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L'Usine Agro

Cristal Union ne veut pas d'une union avec Tereos

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Après plusieurs semaines de cour assidue par Tereos, Cristal Union vient une nouvelle fois de rejeter son prétendant. Le groupe coopératif connu pour sa marque Daddy s’estime suffisamment armé pour résister, seul, à la libéralisation européenne du secteur sucrier en 2017.  

Cristal Union ne veut pas d'une union avec Tereos © Cristal Union

"Ca va très bien pour nous, merci". C’est, en substance, ce que le président et le directeur du groupe sucrier Cristal Union ont réitéré le 16 mars à l'attention de leur compétiteur Tereos, concernant leur proposition d’union. La libération européenne du marché du sucre, avec la fin des quotas prévus en 2017 ne semble pas effrayer Cristal Union, connu du grand public pour sa marque Daddy. "Nous sommes prêts et résolument sereins pour cette étape. C’est même une opportunité pour nous", a affirmé Olivier de Bohan, le président de Cristal Union.

Quatrième transformateur de betteraves en Europe derrière les allemands Südzucker et Nordzucker, et le français Tereos, le groupe coopératif estime pouvoir produire 20% de sucre supplémentaire après les quotas. Il atteindrait ainsi 16 à 17 millions de tonnes de betteraves transformées contre 14 millions actuellement. "Notre ambition est d’arriver à la troisième place du secteur", a expliqué Alain Commissaire, le directeur général. Le groupe qui compte 9 000 adhérents, 2 000 salariés, et 10 sucreries assure avoir "travaillé activement pendant quinze ans pour se préparer à la fin des quotas sucriers"

"Trois demandes en mariage en 17 ans"

"Nous sommes prêts à saisir toutes les opportunités de développement mais en toute indépendance", a confié Olivier de Bohan, qui s'étonne de "l’empressement de Tereos à vouloir se marier rapidement". Le groupe s’estime bien armé pour résister à la libéralisation du secteur. "Nous avons le rendement sucrier le plus élevé en Europe, à 14,3 tonnes de sucre par hectare. Notre situation financière est très saine, avec une dette en sensible baisse et notre Ebitda est meilleur que chez la majorité de nos concurrents", a insisté Alain Commissaire. Son chiffre d’affaires a atteint 1,815 milliard d’euros sur l’exercice 2013/2014 clos au 30 septembre, en recul de 7,3 %, mais qui s'impose comme "la deuxième meilleure performance de l’histoire du groupe". Son résultat net a atteint 119 millions d’euros, contre 216,1 millions en 2012/2013.

Dans ce contexte, le conseil d’administration de Cristal Union vient ainsi de formuler un "rejet unanime au projet de mariage de Tereos""C’est leur troisième demande en mariage en 17 ans", a ajouté le président de Cristal Union, qui ne comprend pas un "tel acharnement depuis quelques semaines, qui déstabilise la plaine". "Une union ne se fait pas dans la force, mais en confiance", a-t-il souligné.

Se rapprocher du numéro un européen

Tereos de son côté argue que cette union permettrait de générer d’importantes synergies dans la logistique et les achats notamment, bienvenues dans un contexte de baisse des cours du sucre et de libéralisation du secteur. Le groupe dirigé par Alexis Duval (4,7 milliards d’euros de chiffre d'affaires sur l’exercice 2013/2014) estime que près de 100 millions d’euros au moins d’économies pourrait être dégagées, et ce, sans fermer d’usines. De quoi augmenter de 3 euros par tonne le prix payé aux betteraviers, promet Tereos.

Une promesse qui fait mouche auprès des adhérents de Cristal Union, confrontés à la baisse des prix mondiaux du sucre. Dans une interview à l’agence Agra Presse, parue le 16 mars, le président de Tereos, Thierry Lecompte, affirme que déjà "1000 planteurs sont communs aux deux groupes". Selon lui, "l’union des deux coopératives permettrait de se rapprocher du numéro un européen, Südzucker". Mais l’argument laisse de marbre le président et le directeur de Cristal Union.  

Adrien Cahuzac

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