Croissance, croissance, croissance !

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Croissance, croissance, croissance ! © B.Levy

C’est le nouveau mantra de l’Europe. L’obsession de la rigueur avait saisi le Vieux Continent l’an dernier, tous ses membres semblent désormais obnubilés par la croissance. François Hollande, qui prendra officiellement ses fonctions demain, ne conçoit pas de plan d’économies sans elle. Mario Draghi, le président de la BCE, a lui affirmé qu’il fallait mettre en œuvre un pacte de croissance pour contrebalancer la discipline budgétaire. Angela Merkel s’est dite prête à préparer un agenda croissance d’ici la fin juin. Et plus récemment, la Commission européenne a mis sur la table un plan de relance de 200 milliards d’euros pour ne pas ajouter la récession à l’austérité.

Toutes ces initiatives sont sympathiques. Sur le principe, personne ne peut être contre la croissance. C’est sur les moyens pour la susciter que les avis divergent. Il y a en effet beaucoup de manière de faire de créer de la richesse. Elles sont toutes efficaces mais plus ou moins durables. Il y a d’abord les relances de court terme. Elles se nourrissent de mesures ponctuelles et ciblées comme les primes à la casse dans l’automobile. Elles soulagent momentanément une filière mais ne résolvent rien à ses problèmes de fonds. Elles sont addictives pour les industriels et débouchent souvent sur une cure de désintoxication. C’est ce qu’a vécu l’automobile.

Il y a aussi la croissance des plans de relance, comme celui que la France a mis en œuvre en 2008. Ce type d’interventions engendre surtout des infrastructures et ne contribue pas à réduire la dette. Au contraire, elle la creuse un peu plus pour éviter la récession à une économie qui ne peut plus compter sur ses débouchés naturels. Lorsque cet argent public est investi dans des équipements d’avenir, c’est sans doute un investissement mais il ne solutionne toujours pas le problème de fond.

Enfin, il y a une autre croissance possible. C’est celle qui prend source dans de nouvelles tendances technologiques : les énergies renouvelables, les technologies économes, les biomatériaux, le numérique. Celle-là, elle peut-être amorcée par les États mais elle prend corps d’abord et avant tout dans les initiatives et les projets que portent des entrepreneurs. Elle est plus durable, plus longue aussi à mettre en œuvre. Elle exige du temps. Le problème, c’est que l’Europe n’en a pas beaucoup.

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