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L'Usine Agro

Crise porcine : "Il faudrait davantage compter sur une solution venant de l’UE pour espérer un déblocage", explique Isabelle Bineau

Aurélie M'Bida , , , ,

Publié le

Analyse Alors qu’une réunion entre les acteurs de la filière porcine doit se tenir ce lundi 17 août après-midi au ministère de l’Agriculture, pour permettre la reprise de la cotation au Marché du porc breton (MPB), la question de la compétitivité de la filière reste au centre du débat. Les entreprises françaises paient durement le prix des embargos russes et de problématiques structurelles, selon Isabelle Bineau, chef de projet produits animaux, produits et filières alimentaires à Business France.

L'Usine Nouvelle : Le marché au cadran est bloqué depuis une semaine par des industriels qui estiment que le prix du porc en France est trop élevé par rapport au marché européen. La France a-t-elle du mal à être compétitive ?

Isabelle Bineau : A l’export, les entreprises françaises ont un problème de structure. En raison de la multiplicité des pièces fabriquées dans notre pays par rapport aux autres pays de l’Union européenne, aux Etats-Unis ou encore au Brésil, la France souffre en effet d’un manque de compétitivité.

La France exporte essentiellement vers les autres pays de l’Union européenne et, depuis moins longtemps, vers les pays tiers dont certains pays asiatiques qui tirent le marché. Toutefois, il n’y a pas beaucoup d’entreprises françaises qui ont les moyens d’exporter. Mis à part Cooperl, Bigard ou SVA Jean Rozé (filiale d’Intermarché), peu sont à même de supporter la charge financière de l’export ou possèdent le personnel export adéquat.

Si Cooperl et Bigard sont capables d’exporter, la crise porcine que l’on vit actuellement reste liée à un problème plus profond ?

Depuis 2014, la situation s’est fortement tendue sur le marché européen. La Russie a fermé son marché pour des raisons sanitaires. L’épidémie de peste porcine africaine a contraint le pays à fermer ses frontières aux autres pays d’Europe, que ce soit pour la viande ou pour la graisse de porc. A cela s’est ajouté l’embargo politique russe, lié à la crise ukrainienne, qui a davantage perturbé le marché. Les prix se sont effondrés, pour être aujourd’hui à leur niveau le plus bas en Europe, car des pays comme l’Allemagne, la Pologne ou encore l’Espagne ont reporté leurs exportations de la Russie vers les autres pays de l’UE. La France se retrouve donc à nouveau dans un rapport de compétitivité, dans lequel il est difficile de tirer son épingle du jeu.

Et cela se ressent-il dans les volumes à l’export ?

Les entreprises françaises ne se débrouillent pas mal en termes d’exportation. Les exportations de viande porcine française représentent 366,7 millions d’euros et 208,8 milliers de tonnes au premier semestre 2015. C'est en forte baisse par rapport à la même période en 2014 (432,5 millions d’euros et 232,5 milliers de tonnes).

Pour la Russie, la France qui exportait 10 000 tonnes de porc au premier semestre 2013, ne vendaient plus que 1593 tonnes au premier semestre 2014, zéro en 2015. La situation ne devrait pas s’améliorer car l’embargo sanitaire se prolonge, et l’embargo politique s’est dernièrement renforcé. De plus, la Russie est le seul pays importateur de graisse française. Avec l’embargo, le marché s’est écroulé.

Peut-on espérer un déblocage de la situation ou une ouverture vers d’autres pays en-dehors des frontières européennes ?

La France peut compter sur l’exportation vers les pays tiers. Les petites structures auront alors tout intérêt à s’allier pour faire grossir leur structure. Par exemple, dans un pays comme la Chine, les exportations se portent bien : 14 170 tonnes de produits vendus au premier semestre 2015 contre 13 297 à la même période en 2014. Les Philippines, le Japon ou encore la Corée du Sud, sont également des marchés importants pour notre pays, avec 6 000 tonnes de porc vendus en moyenne sur chacun de ces marchés dans les six premiers mois de l’année.

A elle seule la France aura du mal à débloquer la situation européenne et à convaincre la Russie. Il faudrait davantage compter sur une solution venant de l’Union européenne pour espérer un déblocage de cette crise porcine.

Propos recueillis par Aurélie M'Bida 

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