Création d'entreprises : Pour un effort collectif

FIR, le réseau d'aide à la création d'entreprises, a financé 49.100 projets pour 325 millions d'euros, générant 110.000 emplois.

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Dans une économie devenue plus mobile, on ne cesse de supprimer des emplois pour en créer d'autres. En gros, on en crée autant qu'on en supprime, mais ce n'est ni au même endroit ni dans les mêmes métiers. De cette situation découlent des crises qui touchent les régions concernées par les restructurations et entraînent des drames individuels et collectifs qui appellent un double effort de reclassement des personnels et de redéveloppement de l'économie locale.
Il est en général difficile, voire impossible, de remplacer un établissement qui ferme ou rétrécit par un établissement équivalent. C'est toute l'économie locale qu'il faut relancer. Cela passe par de nouvelles implantations, mais aussi par une redynamisation du tissu économique : il s'agit de donner à ceux qui ont la force et l'envie de créer des activités les moyens de leur ambition ; il s'agit de susciter et de faciliter l'innovation, d'où qu'elle vienne ; il s'agit d'ouvrir d'autres pistes de production. Il s'agit aussi de multiplier les raisons d'espérer sur un territoire qui pourrait se laisser aller à la lassitude et à la désespérance.
Dès lors, même lorsqu'elles sont loin de compenser les pertes d'emplois dues à une fermeture d'usine ou à une restructuration, les créations d'entreprises jouent un rôle moteur. Dans de nombreux domaines, c'est la petite entreprise, née d'acteurs innovants et dynamiques, qui préfigure de nouveaux développements. Elle a les qualités de réactivité dont a besoin une économie en mutation.
Tout cela milite pour un effort collectif d'appui à la création d'entreprises, auquel doivent être conviés tous ceux qui jouent un rôle dans l'économie locale. Il faut de l'argent, en géné-ral des sommes modestes au départ, sous forme de prêts. Il faut aussi et surtout des appuis techniques, un parrainage, une aide à la formation et à la formalisation du projet.
La reprise d'entreprises s'apparente à la création. De nombreux patrons ont démarré il y a plus de trente ans. La plupart auront négligé de préparer à temps leur succession. Comme les créateurs, les repreneurs doivent êtres soutenus avec des réponses techniques, financières et politiques spécifiques.
Pour satisfaire ces attentes, on se tourne vers le gouvernement et les conseils régionaux. Le premier légifère pour lever des freins administratifs et juridiques à l'initiative individuelle. Les régions, après réflexion, vont s'engager sur de nouveaux programmes. Cela ne suffira pourtant pas. La création et la reprise d'entreprises relèvent aussi de la responsabilité des dirigeants des grandes entreprises ou des PME : ils y trouvent leur intérêt car les entrepreneurs sont de futurs clients et fournisseurs ; ils préservent les qualifications professionnelles des régions où ils sont implantés ; ils anticipent les mutations économiques et sociales et illustrent le dynamisme du territoire.
Bernard Brunhes, président de France Initiative Réseau (FIR)

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