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"Cristal Union va construire la plus grande sucrerie d’Europe à Bazancourt"

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Entretien Connu pour sa marque de sucre Daddy, la coopérative Cristal Union, premier sucrier en France et numéro quatre en Europe, fera face dans moins d’un an à la suppression des quotas sucriers européens. Les industriels ne seront plus limités dans leur production de sucre de betterave mais seront davantage concurrencés par le sucre de canne brésilien. Une réforme majeure pour le secteur que Cristal Union prépare depuis plusieurs années sur le plan industriel pour gagner en compétitivité et réduire ses coûts. Xaxier Astolfi, directeur général adjoint, détaille pour L’Usine nouvelle, les principaux investissements en cours, notamment sur la sucrerie de Bazancourt (Marne), qui passera d’ici à 2020 à 28 000 tonnes de capacité par jour. Il revient également sur les principaux engagements en matière de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Cristal Union va construire la plus grande sucrerie d’Europe à Bazancourt

L’Usine nouvelle - La suppression des quotas sucriers aura lieu le 1er octobre 2017. Comment Cristal Union s’est-il préparé, sur le plan industriel, à cette grande réforme ?

Xavier Astolfi - Nous savions depuis plusieurs années que cela interviendrait. Nous avons eu le temps de nous préparer progressivement. Nous avons mené une importante restructuration industrielle il y a une dizaine d’années. Nous avons investi un milliard d’euros sur dix ans dans nos usines (Ndlr : 10 sucreries et 4 distilleries) pour préparer l’après-quotas, et réduire nos coûts de production. Nous l’avons fait en lien avec nos engagements en matière de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Quels sont vos objectifs ?

Notre objectif est de réduire de 12,5 % notre consommation d’énergie à 2020, de 25 % nos émissions de CO2 et de 45 % notre consommation en eau, par rapport à 2010. Aujourd’hui, nous avons déjà diminué de 9 % les consommations d’énergie, de 19 %  les émissions de CO2 et de 35 % la consommation d’eau.

Quels investissements avez-vous réalisé ?

Chaque année, nous investissons 100 millions d’euros en moyenne dans de nouveaux travaux ou dans la maintenance de notre outil industriel. Cela concerne notamment des renouvellements de machines et des optimisations d’équipements. Nous avons changé de combustible sur nos sites de Corbeilles-en-Gâtinais (Loiret) et de Sainte-Emilie / Villers-Faucon (Somme), pour passer du fioul lourd au gaz, un combustible qui émet moins de particules et de CO2 que lorsqu’on brûle du fioul. Nous avons également investi dans des dans des chaudières biomasse à bois pour supprimer les combustibles fossiles, sur les sites de Cristanol à Bazancourt, de Goyard (Marne) et de Dislaud (Aube). Nous étudions la possibilité d’utiliser la pulpe de betteraves pour voir dans quelles mesures, elle pourrait s’insérer dans une démarche renouvelable complète.

Est-ce que cela passe par des investissements productifs ?

Avec la suppression des quotas, nous avons annoncé que nous pourrions absorber une quantité supplémentaire de betteraves de 20 % par an. Cela suppose une augmentation de nos capacités de transformation. Nous réfléchissons actuellement à faire passer d’ici à 2020 la production de notre sucrerie de Bazancourt (Marne) à 28 000 tonnes de production par jour, contre 23 000 actuellement. Elle deviendrait alors la plus grande sucrerie d’Europe, devant notre site d'Arcis-sur-Aube (Aube) que nous souhaitons développer également. Notre budget est en cours de finalisation. Par ailleurs, nous souhaitons continuer à allonger les durées de campagne, afin d’utiliser plus longtemps nos usines sur la saison. Notre objectif est d’atteindre 125 jours de campagne en 2017, contre moins de 100 environ cette année, selon nos prévisions.

Est-ce que l’amélioration de la performance du groupe passe aussi par le développement de la transformation numérique ?

Nous disposons d’une masse importante de données, concernant nos sites, leur productivité, leurs consommations. Nous avons lancé un chantier pour travailler sur le big data afin d’améliorer notre process industriel. En exploitant ces données, nous pouvons créer de la valeur au niveau commercial, industriel et agricole. Notre premier travail concerne la logistique. Nous cherchons à optimiser les modes de transport, camions, rail et bateaux, en fonction des attentes de nos clients, pour baisser les coûts et les émissions de CO2. Par ailleurs, nous avons lancé en 2015, un réseau social d’entreprise "My Cristal". Il permet aux salariés d’échanger autour de sujets liés à leur travail, notamment sur des sujets ou questions techniques concernant différentes sites et de partager des solutions.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

 

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