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L'Usine Aéro

[Crash du Boeing 737 MAX] La FAA aurait délégué la certification du logiciel MCAS à Boeing lui-même

Simon Chodorge , , ,

Publié le

Le 17 mars, les révélations se sont multipliées sur les crashs des vols Lion Air et Ethiopian Airlines qui concernent le modèle d'avion 737 MAX de Boeing. La ministre éthiopienne des Transports évoque des "similarités claires" entre les deux accidents. Le même jour, le processus de certification de l'appareil est pointé du doigt dans une enquête du Seattle Times.

[Crash du Boeing 737 MAX] La FAA aurait délégué la certification du logiciel MCAS à Boeing lui-même
Les révélations se sont multipliées sur les crashs des vols Lion Air et Ethiopian Airlines qui impliquent le modèle d'avion 737 MAX de Boeing.
© LLBG Spotter — Ethiopian Airlines ET-AVJ takeoff from TLV / CC BY-SA 2.0

Les crashs des vols Lion Air et Ethiopian Airlines ont-ils des causes semblables ? Une semaine après l’accident du Boeing 737 MAX 8, la ministre éthiopienne des Transports s’est exprimée sur l’avancée de l’enquête. "Lors de l'enquête sur l'enregistreur des paramètres (FDR - Flight data recorder, enregistreur des données de vol), des similitudes claires ont été notées entre le vol 302 d'Ethiopian Airlines et le vol 610 de Lion Air", a déclaré lors d’une conférence de presse la ministre Dagmawit Moges. Ces révélations interviennent juste après l’extraction des données des boîtes noires reçues par le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) français.

Des similarités à préciser entre les deux vols

La ministre n’a pas précisé la nature de ces “similitudes”. Celles-ci doivent “faire l'objet d'une étude plus approfondie", a-t-elle indiqué. Selon elle, l’enquête sur les causes de l’accident va prendre “un temps considérable pour parvenir à des conclusions concrètes". Un rapport préliminaire doit malgré tout être publié sous 30 jours.

Plusieurs points communs ont déjà été relevés entre les vols Lion Air et Ethiopian Airlines. Les deux avions se sont écrasés quelques minutes après le décollage. Pour les deux vols, les appareils Boeing auraient également subi des variations d’altitude irrégulières.

Si les rapprochements entre les deux crashs se confirment, les critiques sur Boeing pourraient s’accentuer. Après la catastrophe du vol Lion Air, le logiciel antidécrochage MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System) de l’avionneur américain avait été pointé du doigt par les enquêteurs indonésiens.

La FAA a-t-elle bâclé la certification du logiciel MCAS ?

Par ailleurs, le département américain des Transports a ouvert une enquête sur les conditions de certification du MCAS par la FAA (Federal Aviation Administration), le régulateur aérien américain. L’existence de cette enquête a été rapportée le 17 mars par le Wall Street Journal. Elle aurait été ouverte en lien avec le premier crash impliquant un Boeing 737 MAX, l’accident du vol Lion Air en octobre 2018.

Le même jour, le Seattle Times a publié des informations selon lesquelles le processus de certification du 737 MAX a été réalisé “rapidement”, avec des “défauts d’analyses” et une “supervision ratée”. Selon le quotidien américain (basé dans le fief de Boeing), le contrôle sécurité du MCAS aurait été délégué à des ingénieurs de Boeing lui-même, par manque de temps et de ressources,dans un contexte de coupes budgétaires. “Quand l’équipe technique de la FAA manquait de temps pour réaliser un contrôle, les managers signaient parfois eux-mêmes les documents ou déléguaient le contrôle à Boeing”, écrit le Seattle Times.

Le processus de certification remonte à 2015, année où Boeing est sous pression pour rattraper son retard sur son rival Airbus et l’A320neo. Cela aurait déclenché une analyse hâtive du logiciel MCAS par les ingénieurs. Le Seattle Times rapporte plusieurs défauts dans l’analyse du MCAS. Selon le journal, elle a “sous-estimé la puissance du nouveau système de contrôle de vol”. Le MCAS serait ainsi capable de modifier l'incidence du stabilisateur horizontal de l'avion quatre fois plus loin qu'indiqué dans le document initial d'analyse de sûreté. Autre défaut : les ingénieurs n’auraient pas étudié l'éventualité d'un redémarrage répété du système MCAS et auraient donc éludé “l’impact potentiel du système qui pousse le nez de l’avion vers le bas de façon répétée”.

Cette enquête risque de nuire à la réputation de la FAA, institution respectée dans le secteur aéronautique et prescriptrice de consignes pour les compagnies aériennes. Après le crash du vol d'Ethiopian Airlines, le régulateur aérien américain a été critiqué pour avoir tardivement interdit de vol les appareils 737 MAX.

La mise à jour du logiciel MCAS en cours de finalisation

Dimanche 17 mars, Boeing a annoncé que la mise à jour du système MCAS était en cours de finalisation. L’entreprise finalise aussi "la révision du manuel de formation des pilotes pour répondre aux erreurs des capteurs du MCAS", déclare dans un communiqué Dennis Muilenburg, PDG du constructeur aéronautique américain. Quelques jours plus tôt, Boeing avait indiqué que la mise à jour arriverait pour le mois d’avril.

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2 commentaires

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19/03/2019 - 03h01 -

c'est juste hallucinant , la certification se fait en dehors du constructeur , airbus même avec des meilleurs ingénieurs doit sous traiter la cérifification
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Nom profil

18/03/2019 - 14h59 -

Cet amateurisme est très grave pour un constructeur comme Boeing. C'est pas 15 jours pour implémener le patch qu'il faut pour garantir la sécurité de cet avion mais reprendre toute la procédure de qualification dans toutes les configurations possible ainsi que les pannes éventuelles du système MCAS. Le 737 MAX ne devrait pas revoler de sitôt sinon c'est prendre de gros risques pour les passagers. Boeing doit nous monter que c'est un entreprise sérieuse et tout revalider sinon plus personne ne remontra dans son avion.
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