Crise et recrutement (3) : cadres à haut potentiel, un boulevard s'ouvre devant vous

Pour le directeur de l'AESC Europe (Association of executive search consultants), Christophe de Callataÿ, la crise est une formidable occasion de rebondir pour les hauts potentiels. Un boulevard démographique s'ouvre devant eux.

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Crise et recrutement (3) : cadres à haut potentiel, un boulevard s'ouvre devant vous
L'association AESC (Association of executive search consultants) fédère les plus importants cabinets de chasseurs de têtes de la planète : ils recrutent environ 50 000 cadres de haut niveau par an. Son directeur pour l'Europe, Christophe de Callataÿ, analyse les incidences de la crise actuelle sur le recrutement des cadres à haut potentiel et autres enfants chéris des entreprises percevant plus de 75 000 € brut par an.

Comment décririez-vous le marché des cadres dirigeants en Europe ?

Christophe de Callataÿ : En 2007, le marché du recrutement des cadres dirigeants a été excellent. La progression moyenne du chiffre d'affaires des grands cabinets de recrutement de la planète a avoisiné les 20 %, avec une croissance globale de 86 % réalisée ces quatre dernières années. Le chiffre d'affaires estimé de nos membres pour 2008 sera comparable à celui de 2007, soit 10,6 milliards de dollar. Pour 2009, en revanche, une angoisse certaine semble poindre chez nos adhérents, avec un ralentissement anticipé de l'activité économique. Toutefois, le recrutement de dirigeants et de cadres de haut vol apparaît moins menacé que le recrutement du personnel de niveau inférieur. De manière conservatrice, nous envisageons dans nos prévisions un reflux des affaires de l'ordre de 15 à 20 %. Ceci précisé, nous souffrons vraisemblablement davantage de la grande incertitude quant à l'étendue et à l'impact de la crise financière actuelle que de la crise elle-même.

Quelles peuvent être les incidences de cette crise sur les compétences managériales recherchées par les entreprises ?

Les entreprises recherchent avant tout des dirigeants hautement qualifiés. Ces derniers doivent disposer de compétences pointues dans leur métier, des capacités à gérer les dossiers difficiles. Mais la valeur cardinale qui est et sera de plus en plus recherchée est celle des expériences acquises à l'étranger ou en contact avec des marchés et cultures étrangères. Les nouveaux managers devront avoir exercé des responsabilités sur les trois continents : européen, asiatique et américain. Ils devront aussi disposer d'une expérience dans un ou plusieurs pays émergeants. Dans un contexte de crise économique, les bons gestionnaires seront toujours recherchés, car, sans croissance des recettes, il importe plus que jamais de pouvoir contrôler les coûts.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune cadre à haut potentiel pour qu'il profite de cette crise ?

Il importe qu'il garde confiance, qu'il ne prenne pas peur, qu'il ne panique pas. Même si ces cadres peuvent être remerciés aujourd'hui, un boulevard s'ouvre devant eux. En raison de l'évolution démographique inéluctable, près de 50 % des dirigeants européens partiront à la retraite d'ici à 5 ans au bénéfice des quadragénaires. Leur heure viendra, il suffit d'attendre tout en fortifiant leur talent.
De nombreux secteurs sont en situation de pénurie et manquent de profils pointus. L'Allemagne manque déjà de près de 400 000 ingénieurs et la situation devrait empirer. Les jeunes cadres doivent se positionner en améliorant leurs compétences, en devenant multilingue ou en acquérant l'expérience dont ils pourront se prévaloir dans leur carrière future. Stratégiquement, les bénéficiaires du système seront ceux qui auront assimilé les enjeux et pu tirer avantage de la mondialisation.. Enfin, il faut aussi savoir que les opportunités vont être nombreuses. De nombreux experts s'accordent à dire que la première entreprise mondiale en 2020 n'existe pas encore. Aux jeunes cadres de réfléchir à ces nouveaux défis. Ils mêleront économie et écologie, innovation technologique et liberté d'entreprendre, culture transnatioanle et savoir-faire local.

Propos recueilli par Gwenole Guiomard

Prochain article : l'informatique et le commercial ne connaissent pas la crise.

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