économie se poursuit à un rythme maîtrisé et sans trop de casse, avec 6,5 % de croissance en 2018. « Après un point bas en 2016, le pays a nettement recommencé à investir, dans des projets à plus haute valeur ajoutée », abonde Philippe Eyrault, le patron de Mixel, un fabricant d’agitateurs qui a enregistré une hausse de 48 % de ses ventes l’an passé grâce à ses exportations, principalement vers les pays de l’Asie du Sud-Est. Après deux années noires, le Brésil et la Russie sont eux aussi sortis de récession. La chute du réal et le rebond du pouvoir d’achat ont dopé les carnets de commandes des entreprises brésiliennes, tandis que l’embargo décrété sur l’importation de produits étrangers, notamment agroalimentaires, a été mis à profit pour restaurer la compétitivité des exportateurs russes. Quant à la remontée modérée des cours du pétrole, passés de 50 à 60 dollars depuis un an, elle a permis d’alléger la pression sur les gros pays producteurs.

Une embellie provisoire

Mais combien de temps encore durera l’embellie ? « L’économie est en haut de cycle. Jusqu’à au moins 2019, il n’y a pas de retournement de conjoncture à craindre au niveau mondial », anticipe Ludovic Subran, le chef économiste de l’assureur-crédit Euler Hermes. Selon lui, les risques restent maîtrisés cette année. La hausse des prix du pétrole devrait rester modérée. Faute d’inflation soutenue, les banques centrales jouent la carte de la prudence et la BCE a repoussé à mi-2018 ses premières hausses de taux. Pourtant, l’activité mondiale n’a plus de levier à actionner pour accélérer. Aux États-Unis, les ventes d’automobiles américaines ont ­commencé à ralentir et le taux de chômage est tombé à 4 %. La réforme fiscale de Donald Trump, qui prévoit 1 400 milliards de dollars de baisse d’impôt sur dix ans, doit permettre de relancer le made in USA. « En faisant de la relance budgétaire, il offre, dans le meilleur des cas, un an de sursis à l’économie américaine », estime Patrick Artus, le chef économiste de Natixis, pour qui le pari du Président ne peut fonctionner « que si le cash est réinvesti dans l’économie et non distribué aux actionnaires ».

Même en Europe, « les contraintes d’offres pourraient revenir plus vite que prévu, dès la fin 2018, et brider le potentiel », s’inquiète Julien Marcilly. Les risques de choc, eux, sont toujours présents. Depuis l’été, le FMI alerte sur la menace que représente à moyen terme l’endettement des entreprises chinoises. Même si les pays ont levé le pied sur les nouvelles mesures protectionnistes en 2017, selon l’Organisation mondiale du commerce, qui en a comptabilisé 108 contre 180 l’année précédente, les tensions n’ont pas disparu. Mieux vaut ne pas traîner pour profiter de l’éclaircie. 

 

Cristel engrange les commandes

L’an passé, les ventes à l’export du fabricant d’ustensiles de cuisine Cristel, qui emploie 87 salariés à Fesches-le-Châtel (Doubs), près de Belfort, ont progressé de 15 %. Les commandes reçues des distributeurs internationaux ont bondi de 40 %. De quoi laisser augurer un bon premier semestre 2018. « Nous n’avions pas vu un tel dynamisme, aussi bien en Asie, en Amérique du Nord qu’en Scandinavie, depuis deux ou trois ans », reconnaît Damien Dodane, le directeur général adjoint. Seul point noir : le Japon, où la PME est solidement implantée, devrait seulement stabiliser ses ventes l’an prochain, après plusieurs années de fort recul de la consommation. « Mais nous progressons très bien en Corée, en Chine et à Taïwan », souligne Damien Dodane. En 2018, les États-Unis devraient détrôner le Japon comme son premier marché à l’export. Au-delà de la bonne conjoncture, la PME récolte les fruits de son virage e-commerce, « alors que les distributeurs classiques disparaissent les uns après les autres », précise le directeur adjoint, qui a prévu de prospecter l’Amérique latine en 2018.

 

Allimand met le cap sur les États-Unis

« D’année en année, la croissance mondiale se raffermit », observe Franck Rettmeyer, le PDG du groupe Allimand (45 millions d’euros de chiffre d’affaires). L’ETI iséroise, qui exporte 80 % de ses machines à papier, profite d’un autre atout : l’euro. Malgré la remontée de la parité euro-dollar depuis l’été, « à 1,17 dollar, elle reste raisonnable et tout est fait pour qu’elle ne remonte pas trop vite », se félicite le PDG. Le contexte s’est malgré tout durci. « Tous les pays veulent d’abord préserver leurs emplois locaux. En Chine, il faut offrir les dernières technologies disponibles pour espérer vendre une machine », souligne le patron. Même si ce pays reste encore son premier marché mondial, le ralentissement des investissements l’a incité à se tourner vers les États-Unis. L’an passé, l’entreprise y a racheté une entreprise spécialisée sur le marché des non-tissés, en pleine croissance et table sur plusieurs commandes en 2018. Dans ce contexte, la réforme fiscale engagée par Donald Trump ne refroidit pas Franck Rettmeyer. « Les Américains ne pourront pas faire n’importe quoi », pronostique-t-il.

 

 

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